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Vendredi 10 février 2012 5 10 /02 /Fév /2012 10:21

Regardons les choses en face.

Le monde change, le vent souffle et il peut nous porter loin. Mais, pour cela, nous devons enfin reprendre l’initiative et ne plus subir. Ne plus subir la droite, son discours et son agenda. Ne plus subir l’air du temps, la dictature de l’opinion et des médias. Ne plus subir les évolutions imposées par nos adversaires comme une fatalité insurmontable. Ne plus subir le temps comme un agent érosif de nos valeurs.

Le vent souffle. Il nous portera loin si nous orientons les voiles dans le bon sens.

Nous avons gagné les élections chaque fois que nous avons eu un temps d’avance. Un temps d’avance sur l’adversaire, un temps d’avance dans la compréhension du monde, un temps d’avance sur les métamorphoses de la société.

Aujourd’hui nous devons avoir un monde d’avance. Là où la droite contemple les ruines d’un modèle de développement fondé sur le laisser-faire généralisé, la gauche est seule légitime pour lever une nouvelle espérance.

A nous de reconstruire l’espoir à gauche. 
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Vendredi 10 février 2012 5 10 /02 /Fév /2012 10:19

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Colloque "Remettre la question pénale  au coeur de la gauche" J-2

Le samedi 11 février, entre  9h45 et 17h, Un monde d'avance organise un colloque sur la question pénale à Paris, à l'Assemblée Nationale, Salle Victor Hugo

Sans doute de telles considérations pourront paraître incongrues à certains en ces temps de déréliction économique sévère dans laquelle nous plonge le néolibéralisme. Il est cependant de la responsabilité historique de la Gauche républicaine de porter, sur la question pénale, un projet fort et audacieux, à la mesure de la violence des attaques contre les libertés publiques que mène aujourd’hui la droite (Lire la suite)

Le programme

Il est encore possible de s'inscrire !


Tribune : Pauvre Monsieur Gueant

Pascal Cherki est maire du 14ème arrondissement de Paris

Monsieur Gueant vous avez tenu des propos au mieux totalement stupides, au pire particulièrement dangereux. Ce n’est pas la première fois, je pense donc qu’il s’agit d’une stratégie délibérée de votre part. Que vous soyez ministre de l’intérieur constitue à mes yeux une circonstance aggravante à peine tempérée par la perspective que dans quelques semaines vous aurez, je l’espère, cessé de dégrader la fonction que vous occupez (lire la suite)


En direct des législatives

Chaque semaine, retrouvez l'actualité des candidats aux legislatives.

Cette semaine, Barbara Romagnan, 36 ans, candidate PS sur la 1ère circonscription du Doubs

Le site de campagne de Barbara Romagnan

La carte scolaire est actuellement en débat dans notre académie. A Besançon et dans son agglomération, elle se traduit, cette année encore, par de très nombreuses fermetures de classes envisagées. Montferrand-le-Château/Thoraise, Saône, Avanne-Aveney, Nancray, Gennes, Besançon, Roche-lez-Beappré… : les exemples sont nombreux et les parents d’élèves se mobilisent à juste titre pour défendre non pas les enseignants, mais la qualité et les conditions d’éducation de leurs enfants (lire la suite sur son blog de campagne)


Arguments de campagne

Delphine Mayrargue, Secrétaire nationale adjointe PS au travail et à l'emploi : Don de jours de repos, la solidarité rapetissée

Le don de jours de congés à un parent d’un enfant gravement malade ? Une fausse bonne idée pour Delphine Mayrargue, secrétaire nationale adjointe du PS au travail et à l’emploi : « C’est affaire de solidarité nationale et non de bonté (...) individualiste » (lire la suite)


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Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 13:48

Le premier grand meeting de campagne de François Hollande se tiendra le 22 janvier, à partir de 13h, au Parc des expositions du Bourget.


Retrouvez toutes les informations pratiques

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Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 13:47

Communiqué de presse de Benoît Hamon (porte parole du Parti Socialiste), Henri Emmanuelli (député des Landes), Marie-Noëlle Lienemann (sénatrice de Paris).

Nous sommes surpris de l’interprétation faite hier par Jérôme Cahuzac, président de la commission des Finances de l’Assemblée Nationale, de la proposition ambitieuse de François Hollande de créer 60 000 postes d’enseignants dans l’Education nationale.

Après 5 ans de suppressions de postes, en application du non remplacement dogmatique d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, les services publics, en particulier l’école, se retrouvent en première ligne. En période de crise économique et sociale, leur rôle pour assurer l’égalité entre les citoyens et l’émancipation de chaque jeune est indispensable.

Si les 60 000 créations de postes annoncées par François Hollande ne devaient l’être que par redéploiement, cela reviendrait à réduire le service public de la santé ou de l’emploi pour consolider les moyens de l’Education Nationale. Cela n’aurait aucun sens.

Un poste de professeur en plus ne peut être payé par un poste d’infirmière en moins. La crise appelle la responsabilité et la crédibilité. Celles-ci se mesurent aussi à la volonté politique que l’on consacre à protéger les Français et à leur garantir l’égalité devant les services publics .

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Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 13:46

Nicolas Sarkozy aime les titres ronflants. Au début de son quinquennat, il s’était rendu avec enthousiasme à Rome pour y être intronisé par le pape en personne «chanoine honoraire de l’église romaine de Saint-Jean de Latran ». A la fin de son quinquennat, il n’a pu résister aux délices de se faire adouber chevalier de la Toison d’Or par le président (de droite) du Conseil espagnol, Mariano Rajoy.
Mal lui en a pris. Il voulait convaincre qu’il avait changé et qu’il était maintenant capable de garder son sang-froid. Il voulait surtout convaincre que la perte du triple A de la France n’était pas « une catastrophe » et que l’affaire le laissait de marbre. Mais chassez le naturel et il revient au galop : Sarkozy a tout gâché en s’énervant, en s’agitant derrière son pupitre, en jouant les fier-à-bras et en obligeant un journaliste à reposer trois fois sa question sur les conséquences de la perte de ce triple A. Pire, il s’est couvert de ridicule en donnant en exemple la majorité et l’opposition espagnole qui « avaient su ensemble adopter la règle d’or budgétaire » alors que Standard & Poor’s venait, malgré cette adoption, de dégrader de deux crans la note de l’Espagne.
Nicolas Sarkozy, tout chanoine honoraire qu’il est, ne sait plus à quel saint se vouer.
Depuis deux ans, il faisait du triple A de la France un « trésor » à préserver à tout prix. Il affirmait lors d’un déjeuner d’élus de la majorité le 7 septembre : « Nous avons un objectif et une obligation : conserver le triple A ». Ses ministres avaient brutalement attaqué François Hollande qui refusait de faire campagne sous la pression des agences de notation et qui soulignait que les marchés financiers avaient déjà en bonne partie entériné la perte de ce triple A.
Puis, le ton à changé. Sarkozy et ses ministres ont commencé à laisser entendre que la perte du triple A ne serait pas une catastrophe. Jusqu’à ce que ce triple A soit effectivement perdu et que Fillon affirme « Standard & Poor’s possède 21 rangs de notation : nous étions notés 21 sur 21, nous passons à 20 sur 21 ! » Pas de quoi fouetter un chat… C’est pourtant au nom de ce 21/21 que Sarkozy nous a imposé sa contre-réforme des retraites et deux plans de rigueur en attendant le 3e et la hausse de la TVA.
Sarkozy a ensuite repris son refrain triomphaliste en affirmant qu’une autre agence de notation, Moody’s, avait « confirmé » le triple A français. Ce qui est faux, l’agence n’a encore décidé de rien. De toute façon, cela ne changerait rien, car dans le contexte actuel, les marchés financiers ne tiennent compte que des avis les plus pessimistes. De la même façon qu’en 2007, ils ne tenaient compte que des avis les plus optimistes et prenaient pour argent comptant les notes AAA données par les agences de notations aux produits bancaires farcis de « subprime ». La France a donc bel et bien perdu son triple A malgré les gesticulations et les changements de pied continuels de Sarkozy et de ses ministres.
L’abaissement de la note de la France ne sera pas sans conséquence. Il rendra plus onéreuse la dette de l’État dont les taux d’intérêt augmenteront, comme ceux des emprunts faits par les entreprises publiques et les collectivités territoriales. Cette perte du triple A pèsera aussi sur les taux des crédits immobiliers.
Cette dégradation, surtout, n’arrive pas seule puisque 8 autres pays de la zone euro voient leur note abaisser d’un ou deux crans. Au pire moment, alors qu’une nouvelle crise bancaire est en gestation et que le gouvernement grec et ses créanciers privés n’arrivent pas à se mettre d’accord sur les modalités de l’inévitable restructuration de la dette publique grecque. C’est l’avenir de la zone euro et de l’Union européenne qui est en jeu.
Sarkozy affirme que la politique de la France ne sera pas dictée par les agences de notation mais sa politique de rigueur est strictement conforme aux desiderata de ces agences qui exigent une réduction à marche forcée des déficits publics sans se soucier de la récession généralisée à toute l’Europe provoquée par la généralisation des plans de rigueur.
La question la plus importante reste, cependant, celle de savoir pourquoi une officine de notation peut dicter sa loi aux citoyens, à leurs gouvernements et à leurs parlements élus au suffrage universel. La réponse est à chercher du côté des traités européens qui livrent le financement des États européens aux marchés financiers. Ils interdisent à la Banque centrale européenne de jouer le rôle de prêteur en dernier ressort de ses États-membres en achetant directement les titres de leurs dettes publiques lors de leurs émissions. Ils interdisent toute solidarité entre l’Union et ses États-membres en prohibant tout budget européen digne de ce nom.

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Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 13:46

Remettre la question pénale au coeur de la gauche

Assemblée Nationale – 101 rue de l’université Salle Victor Hugo - Samedi 11 février 2012. Sans doute de telles considérations pourront paraître incongrues à certains en ces temps de déréliction économique sévère dans laquelle nous plonge le néolibéralisme. Il est cependant de la responsabilité historique de la Gauche républicaine de porter, sur la question pénale, un projet fort et audacieux, à la mesure de la violence des attaques contre les libertés publiques que mène aujourd’hui la droite.

Car notre aptitude à édifier et promouvoir de façon pérenne un discours rompant avec l’hystérie sécuritaire conditionne pour beaucoup notre capacité à l’emporter, tant électoralement que po- litiquement. Il serait particulièrement naïf de considérer que le populisme pénal qui a causé tant de tort à la Gauche, malgré la lassitude qu’il commence à rencontrer auprès du citoyen, cessera de produire ses nuisances sans un travail profond et incisif de déconstruction idéologique.

C’est à cette entreprise de démystification que nous vous convions, afin de donner les armes qui, pied à pied, nous permettrons de démonter la rhétorique sécuritaire, depuis le mythe des chiffres de la délinquance jusqu’à la victimolâtrie intéressée, en restituant tout l’archaïsme de ses présupposés philosophiques et toute la prodigieuse contre-productivité de la politique pénale menée en son nom.

Contre la ruine de l’ordre pénal républicain qui s’annonce, c’est, dans un deuxième temps, un projet ambitieux et novateur qu’il nous faut porter. En puisant aux sources de la pensée pénale révolutionnaire, en renouant avec l’idée cardinale de Sûreté, nous serons à même de retrouver les chemins qui nous mèneront à l’Alternative.

Programme

9h-9h30 : Accueil

9h45 : Ouverture du colloque par Robert Badinter (sous réserve)

10h : « Derrière le mythe sécuritaire, la ruine de l’ordre pénal républicain »

Table ronde animée par Maixent LEQUAIN, avocat

Derrière la rhétorique de l’efficacité, c’est à la philosophie pénale républicaine que s’attaque aujourd’hui directement la Droite, en réhabilitant l’arbitraire et la démesure de l’ancien régime ainsi que le fantasme utilitariste d’une technologie répressive. C’est en en décortiquant les rouages policiers, judiciaires et médiatiques que nous serons en mesure de déconstruire durablement la rhétorique sécuritaire dans le débat public.

Serge PORTELLI, magistrat Fabien JOBARD, directeur du Centre d’études sociologiques sur le droit et les institutions pénales Maxime CESSIEUX, Président de la Commission pénale du Syndicat des avocats de France Mathieu BONDUELLE, Syndicat de la magistrature Laurent MAUDUIT, journaliste Mediapart

14 h : « Retrouver les chemins de la Sûreté »

Table ronde animée par Vincent SIZAIRE, Secrétaire général de l’Association fran- çaise des magistrats instructeurs

Au delà de la mise en évidence de la mécanique liberticide aujourd’hui à l’œuvre, la déconstruction du mythe sécuritaire passe aussi par la mise en avant d’une politique pénale alternative et crédible. En opposant au modèle répressif hystérique et contre- productif de la droite un modèle répressif humaniste et républicain qui renoue avec l’idée révolutionnaire de Sûreté, nous tordons définitivement le cou au complexe d’angélisme qui paralyse encore la Gauche.

Jean DANET Avocat honoraire et maître de conférence à l’Université de Nantes Jean-Jacques URVOAS, secrétaire national du PS en charge de la sécurité Hélène FRANCO, Front de Gauche Pascal DURAND, Europe écologie les verts

16H30 : Discours de clôture par Benoit HAMON

Pour télécharger le programme du colloque

Pour s’inscrire au colloque

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Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 13:45

TRIBUNE parue dans libération. A la veille du sommet social, trois figures du PS dénoncent l’instauration d’un impôt indirect et proportionnel, « défendu par les conservateurs et les libéraux ». Et y opposent le retour à un « impôt direct et progressif sur le revenu ».

La droite a décidé de refaire de la « TVA antisociale » l’un de ses chevaux de bataille pour l’élection présidentielle. Ses promoteurs la parent de toutes les vertus. La hausse de la TVA permettrait de réduire le coût du travail en abaissant, en contrepartie, les cotisations patronales (les cotisations maladie et famille lesquelles, au-dessus de 1,6 Smic, n’ont pas encore fait l’objet d’exonérations).

Les entreprises exportatrices gagneraient en compétitivité, disent-ils, comme en Allemagne (qui a expérimenté la combinaison hausse de la TVA - baisse du coût du travail), puisqu’elles pourraient dès lors baisser leurs prix. Sur le territoire national, la hausse de la TVA agirait en outre comme une barrière douanière déguisée et antidélocalisation à l’encontre des importations en provenance des pays à bas coûts. Enfin, les ménages verraient leur pouvoir d’achat s’améliorer, dès lors que l’augmentation de la TVA permet de réduire les cotisations salariales.

Ces arguments « économiques » sont réfutables un par un et masquent le véritable débat, éminemment politique : qui doit financer les dépenses sociales à caractère universel ?

Premièrement, rien ne prouve que la compétitivité se joue sur le terrain des coûts salariaux, qui restent, au demeurant, plus faibles en France. L’Allemagne bénéficie de longue date d’une compétitivité hors coût, qui explique des excédents commerciaux bien antérieurs aux réformes Schröder-Merkel. La baisse du coût du travail ne s’est pas accompagnée, Outre Rhin, d’une baisse des prix à l’exportation. Ces derniers tendent au contraire à évoluer plus vite que l’inflation. La baisse des coûts a représenté une aubaine pour les grandes entreprises, qui ont pu augmenter leur taux de marge (de deux points supérieur au taux de marge français) et distribuer des dividendes à leurs actionnaires.

Deuxièmement, la hausse de la TVA envisagée n’est absolument pas un instrument de politique commerciale antidélocalisation. Elle s’appliquera tout autant aux produits fabriqués à l’étranger qu’aux produits nationaux et ne dissuadera donc en rien les Français de ne pas consommer des produits d’importation.

Troisièmement, les cotisations salariales qu’il serait envisageable d’abaisser sont marginales. Il s’agit essentiellement des cotisations maladies dont le taux n’est plus que symbolique (0,75%) car nul n’envisage de supprimer les cotisations retraites, finançant des dépenses non universelles liées au travail. Mais surtout, personne ne croit sérieusement que la hausse de la TVA s’accompagnera d’une hausse du pouvoir d’achat.

Bien au contraire, les entreprises en profiteront pour accroître leurs marges, comme le firent nombre d’établissements lors de la baisse de la TVA dans la restauration.

La baisse des cotisations, assortie d’une hausse de plusieurs points de TVA, s’avèrera inflationniste, comme elle le fut en Allemagne, où la consommation intérieure en a pâti. En France, cette mesure cassera un peu plus la consommation, alors que s’installe la récession. La dégradation du pouvoir d’achat des ménages modestes sera même régulière, à long terme, dès lors que l’impôt indirect est appelé à financer des dépenses sociales dont la part est structurellement croissante.

A chaque vague de hausse de TVA, périodiquement nécessaire pour équilibrer les comptes sociaux, la situation de la majorité des Français se dégradera relativement à celle des plus aisés, dont la propension à consommer est plus faible. La TVA pèse particulièrement sur les plus démunis parce qu’elle taxe leur revenu au premier centime d’euro dépensé. Rappelons que les 10% les plus riches ne consacrent que 3% de leur revenu à la TVA, contre 8% pour les 10% les plus pauvres. La TVA est un impôt dégressif, contraire aux principes affichés dans l’article 13 de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, qui appelle chaque citoyen, selon ses moyens, à participer à la solidarité nationale.

Là se situe le cœur du débat. L’argument philosophique de financer la solidarité nationale par l’impôt, et non plus par la cotisation, est à nos yeux recevable, à condition que l’impôt soit juste. Or, la réforme proposée par la droite vise à substituer à la cotisation l’impôt le plus injuste. Le système fiscal français est déjà faiblement redistributif, en raison du poids des impôts indirects et des cotisations et contributions non progressives (la TVA représente déjà 51% des recettes de l’Etat, contre 17% pour l’impôt sur le revenu). La TVA antisociale serait rendue encore plus injuste.

A cet impôt indirect et proportionnel, défendu par les conservateurs et les libéraux, les socialistes opposent l’impôt direct et progressif sur le revenu, assis sur une assiette large, le seul qui fasse participer les revenus du travail et du capital des personnes physiques selon leur faculté contributive. Une partie des recettes peut sans problème être affectée au financement des dépenses sociales, comme l’est l’actuelle la CSG, au demeurant injuste parce que non progressive.

C’est pourquoi, la fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu, que propose le Parti socialiste, se justifie. L’assiette de la CSG est large et non mitée de niches fiscales. Y greffer un barème progressif aboutirait à créer un véritable impôt universel taxant tous les revenus. Certains dénoncent la suppression du quotient familial, inévitable en cas de fusion, dès lors que l’assiette CSG, individualisée, est la base du nouvel impôt. Or, le quotient familial est particulièrement injuste car il ne bénéficie pas aux ménages modestes, non imposables. Dans le cadre d’une politique familiale progressiste, il doit être remplacé par un crédit d’impôt forfaitaire par enfant, bénéficiant à tous les ménages, qu’ils soient riches ou pauvres.

Enfin, le transfert des cotisations vers l’impôt peut être l’occasion de mettre fin à un système de financement qui pèse sur le travail. A côté du basculement d’une partie des cotisations salariales et patronales vers l’impôt sur le revenu ainsi révolutionné, les cotisations patronales pourraient être remplacées par une CSG entreprise, assise sur l’ensemble des richesses produites, qui se répartissent entre salaires et profits (la valeur ajoutée de l’entreprise), afin d’alléger le poids des contributions des PME créatrices d’emplois.

Ces réformes progressistes instaureraient la justice fiscale dans notre pays. Elles redonneraient du pouvoir d’achat aux plus modestes. Elles contribueraient à soutenir la consommation et l’emploi. Elles accroîtraient substantiellement le rendement de l’impôt, à l’heure où les finances publiques ont été dégradées par dix ans de politique fiscale tout aussi injuste qu’inefficace.

Au total, la TVA dite sociale ne sera qu’un énorme transfert de charge au détriment des consommateurs et au profit des entreprises, à la charge des ménages et au bénéfice des actionnaires. Ce qui explique l’intérêt que lui porte Laurence Parisot, la patronne du Medef.

Henri Emmanuelli est député des Landes, Benoît Hamon, porte-parole du PS, et Liêm Hoang-Ngoc député européen.

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Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 10:37

A ceux qui disent : la gauche et la droite c’est la même chose, suggérer de comparer les choix réalisés pour le budget 2012 de la Sécurité sociale et là en grandeur nature dans l’affrontement entre le Sénat, désormais à gauche et l’Assemblée encore à droite !

La gauche sénatoriale avait voté une série d’amendements qui préfigurent le programme socialiste pour 2012 et reviennent sur les décisions injustes et souvent économiquement inefficaces du gouvernement Fillon/Sarkozy. Le Sénat a voté la suppression de l’exonération de cotisations sociales pour les heures supplémentaires, instaurée dans la fameuse loi TEPA et l’abrogation doublement de la taxation des contrats complémentaires santé des mutuelles et assurances décidée fin août.

La gauche a voté l’augmentation de taxes sur les retraites chapeaux, les stocks options et les bonus des traders comme celle du forfait social (de 7 à 11%) sur l’intéressement et la participation, et un relèvement de 0,5 point de la contribution sur les revenus du capital. Les sénateurs ont rétabli les critères d’actualisation des allocations familiales au 1er janvier. Le texte issu du Sénat prévoit à la fois le rétablissement des comptes de la sécurité sociale et le respect de la justice sociale. En face les députés et la droite ont remis en cause ces recettes nouvelles et voté les mesures gouvernementales annoncée dans le plan de rigueur comme l’accélération du passage à 62 ans de l’âge de la retraite, qui interviendra en 2017 au lieu de 2018, une limitation de l’actualisation des prestations familiales au niveau de la croissance (1% et encore en prévision optimiste) au lieu d’un alignement sur l’évolution prévisible des prix (+1,7%). Ils ont aussi approuvé le quatrième jour de carence (non pris en charge par la sécurité sociale) pour les arrêts-maladie des salariés du privé et l’instauration d’une journée de carence pour les fonctionnaires.

Avec 455,8 milliards d’euros de dépenses (tous régimes confondus), le budget de la sécurité sociale est supérieur à celui de l’Etat (environ 365 milliards). Sur ce total, le régime général de la sécurité sociale (salariés du privé) s’élève à 330 milliards, le gouvernement prévoit un déficit de 13,8 milliards en 2012 tandis que le sénat, avec ses nouvelles recettes a voté un budget en équilibre. Faut-il rappeler que sous la gauche, le budget de la Sécu était redevenu équilibré.

Mais chacun le sait, c’est bel et bien l’assemblée, qui aura le dernier mot à l’issue de la navette entre les deux chambres du Parlement. Vite le changement !

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Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 10:37

Pour Françoise Castex et les socialistes français, d’autres solutions qui respectent les citoyens, la démocratie et l’avenir de l’Europe sont possibles.

Tous les Etats de la Zone euro sont fragilisés par leur dette…

La Grèce a occupé pendant de long mois une actualité donnant l’illusion que sa mauvaise gestion était le problème de l’Europe, faisant un temps oublier que la plupart des Etats sont endettés au-delà de la limite de 60% du PIB autorisée par le Traité.

Selon certaines études la championne de l’eurozone serait… l’Allemagne avec un volume de plus de 2.000 Mds soit 83% de son PIB, devant l’Italie dont la dette de même volume représente 116% du son PIB. Pour la France, le volume de dette de 1.600 Mds d’euros représente plus de 85% du PIB. Certes, la dette grecque est la plus élevée par rapport à son PIB (162%), même son volume n’est “que” de 350 Mds d’euros. De même l’Etat espagnol est parmi les moins endetté de l’eurozone avec les Pays-Bas.

…Tous les Etats ne sont pas victimes de la même spéculation ;

Les marchés financiers spéculent sur la dette des Etats en « misant » sur l’éventuel risque de non remboursement de leur créance. Cette spéculation a pour effet de faire monter les taux d’intérêts qui leurs sont accordés. Ainsi, si au 10 novembre 2011, l’Allemagne pouvait encore emprunter à 1,6%, la France empruntait à 3,2% ; l’Espagne à 5,7% ; l’Italie à 7% et la Grèce à 13%. Son taux d’emprunt étant monté à prés de 30% au plus fort de la crise.

Face à cette situation, de mauvaises solutions ont été prises

Les responsables européens ont imposé des réductions drastiques des dépenses des Etats sans poser de conditions sur leurs recettes c’est-à-dire sur leur système fiscal.

Ils n’ont pris aucune mesure efficace contre la spéculation des marchés.

La Banque centrale européenne n’est pas autorisée à reprendre la dette des Etats ni à leur consentir des prêts. Elle prête aux banques commerciales qui prêtent aux Etats à des taux d’intérêts variables selon l’appréciation des Agences de notation

Le Fonds européen de stabilité financière (FESF) a été doté à sa création de 440 Mds d’euros pour faire face aux dettes portugaises et irlandaises. Alimenté par des contributions des Etats membres, sa capacité d’intervention est limitée et n’est pas à la hauteur des besoins. Pour l’augmenter jusqu’à 1.000 Mds d’euros le Conseil européen a décidé de faire appel à des investisseurs étrangers notamment à la Chine. Appel dont le résultat est tout à fait aléatoire et très critiquable.

La menace de sanctions est constamment agitée par la Commission européenne et l’Allemagne envers les Etats qui n’appliqueraient pas assez vite les mesures d’austérité qui leur sont demandées. Ces sanctions financières à hauteur de 2% de leurs déficits auxquelles se sont opposés les eurodéputés socialistes ne feraient qu’aggraver la situation. Pourtant Madame Merkel envisage une réforme des traités pour y inscrire ses sanctions et pour faire comparaitre les Etats “fautifs” devant la Cour de Justice de l’Union européenne…

D’autres solutions existent…

Pour sortir l’Europe de la crise et résoudre la question de l’endettement public sans casser la croissance, les réponses doivent combiner mesures de court terme et mesures de long terme.

Le statut de la Banque centrale européenne doit être remis à plat. Comme toutes les Banques centrales, elle doit devenir un acteur de la relance économique de la zone euro. En prêtant directement aux Etats, elle mettrait fin aux spéculations sur les dettes souveraines. L’émission d’euro-bonds par le FESF et par la Banque européenne d’investissement pourrait mobiliser prés de 3000 milliards d’euros pour financer des investissements d’avenirs.

La mise en place d’un gouvernement économique européen ne peut pas se réduire à un rôle de gendarme distribuant des sanctions, il doit s’appuyer sur une vraie légitimité démocratique. Les parlements nationaux et le Parlement européen doivent être co-décideurs des grandes orientations de la politique économique, des politiques fiscales aux politiques d’investissement en passant par les politiques salariales et de formation. La conditionnalité des prêts aux Etats très endettés doit changer de nature et intégrer une harmonisation fiscale au moins au niveau de la zone euro.

Les Etats doivent protéger leurs services publics, préserver les dépenses d’éducation et de santé, garantir la protection sociale et les salaires afin de sauvegarder les bases de la reprise économique.

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Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 10:36

« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites...

... mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire. » (Voltaire).

Les manifestants intégristes contre la pièce Golgota Picnic veulent faire croire qu’ils luttent contre un blasphème, mais en fait, ce qui les gêne c’est notre république elle même.

Quand ils crient « France catholique oui, oui, oui ; République laïque, non, non, non », ils veulent faire comme si notre Constitution n’existait pas. L’article I de celle-ci déclare « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. »

Voilà les premières lignes du texte qui cimente les citoyens de notre pays et elles ont traversé les différentes époques de la République. Au-delà des différences politiques qui peuvent agiter le débat républicain, on doit considérer cet énoncé de valeurs communes comme une ligne rouge à ne pas transgresser.

On a heureusement le droit d’affirmer ses convictions et même d’organiser des carnavals dans les rues de Toulouse et ailleurs. Mais on n’a pas à transgresser la règle publique qui réserve les convictions religieuses au domaine privé et refuse dans le même mouvement que quiconque puisse les imposer au domaine public. Certes, l’exemple vient de haut : Nicolas Sarkozy, chanoine de Latran, a dit naguère à Benoît XVI qu’il faisait plus confiance aux prêtres qu’aux instituteurs pour élever les citoyens en France. Mais cette affirmation déshonorante n’autorise pas à proclamer une France non laïque.

De la même façon, on a le droit de n’avoir aucun goût pour la pièce de théâtre incriminée mais on ne saurait l’interdire au seul motif qu’on n’en partage pas le contenu.

Défendre ce droit c’est respecter toutes les croyances, et respecter les croyances c’est protéger les convictions intimes de chacun. La Fédération du Parti socialiste de la Haute-Garonne s’est d’ailleurs jointe à l’appel pour soutenir le Théâtre Garonne qui présentait la pièce jouée à guichets fermés. Malheureusement nous n’entendons pas la droite protester contre les intégrismes à Toulouse... Allons. un peu de courage pour défendre la République !

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Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 10:36

Pour Liêm Hoang-Ngoc, député PS au Parlement européen, membre de la commission des affaires économiques et monétaires, les politiques d’austérité décrétés par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy sont en passe de faire replonger l’Europe dans la récession. « Pour réduire les déficits conjoncturels, dus à la crise », développe l’économiste, « il faut avant tout relancer la croissance », en permettant aux Etats de financer les investissements publics (par le biais de la dette productive), nécessaires pour préparer l’avenir. Tribune parue sur Marianne2.fr

Inscrire la « discipline budgétaire » aux frontons de nos constitutions est une absurdité. La réduction des déficits est souhaitable lorsque l’économie tend vers le plein-emploi. Le désendettement permet alors de constituer les marges de manœuvres nécessaires pour l’emprunt, nécessaire pour soutenir l’activité lorsque celle-ci se retourne. A contrario, la rigueur budgétaire n’est pas crédible lorsque la croissance ralentit.

L’AUSTÉRITÉ TUE LA CROISSANCE ET LES RECETTES FISCALES INDUITES PAR CETTE DERNIÈRE

Les politiques d’austérité sont en passe de faire replonger l’Europe dans la récession. Seuls, ceux qui entendent réduire le périmètre des services publics et de la protection sociale obligatoire s’en satisferaient. Le Royaume Uni, qui refuse la monnaie unique, subit également le choix de l’austérité, comme quoi une sortie de l’euro n’épargnerait personne de commettre l’erreur de la rigueur en cette période de pré-récession. La France est d’ores et déjà entrée dans un cercle vicieux. L’austérité tue la croissance et les recettes fiscales induites par cette dernière. Les déficits se creusent, malgré la rigueur, appelant de nouvelles mesures d’austérité. Celles-ci exerceront un effet récessif. Les rentrées fiscales escomptées diminueront à nouveau. De nouveaux plans de rigueur seront mis sur pieds.

Ainsi, après cet été économique meurtrier, le gouvernement a du engager un premier plan de rigueur de 1 milliards pour 2011, et de 8 milliards pour 2012. Depuis, les prévisions de croissance ne cessent d’être revues à la baisse. Le gouvernement prévoit désormais 1% en 2012. Ceci l’a conduit à annoncer un deuxième plan de rigueur de 8 milliards pour respecter le rythme de réduction des déficits demandé par la Commission. La Commission, quant à elle, anticipe maintenant une croissance de 0,6% en 2012 et l’OCDE 0,2%. Or un défaut d’1 point de croissance (20 milliards) engendre une perte de 9 milliards de recettes fiscales et sociales. Il faudra sans doute un troisième plan de rigueur pour rester sur la trajectoire devant conduire à un déficit public de 3% du PIB en 2013.

On n’ose imaginer la situation, pour le gouvernement qui sera issu des urnes en mai 2012, si l’économie entrait en récession en 2013. Dans le programme national de stabilité établi dans le cadre du Semestre européen que la France a remis à la Commission, le gouvernement faisait (et fait toujours) l’hypothèse d’une croissance à 2,5% en 2013. Si la croissance était nulle, c’est 22,5 milliards de recettes fiscales qui feraient défaut et des déficits qui se creuseraient d’autant. C’est pourquoi, compte tenu du retournement conjoncturel, l’objectif d’un déficit budgétaire de 3% en 2013 n’est en aucun cas crédible, sauf à mettre en œuvre un plan de rigueur drastique, aussi impopulaire qu’inefficace tant il risque d’anéantir tout espoir de reprise.

DISTINGUER LE BUDGET DE CAPITAL DE L’ETAT DE SON BUDGET DE FONCTIONNEMENT

La véritable crédibilité est d’annoncer que les politiques de rigueur sont aujourd’hui impraticables. Brandir des objectifs de réduction des déficits intenable ne fait qu’attiser le feu de la sanction des agences de notation. Il est possible de réduire la composante structurelle des déficits (en combattant la dette improductive), par une bonne réforme fiscale. Mais, pour réduire les déficits conjoncturels, dus à la crise, il faut avant tout relancer la croissance. Pour stimuler la croissance, à l’heure où l’investissement est en panne, il faut permettre aux Etats de financer les investissements publics (par le biais de la dette productive), nécessaires pour préparer l’avenir. L’investissement public représente plus de 3% du PIB en France. Il est réalisé au deux tiers par les Régions, Départements et Communautés de communes et pour un tiers par l’Etat. La mise en œuvre d’une nouvelle politique industrielle rendra nécessaire son déploiement.

A cet égard, la proposition de distinguer le budget de capital de l’Etat de son budget de fonctionnement, faite à son époque par Keynes dans le Livre jaune remis à Lloyd George, alors chef du Parti libéral-démocrate britannique, mérite qu’on y prête attention. Cette règle s’applique de fait dans les collectivités territoriales, qui ont l’obligation d’équilibre de leur budget de fonctionnement et qui ne s’endettent que pour financer les investissements. Dans le débat sur le paquet gouvernance, les socialistes au Parlement européen ont adapté cette proposition, plus actuelle que jamais, en proposant d’exclure du calcul des déficits les dépenses d’investissement, afin de transformer le pacte de stabilité en véritable pacte d’investissement. Ceci permettrait notamment d’engager de véritables « grands emprunts » productifs, mobilisant l’abondante épargne qui circule sur les marchés financiers. Conservateurs et libéraux nous firent la sourde oreille.

ADAPTER LES STATUTS DE LA BCE AFIN DE L’AUTORISER À MONÉTISER LES DÉFICITS PUBLICS

Lors du timide plan de relance de 2008, le « petit emprunt » d’alors aurait pu accoucher d’une nouvelle stratégie française de ré-industrialisation, si le président de la République avait renoncé au tournant de la rigueur et tenté de convaincre la chancelière allemande de réformer le pacte de stabilité dans cette direction. Il s’est malheureusement aligné sur les exigences de la chancelière allemande.

La « règle d’or », imposant l’équilibre budgétaire, qu’Angela Merkel et Nicolas Sarkozy proposent d’inscrire, ne fait aucune part à cette impérieuse nécessité de relancer la croissance. Quitte à modifier le Traité de Lisbonne, comme le propose la chancelière, le moment était venu de créer un véritable Trésor européen, émettant des euro-obligations.

Outre le financement à bas taux des Etats, celles-ci auraient permis de drainer l’épargne vers un véritable budget fédéral, nécessaire pour lancer de grands projets dès lors que les budgets des Etats membres sont encadrés. La modification du Traité aurait également dû être l’occasion d’adapter les statuts de la BCE afin de l’autoriser à monétiser les déficits publics, comme le font la FED américaine et la Banque d’Angleterre. La BCE est certes intervenue sur le marché secondaire pour soutenir le cours des titres publics dont les banques ont commencé à se délester. Mais le rachat des titres publics sur le marché primaire par une BCE autorisée à se comporter en prêteuse en dernier ressort serait la seule manière d’étendre franchement les taux des bons du trésor sur un marché primaire où les nouvelles émissions de titres publics trouvent de moins en moins de preneurs.

L’Italie, malgré l’arrivée de Mario Monti au pouvoir, et même l’Allemagne, ont rencontré quelques difficulté à y lever des fonds. Malheureusement, la chancelière Merkel continue d’écarter la voie des euro-obligations et refuse toujours obstinément d’envisager l’extension du rôle de la BCE.

Le nouveau Traité que la droite ordo-libérale allemande entend imposer privera donc l’Union européenne et ses Etats membres de politique budgétaire, tout en continuant à amputer la banque centrale de prérogatives essentielles. Pour la première fois, des choix de politique économique seraient inscrits dans le marbre des constitutions et assujettis à l’autorité d’une Cour de justice. Des sanctions automatiques seraient appliquées. Ce coup de force est inacceptable pour la démocratie.

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Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 10:35

L’Allemagne est à la croisée des chemins et l’Europe est au bord du gouffre. Pour la première fois depuis le début de la crise l’Allemagne est dans la tourmente. Elle a raté une émission d’obligations d’Etat d’un montant de 6 milliards d’euros sur une souche obligataire à 10 ans car seulement 3,64 milliards d’euros, soit 60% du montant total, a été souscrit.

En termes moins techniques cela signifie que pour la première fois les marchés financiers n’ont pas souscrit la totalité d’une émission de titres de la dette publique allemande. A son tour l’Allemagne entre progressivement dans l’œil du cyclone. A son tour elle voit ses taux augmenter. A son tour elle est interpellée par les marchés financiers sur l’analyse qu’ils font, de leur point de vue, de ses fondamentaux. Le plus fort de la crise est donc devant nous si rien ne change.

Or, l’Allemagne est en train de commettre une erreur fondamentale, la même que celle commise par l’administration républicaine américaine après la crise de 1929 et avant la victoire de Roosevelt. Cette erreur consiste à mener une politique qui va amplifier les tendances sécessionnistes déjà à l’œuvre dans le déroulement actuel de la crise.

Quel est le point majeur de désaccord avec l’Allemagne ? Il consiste tout simplement dans la volonté de monétiser à l’échelle de l’Europe l’ensemble des dettes publiques en permettant à la BCE d’acheter directement des titres de dettes des Etats membres de la zone euro en émettant au besoin des obligations qualifiées d’euros bonds. L’Allemagne le refuse. Tout d’abord notons au passage que l’Allemagne est elle aussi un adepte du « faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais » puisque la Banque Centrale Allemande, la Bundesbank, est intervenue pour acheter le solde de l’émission de l’obligation d’Etat allemande qui n’avait pas trouvé preneur sur le marché. Pourquoi l’Allemagne s’y refuse-t-elle ? Elle s’y refuse principalement parce qu’elle n’y trouve pas son intérêt, parce qu’elle refuse d’avoir à cotiser pour les autres pays. On peut l’entendre, c’est toujours une manière d’entrer dans une discussion qui est aussi une négociation. Par contre on ne peut pas l’entendre quand cette position risque d’entraîner l’Europe dans la récession. D’autant plus que l’argument principal avancé par les dirigeants allemands ne tient pas. Qu’est-ce que nous disent les allemands ? Ils nous disent qu’ils ne veulent pas voir revenir le spectre des années 20 de l’inflation qui aurait accru la crise et conduit selon eux conduit à terme à la prise du pouvoir par les nazis. Je n’entends pas ici critiquer le caractère historiquement spécieux de cet argument au risque sinon de devoir entrer dans de trop amples développements.

En revanche, il est contestable d’affirmer comme le font les allemands que la monétisation des dettes publiques serait inflationniste. La comparaison des courbes d’inflation dans les principaux pays qui y ont recours le démontre. Et, surtout, cet argument ne résiste pas à un examen sérieux. Monétiser une dette revient en définitive à injecter de la monnaie. Or, c’est ce que font aujourd’hui quotidiennement les banques quand elles créent de la monnaie qui est injectée dans les circuits économiques et qui y circule. Or, en quoi la monnaie publique qui serait crée par la monétisation des titres de dettes publiques serait-elle plus inflationniste par nature que celle actuellement crée par cette monnaie des banques privées ? Et si on veut pousser le raisonnement jusqu’au bout, il faut répondre alors à la question suivante : qu’adviendrait-il si il n’y avait plus d’émission nette d’obligation nouvelle par les Etats ? Les banques seraient alors contraintes de se recentrer progressivement vers leurs fonctions de base, celle du financement de l’économie réelle, de l’économie productive et donc de se poser la question de l’accroissement nécessaire du stock de capital productif et du volume de l’emploi (je vous invite à lire les Echos des vendredi 25 et 26 novembre qui l’explique très bien). C’est pourquoi il y a un lien vertueux entre monétisation des dettes publiques par intervention de la BCE, recentrage des activités bancaires sur le financement de l’économie productive, croissance économique et lutte contre le chômage. Voici la manière dont la France aurait du poser le débat publiquement avec l’Allemagne et engager au besoin un bras de fer avec celle-ci devant l’ensemble des peuples européens. La France ne le fait pas et une fois encore Nicolas Sarkozy a capitulé en rase campagne en cédant aux désidératas d’Angela Merkel. Pourquoi ? Tout simplement parce que Nicolas Sarkozy est tétanisé à l’idée que la France pourrait perdre éventuellement sa note AAA. En conséquence il se met, une fois encore, à la remorque des allemands en jouant, une fois encore, le rôle de l’idiot utile.

Entendons-nous bien, il n’y a dans l’absolu aucune honte à être à la remorque des allemands. L’Allemagne est la première économie de la zone euro, c’est un pays ami de la France avec lequel nous avons œuvré ensemble depuis des décennies à une solidarité utile à la construction européenne. Le problème vient de ce que, actuellement, la droite allemande propose un chemin calamiteux qui conduit tout droit l’Europe vers la récession.

J’en termine donc par l’ultime question celle de la convergence. L’Allemagne dit qu’elle conditionne son éventuel accord à une mutualisation des dettes à partir du moment où la convergence budgétaire au sein de l’Union Européenne serait accrue et garantit par une modification des traités. Dans l’absolu l’Allemagne n’a pas tort. En effet, la zone euro est devenue une zone monétaire où les économies divergent substantiellement. Cette zone monétaire produit donc de manière continue des chocs asymétriques qui peuvent finir par conduire purement et simplement à l’éclatement de celle-ci. Il faut donc faire à nouveau converger les économies entre elles et pour cela passer à une étape nouvelle de l’intégration fédérale. Cependant la question n’est pas la convergence en soi mais les objectifs de cette convergence. Des objectifs économiques et sociaux qui sont intimement liés. Or, que propose l’Allemagne ? Tout simplement de faire converger la zone euro sur des bases d’austérité qui conduiront inévitablement à plonger l’Europe dans une récession sans précédant et donc par voie de conséquence, à détacher les peuples de l’Europe et à ouvrir un espace béant pour le repli national et le nationalisme qui a fait tant de ravages meurtriers ans au siècle dernier. La seule convergence qui soit possible est celle de la croissance économique, de la lutte contre le chômage, de la défense des modèles sociaux et de la réduction des inégalités. Cela passe par une pression fiscale assumée et substantielle sur le capital et les plus fortunés. Cela passe par le drainage de l’épargne vers la sphère productive. Cela passe par la constitution d’une banque publique d’investissement. Cela passe par une stratégie industrielle concertée à l’échelle de l’Europe. Cela passe par une revalorisation des salaires en Europe à fin de soutenir la demande intérieure. Cela passe par une remise en cause drastique du libre-échange de manière à pouvoir réengager un mouvement massif de relocalisation des industries. Cela passe enfin par une réappropriation démocratique de l’Europe par les peuples et leurs représentants légitimes au parlement européens. Tout à l’opposé de ce que s’apprêtent à proposer aux peuples européens Don Merkel et Sancho Sarkozy. C’est désormais la responsabilité qui incombe à François Hollande de proposer cette nouvelle voie pour l’Europe, en lien avec nos camarades allemands du SPD et en lien avec nos camarades socialistes européens. Faute de quoi, la crise s’aggravera et s’aggravera à un point tel que, dans un terme qui peut-être plus rapide que prévu, c’est l’ensemble de l’édifice démocratique européen qui menacera d’être ébranlé.

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Lundi 5 décembre 2011 1 05 /12 /Déc /2011 16:03

Les gouvernements libéraux ont abandonné leur pouvoir   politique aux banques, aux agences de notation et aux grands   actionnaires.  Ceux-ci ont donc toute liberté pour spéculer contre les   États et contre l’euro ! Pour brouiller les pistes et cacher cette forfaiture,   Sarkozy n’avait pas hésité, il y a trois ans à Toulon, à dénoncer les   dérives du capitalisme financier, en pleine tourmente financière internationale. Mais, trois ans plus tard, les critiques du rôle de la   BCE ne peuvent masquer la soumission aux traités européens. Les missions   de la BCE sont contraires à celle qui doivent être confiées à une   banque centrale : elle devrait être un outil au service de la puissance   publique et de la création monétaire !
Battre Sarkozy qui nous ment ! Trois ans plus tard, le héraut de la lutte contre le   capitalisme financier est celui qui a diminué les recettes en réduisant   l’impôt des riches, en multipliant les niches fiscales et les   exonérations de toutes sortes. Si telle n’avait pas été sa politique, ni   le déficit budgétaire, ni la dette publique n’auraient cette ampleur. Et c’est le même qui se fait le chantre de la rigueur en   taxant plus durement les salariés, qui attaque le droit à la santé et   prépare de nouvelles mises en cause des 35 heures, de la retraite, du   Smic, etc.  Le même qui impose la règle d’or sur l’équilibre des budgets et le   contrôle de son application par la technocratie bruxelloise. Dans son discours de ce 1er décembre 2011, il promet du   sang et des larmes, mais pas pour tout le monde, pas pour les créanciers   spéculant aux dépens des Etats et de ceux qu’il veut faire payer. Mais   il n’a proposé aucune solution pour résoudre la crise : d’une part, il   ne veut rien imposer aux spéculateurs, il les protège et doit faire   comme Merkel ; d’autre part, en faisant payer les moins riches et les pauvres, Merkel et lui cassent toute relance. Peu leur importe pourvu   que les spéculateurs spéculent. Trop c’est trop ! Sarkozy ment. C’est la marionnette des   banques et des multinationales. Depuis le Fouquet’s il a clairement   affiché son camp. Cinq ans ça suffit, il faut le battre en mai 2012,   nous voulons gagner !
Pour l’unité de la gauche Nous ne voulons pas courir le risque d’un effritement   progressif des intentions de vote en faveur de François Hollande.   Effritement qui redonnerait des chances à Sarkozy et à Le Pen. Tout   indice de division de la gauche nous menace de finir comme en 2007 ou   comme en 2002. Chaque fois qu’un candidat de la gauche fait appel à   Bayrou, lui propose un poste de ministre, il fait croire qu’il est en   difficulté, il lui donne de la crédibilité et il lui permet de   bénéficier de voix de gauche au premier tour. C’est ce qui s’est passé   en 2007 où la moitié des 18 % que Bayrou avait obtenues étaient des voix   de gauche abusées par le crédit qui lui était attribué et qui ont   manqué à la candidate socialiste pour créer une dynamique de second   tour. Chaque fois qu’un candidat socialiste fait appel à   Bayrou, il ne gagne pas les voix de droite qu’il convoite, mais il en   perd à gauche : il perd des électeurs qui ont, certes, tort de   s’abstenir car ils laissent passer Sarkozy en tête du premier tour et   laissent accéder Le Pen au second tour. Mais les électeurs de gauche   sont déstabilisés par ce rejet de l’unité de la gauche et ce mépris pour   les voix de gauche prêtes à se reporter au second tour sur le candidat   choisi par la majorité d’entre eux.
Pour un programme commun de la gauche ! Le débat a eu lieu au Parti socialiste sur le projet. Et   à l’unanimité, l’orientation générale est bien de desserrer la   contrainte et redonner sa place à la puissance publique pour répondre   aux urgences sociales avec l’emploi, le pouvoir d’achat, la santé, le logement, l’éducation maitriser les banques avec une banque publique   d’investissement, remettre l’Europe sur ses pieds au service des   peuples. Autant de points communs qui permettent d’ouvrir le débat avec   toute la gauche pour un programme commun. Il est urgent de défendre une orientation de combat de   la gauche contre la droite, celle votée par les militants, celle   attendue par les millions d’électeurs qui ont participé à la primaire,   celle souhaitée par les millions de manifestants qui ont combattu la   contre-réforme des retraites. Il est temps de donner une réponse à   toutes celles et tous ceux qui se mobilisent dans les entreprises, les   écoles, les quartiers La polarisation gauche-droite doit reposer sur   des propositions concrètes et pas seulement sur des valeurs.
Tout dépend de nous ! Le sursaut est possible tout comme l’ancrage à gauche.   Ouvrons le débat sur le programme dont la gauche a besoin, multiplions   les initiatives pour un audit citoyen de la dette publique, participons   aux mobilisations sociales des prochaines semaines  C’est la voie pour chasser Sarkozy, isoler Le Pen et changer vraiment.

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Mardi 29 novembre 2011 2 29 /11 /Nov /2011 14:51

Le record historique du chômage : 5 millions, Sarkozy est allé le chercher avec ses dents

Surtout, surtout que Sarkozy ne vienne pas dire que ce n’est pas sa faute ou qu’il lutte contre ! Comment  ose t il faire campagne et aller se faire prendre en photo en serrant les mains d’ouvriers pour se faire ré élire ? Rarement président sortant n’aura eu un bilan aussi catastrophique et haïssable. La honte devrait le pousser à démissionner et à passer la main. Mais non, il plastronne. Car il espère, d’ici 2012, avec ses cinq grands patrons de presse complices, Dassault, Pinault, Arnaud, Lagardère, et Bouygues réussir à tromper, à mentir, à tricher sur ses vraies responsabilités.
 
Huit millions de pauvres. Trois millions de précaires. Trois millions de temps partiels. Cinq millions de chômeurs. 50 % des 23 millions de salariés occupés gagnent moins de 1580 euros.

Et une inégalité voulue, orchestrée, avide, sans précédent : la France n’a jamais été aussi riche, au 3e rang mondial des millionnaires. La richesse par adulte en France a triplé mais, en dépit ou grâce à la « crise », ces gains ont été concentrés en 2009, entre les patrons du CAC 40 qui ont gagné en moyenne 190 fois le Smic, les grandes entreprises françaises qui ont surmonté la crise avec une explosion de leurs profits dés 2010, les 10 plus grosses fortunes amies de Sarkozy qui possèdent à elles seules 14,2 millions d’années de Smic, les 100 plus gros contribuables qui se partagent 3 milliards d’euros par an, les 5 % de la population qui possèdent 50 % du patrimoine. Et pas besoin de travailler pour les amis parasites de Sarkozy : les 100 Français les plus riches se sont partagés, sans rien faire, en 2010 un revenu fiscal de 2,8 milliards d’euros, constitué à 94 % de revenus de leur capital.
 
Sarkozy, c’est le serviteur le plus dévoué et le plus féroce des actionnaires. C’est pour leur plaire qu’il a oeuvré à dépasser le record de chômeurs. Non seulement il a donné 110 milliards de cadeaux fiscaux aux plus fortunés, aux rapaces du Fouquet’s, chaque jour à ses amis les banquiers et du CAC 40, mais il a organisé l’économie de telle façon qu’il a réussi à augmenter le nombre de chômeurs officiels à  4 459 000 (+ 500 000 de sans droits). Délibérément car il sait que c’est la meilleure façon de faire pression sur l’emploi et les salaires.
 
Sarkozy attise le cancer du chômage par toutes les mesures qu’il prend, puis ensuite, il s’attaque aux chômeurs eux-mêmes à leurs droits, à leur dû, à leur assurance. Et il en profite pour développer comme Le Pen la haine des « étrangers » comme si c’étaient eux qui prenaient le boulot des Français. Il cultive autant qu’il peut avec TF1 l’insécurité qui résulte de 45 % de chômage provoqué, attisé, dans les banlieues.
 
C’est Sarkozy, dans sa campagne électorale de 2007, qui voulait la déréglementation boursière, qui militait pour les “subprimes”, les prêts hypothécaires, et c’est ce monde, le sien, qui nous a entraîné dans la crise de la dette.

Ce sont les centaines de milliards donnés aux banques dés 2008 plutôt qu’aux salaires et à l’emploi qui ont abreuvé les spéculateurs jusqu’à l’effondrement d’aujourd’hui. La façon dont Sarkozy et Merkel, année après année, 2009, 2010, 2011 mois après mois, cèdent aux banksters, aboutit aujourd’hui à mettre en grave péril l’Europe et l’euro.
 
Toutes les réponses de Sarkozy aggravent la crise : il développe la rigueur tout azimut, détruit le droit du travail, casse la protection sociale, la retraite, la santé, les écoles, les équipements collectifs, brade l’électricité, le gaz, la fonction et la sécurité publique. Il va même y avoir des « trains privés » bientôt, le comble de la bêtise archaïque absurde. Les services privés sont plus coûteux que les services publics car ils « siphonnent » le fric pour les actionnaires, comme en témoignent les « ententes » entre les différents groupes « piranhas » du téléphone, les cliniques et laboratoires privés, les maisons de retraite privées…
 
Avec Fillon, Bertrand chaque jour, ils enlèvent des droits, rognent les congés maladies, les indemnités, le remboursement des médicaments, ils désorganisent les durées du travail. Ce sont eux qui ont fait une loi  TEPA pour pousser aux heures supplémentaires ceux qui avaient un boulot au détriment de ceux qui n’en ont pas. Ce sont eux qui ont de facto poussé à une durée du travail réelle moyenne de 42 h au lieu de la durée légale à 35 h. Ce sont qui poussent l’Europe à adopter la semaine de 65 h. Ce sont eux qui imposent ainsi un partage féroce du travail inégal, injustifié entre sans travail,  sous travail à temps partiels et sur travail.
 
Ce sont eux qui bloquent les salaires bruts et nets, le SMIC, paralysant l’économie, taxant n’importe quoi, les boissons sucrées et les mutuelles de santé, les indemnités des accidentés du travail, et les jours de maladie. Les salariés ne peuvent plus consommer même des produits de base et l’économie se délite de ne pouvoir trouver de consommateurs pour ce qui se fabrique encore. Dans notre fabuleux pays riche, cinquième puissance du monde, le 10 du mois, des millions de gens n’ont plus que des pâtes à manger.
 
Voilà qu’ils veulent encore plus de flexibilité, alors qu’elle règne déjà de façon meurtrière dans le travail, alors qu’il y a un milliard d’heures supplémentaires impayés, l’équivalent de 600 000 emplois. Suicides au travail, burn out, accidents, maladies professionnelles augmentent.
 
Du travail, il y en a pour tout le monde, il faut des infirmières, des médecins, des professeurs, des ingénieurs, des informaticiens, des chercheurs, des ouvriers d’industrie, du bâtiment, du transport, des services de toutes sortes… Mais Sarkozy raréfie le travail exprès, supprime les indispensables fonctionnaires, asphyxie les associations, restreint tous les investissements et crédits en laissant les banques continuer sur notre dos à jouer à l’économie casino, à spéculer, à dilapider dans les îles Caïman.

Au lieu de s’en prendre à la gigantesque fraude fiscale il s’en prend à la dérisoire « fraude sociale ». Au lieu d’imposer les fortunes accumulées, il envisage une « TVA sociale » à payer par les salariés. Au lieu d’augmenter les cotisations sociales, il envisage de les supprimer. Au lieu d’augmenter massivement les salaires, il persiste à « baisser le coût du travail » (qui a déjà perdu de façon insensé 10 points en faveur des profits).
 
Sarkozy refuse de contrôler les échanges, supprime les services de douanes, il refuse de lutter contre le dumping social en Europe. Il est opposé à tout SMIC européen. Il refuse tout contrôle sur les licenciements boursiers, spéculatifs, abusifs. Il a même inventé la sinistre « rupture conventionnelle » qui a fait perdre leur emploi, sans motif, à 600 000 salariés en trois ans.
 
Il refuse de séparer banques de dépôts et d’affaires, il refuse d’interdire les ventes d’actions à découvert. Il laisse se désertifier le pays, il a livré nos industries métallurgiques Arcelor à Mittal, il laisse fermer les entreprises les plus performantes, et même les PME pourvu que ça arrange banques et spéculateurs, il n’a fait que baisser l’impôt sur les sociétés, la taxe professionnelle, il laisse Total empocher 14 milliards de bénéfices, jamais les dividendes n’ont été aussi grassement versés.
 
Il n’y a pas de pardon pour pareil bilan, Sarkozy n’est pas l’homme qui lutte contre la crise, il fait semblant, il la crée, il la nourrit, il l’aggrave, il essaie sciemment de s’en servir au mieux pour décourager, faire peur, et se ré imposer, Sarkozy c’est à la fois le fléau du chômage incarné, de la pauvreté, de la misère, la sangsue des riches et des rentiers.

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Mardi 15 novembre 2011 2 15 /11 /Nov /2011 15:22

2005, rappelez-vous, le fameux TCE ( Traité Constitutionnel Européen )  préparé par  Valéry Giscard d’Estaing, auquel les Français avaient majoritairement répondu  Non .

Pas parce que nous ne voulions pas d’Europe  mais parce que nous voulions plus d’Europe politique, laquelle fait tant défaut aujourd’hui . 

Et ce pour une raison fondamentale : ce traité était constitué de 3 parties ; l’une de ces parties ( la 3°) était le point de rejet car elle institutionnalisait  de fait  la totale indépendance de la puissance financière.  Le politique abandonnait toute possibilité de pilotage , n’ayez pas peur,  tout cela s’auto régulera  nous ont expliqué alors  nos élites .

Vous n’y comprenez rien, nous, nous savons ce qui est bon pour vous , et convaincus de la justesse de leur « suffisance » après une période de refroidissement, nous arrivons à Février 2008 date à laquelle notre cher Président fait adopter par la représentation Parlementaire le traité de Lisbonne qui correspond à 98% au TCE rejeté .

Vous connaissez la suite : crise bancaire, nous renflouons  les banques , puis  nous constatons que les 150 000 Milliards ( au niveau mondial)  pris sur les salaires et transférés au capital  depuis que les  libéraux s’occupent de nous  étaient compensés en grande  partie par du crédit à la consommation. Les banques s’étant très légèrement fait « tirer » les oreilles, nos sages ( toujours les mêmes) ferment cet artifice et comme les Etats avaient abandonné leur contrôle  ils sont eux aussi mis à la diète ( inutile de vous reparler des agences de notation…). Et nous voilà donc dans la situation actuelle où les marchés décident quasiment des dirigeants politiques qui sont capables de comprendre leurs diktats (Grèce , Italie , et ce n’est pas fini)

C’est le moment pour que nous posions un acte fort, susceptible de renverser la donne. Dans ce but, j’invite mes camarades socialistes français à prendre l’initiative d’inviter nos camarades des PS européens  à nous retrouver ensemble  pour clairement partager et afficher notre volonté de replacer la finance sous la tutelle du politique en définissant les principes généraux et en se donnant un objectif daté  . Cela pourrait se tenir   dans le cadre de ce que j’ai envie  de décrire comme les hivernales sociales européennes de 2011  pour ne pas avoir à faire face à un (voire plusieurs) nouvel hiver 54 dans toute l’Europe . 

La pensée unique des marchés ne peut être la seule alternative offerte aux Européens

 

Marc Colombani

Membre du BF du PS 09

Le 15 Nov 2011 

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