Lundi 7 mars 2011 1 07 /03 /Mars /2011 10:32

Cela fait plus de 30 ans que l’on sait comment fonctionnent les sondages, les sondeurs, les médias, les politiques et tous ceux qui vivent de l’exploitation de ces chiffres prétendument magiques. Et pourtant, ce soir, sur toutes les chaînes de télévision et sur la plupart des sites Internet, on nous refait le coup du "sondage magique" !

Ainsi, selon un sondage effectué par l’Institut Harris Interactive, commandé par le Parisien, « Marine Le Pen serait au second tour de la présidentielle de 2012 ». Mais, « attention », ajoutent les commentateurs, « on est à 14 mois de cette élection et cela n’est pas significatif ». Cela n’empêche pas qu’on ouvre tous les journaux télévisés du soir sur ce « coup de tonnerre » et qu’on fait réagir, à droite, au FN, à gauche, les sondeurs, les politologues, les simples électeurs….

Bref, c’est le nouveau feuilleton, qui va occuper le monde des commentateurs politiques et le « buzz » d’Internet, en attendant le « coup de tonnerre » suivant ! A moins qu’il s’agisse là d’une commande. Mais alors, de qui ? Pourquoi ?

La façon dont les chiffres de ce sondage sont présentés devrait quand même faire réfléchir. En effet, une récente note de l’IFOP donne le tableau des « marges d’erreur » des sondages, en fonction de la taille des échantillons et des pourcentages trouvés. On y lit que, pour un échantillon de 1600 personnes interrogées (cas de cette enquête), si le résultat est de l’ordre de 20%, la marge d’erreur est de 2,1%. Cela signifie que :

- quand on donne 23% (Marine Le Pen), la fourchette est de 20,9% à 25,1%

- quand on donne 21% (Nicolas Sarkozy ou Martine Aubry), la fourchette est de 23,1% à 18,9%.

On voit donc bien que le résultat pourrait aussi bien être 20,9% pour Marine Le Pen, 22% pour Nicolas Sarkozy et 23,1% pour Martine Aubry ! Autant dire qu’on n’aurait probablement pas ouvert le Journal télévisé sur ces chiffres…..

Il n’est pas besoin de ce genre de démonstration approximative pour constater que la ligne suivie par Nicolas Sarkozy et l’UMP vise à récupérer les voix du FN et qu’il se pourrait que « les électeurs préfèrent l’original à la copie ».

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Lundi 7 mars 2011 1 07 /03 /Mars /2011 09:47
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Samedi 12 février 2011 6 12 /02 /Fév /2011 14:01

Un monde d'avance Gard apporte son soutien à Denis BOUAD et Chrystelle JIMENES pour les cantonales 2011 dans le canton d'Uzès.

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Mercredi 9 février 2011 3 09 /02 /Fév /2011 11:56

LE 8 FEVRIER PAR Henri EmmanuellI ET LIÊm Hoang Ngoc

SIGNEZ LA PÉTITION : Le pacte de compétitivité c’est non, trois fois non !

Les propositions d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy, appelées « pacte de compétitivité » sont inacceptables et constituent une menace considérable sur notre modèle social et démocratique.

NON nous n’acceptons pas l’austérité salariale et la flexibilisation du marché du travail.

Les salaires ont déjà connu une quasi stagnation pour une grande masse des salariés et même -singulièrement en Allemagne, mais aussi en France- pour certains un recul. Il faut au contraire engager une politique de revalorisation salariale et garder l’indexation salariale sur l’inflation dans les pays où elle existe. Le décrochage risque de provoquer un cataclysme et un appauvrissement généralisé de la population.

NON, nous n’acceptons pas l’allongement de l’âge de la retraite et son évolution systématique en fonction du vieillissement.

Inutile de rappeler le mouvement et la mobilisation des français qui veulent défendre le droit à la retraite à 60ans, que nous voulons restaurer. Déjà le passage à 62 ans est inacceptable mais là c’est 67 ans qui est prôné, au nom de l’alignement au modèle « vertueux » de l’Allemagne, qui de surcroit à une démographie en déclin ! La conséquence de ce genre de décisions est l’apparition massive de retraités pauvres et des masses de salariés fatigués usés.

NON, nous n’accepterons pas que l’interdiction de déficits soient inscrits dans la constitution.

Seul le peuple souverain, son parlement peuvent décider selon les circonstances économiques des choix budgétaires adaptés aux situations. Parfois il faut investir et dépenser pour en recueillir ultérieurement les fruits, même en termes d’équilibre budgétaire. Inscrire dans la constitution un cadre contraignant est la négation de la démocratie et l’asservissement à un dogme.

C’est donc trois fois NON ! (...)

>> SIGNEZ LA PÉTITION !

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Vendredi 4 février 2011 5 04 /02 /Fév /2011 11:13

c'est avec une grande tristesse que je vous annonce le décès hier, de notre camarade Bernard MOUMAS.

Bernard été membre de notre courant depuis le début, et nous représentait à la commission de discipline de la Fédération du Gard.

Il avait fait ses armes de militant socialiste et à Force Ouvrière dans le Marseille de Gaston Deferre.

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Mardi 18 janvier 2011 2 18 /01 /Jan /2011 08:32

Merci, merci au peuple tunisien, grâce à lui l’année 2011 commence par une bonne nouvelle. Ben Ali a été chassé du pouvoir par la mobilisation conjuguée de la jeunesse tunisienne, de sa classe moyenne et de l’ensemble du salariat tunisien grâce au rôle important et souterrain joué depuis de nombreuses années et ces dernières semaines par sa principale centrale syndicale, l’UGTT. L’année commence par une Révolution qui chasse un népote corrompu et ayant dirigé d’une main de fer ce pays avec la complaisance, voire les encouragements des pays occidentaux et des régimes autoritaires du Maghreb, du proche et moyen-orient.

Nicolas Sarkozy et son gouvernement, par leur incapacité à comprendre le processus en cours, par leur soutien pathétique à un pouvoir discrédité et déconfit, ont donné une image déplorable de notre pays dans cette partie du monde où souffle une légitime volonté de changement démocratique. Dans cette partie du globe aussi les peuples aspirent à la démocratie et il est heureux de constater que contrairement aux prédictions complaisantes et erronées de nos « élites » il existe un autre choix que celui mortifère entre népotisme pro-occidental et islamisme. C’est peut-être aussi pour cela que nos dirigeants ont peur des changements en cours en Tunisie qui sont lourds de promesses pour les peuples et de menaces pour les régimes.

Bien sûr la révolution en cours en Tunisie n’est pas forcément reproductible à l’identique dans l’ensemble de la région. La Tunisie possède une classe ouvrière structurée autour d’une centrale syndicale puissante l’UGTT qui est devenue au fil des années un des rares espaces d’organisation et de médiation collective.

Elle possède aussi une classe moyenne et une jeunesse éduquée et laïcisée, ouverte aux valeurs universelles. Les femmes, au moins dans les villes, ont conquis une place qui les rapproche des standards par trop imparfaits de l’Europe méditérannéenne.

Enfin, et pour son plus grand bonheur peut-être, la Tunisie ne possède pas d’importantes réserves d’hydrocarbures ou de minerais qui favorisent une organisation parasitaire d’une économie de rente et on doit constamment se poser la question de la qualification de sa main d’œuvre.

Dans les années 80 et surtout 90, avec le concours de l’Union Européenne, elle était devenue la base manufacturière de l’industrie textile européenne lui permettant d’accéder au rang de premier exportateur industriel d’Afrique en valeur absolue en 1999.

Depuis, la tyrannie du libre-échange est passée par là et la Tunisie a subi de plein fouet la concurrence de la Chine et des pays d’Asie du sud-est qui ont bénéficié de l’ouverture à tout vent du marché européen.

En 2005 l’industrie textile tunisienne est entrée en crise alors qu’elle représentait 40% des exportations, 46% des emplois industriels et 80% de la main d’œuvre féminine du pays. L’industrie du tourisme n’a pu et ne pourra pas prendre le relais à elle seule. La même question se pose aussi en germe à l’économie marocaine.

C’est pourquoi il existe un lien entre tyrannie du libre-échange et crise structurelle de l’économie tunisienne. Les pays européens, à commencer par la France qui est le 1er partenaire économique de la Tunisie et qui n’a comme mot d’ordre que la stabilité de ce pays et de la zone, seraient bien inspirés de revisiter leur soumission au libre-échange mondial et de reconstruire un partenariat privilégié avec les pays du Maghreb. C’est la meilleur aide à la consolidation de la renaissance démocratique de la Tunisie qu’ils pourraient apporter.

En attendant, aujourd’hui, je me sens un peu plus tunisien. 

CherkiPascal CHERKI

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Mardi 18 janvier 2011 2 18 /01 /Jan /2011 08:32

AFP 15.01.11. Un dirigeant du PS, Pouria Amirshahi, a dénoncé samedi l’attitude "indigne" du gouvernement français dans la crise tunisienne, et demandé la démission de Michèle Alliot-Marie qui avait proposé mardi à la Tunisie les conseils de la France pour "régler les situations sécuritaires". "L’attitude du président de la République et de son gouvernement durant la crise tunisienne a été indigne de la France", a déclaré dans un communiqué M. Amirshahi, secrétaire national du PS à la coopération et aux Droits de l’Homme. "Accablantes par leur silence, les autorités françaises n’avaient même pas daigné convoquer l’ambassadeur de Tunisie en France pour exiger l’arrêt des tirs tendus à balles réelles qui ont fait plusieurs dizaines de morts (lors des manifestation), donnant ainsi le sentiment de cautionner les exactions du régime policier de M. Ben Ali", a-t-il dit.

"Pire, au lieu de demander que soient entendues les revendications du peuple tunisien et de sa jeunesse et mis fin à la répression, elle a très officiellement proposé, par la voix de (Mme Alliot-Marie) une coopération policière. Cette diplomatie du cynisme fait honte aux valeurs démocratiques que se doivent de défendre les représentants de la République française", a ajouté le responsable socialiste.

"C’est pourquoi Mme Alliot-Marie n’est à mon sens pas digne de continuer d’exercer ses fonctions de ministre des Affaires étrangères. Je demande sa démission, d’autant plus nécessaire si la France veut assurer des relations constructives et positives avec la Tunisie renaissante", ajoute-t-il.

"Faisant fi des grandes déclarations sur l’imprescriptibilité des droits de l’Homme, pourtant tenues quand ça l’arrange, M. Sarkozy est passé totalement à côté de l’Histoire", a-t-il dit..

Amirshahi

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Mardi 18 janvier 2011 2 18 /01 /Jan /2011 08:31

Vidé de sens, de repères, de qualité, de reconnaissance humaine et finan- cière, le travail n’a jamais eu aussi peu de valeur. Pourquoi? Parce que la logique de rentabilité est devenue le socle d’une idéologie utilitariste qui a mis l’humain à son seul service. Une idéologie qui ne dit pas son nom et qui avance masquée derrière une approche prétendument pragmatique. «On n’a pas le choix, nous sommes dans un monde concurrentiel, il faut sur- vivre... soit vous en êtes, soit vous n’êtes rien»... tels sont les credo de cette nouvelle mystique qui a remanié jusqu’à la travestir l’idée même du travail.

Et au moment où elle s’élabore et s’ancre, la gauche abandonne le champ culturel du travail. Les salariés se retrouvent désemparés et seuls avec le sentiment d’avoir été trompés. L’idée du travail qui demeure paradoxale- ment une valeur noble et centrale de l’imaginaire collectif se mue dans la pratique en une épreuve qui engendre frustration et souffrance.Faute d’une «contre-réflexion» portée et diffusée par la gauche, ils intériorisent le men- songe néolibéral relayé par le management des grandes entreprises qui contamine maintenant les services publics.

Il est donc grand temps pour la gauche de réinvestir le champ du travail. Oui, une autre organisation au service d’un autre choix de société est possible. Cette réappropriation doit notamment permettre de donner des perspec- tives à la mobilisation contre la réforme des retraites. On a vu à cette oc- casion les Français —grévistes, manifestants, fortement soutenus par l’opi- nion publique— rompre avec la résignation. Commencent-ils à exorciser l’intériorisation de l’idéologie dirigeante? Nous le pensons. Forts de cette conviction et de notre engagement, nous souhaitons reconquérir le champ du travail et être à nouveau force de propositions, pour que la société cesse d’être réduite à un marché et reprenne le chemin du progrès social.

PS : vous trouverez l'invitation ici : http://www.unmondedavance.eu/IMG/pdf/050211_reconquete_travail_a5.pdf

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Dimanche 16 janvier 2011 7 16 /01 /Jan /2011 08:36

Primaires: l'aile gauche du PS se prépare à la bataille

Par Matthieu Deprieck, publié le 04/01/2011 à 17:24


Primaires: l'aile gauche du PS se prépare à la bataille

Le porte-parole du Parti Socialiste, Benoît Hamon et le député des Landes, Henri Emmanuelli, s'agacent des propos de Manuel Valls.  

AFP/Jean-Pierre Muller

Les déclarations de Manuel Valls sur les 35h ont agacé les membres du courant Hamon, qui critiquent un coup de com'. Ces derniers restent fidèles à Martine Aubry, mais se préparent au cas où elle jetterait l'éponge pour 2012.

 

Pour réussir une belle polémique, prenez un sujet sensible -les 35 heures pour le PS-, choisissez une période médiatiquement creuse -le dimanche 2 janvier fera l'affaire-, et montez à une tribune de choix -le Grand rendez-vous Europe1/Le Parisien, qui est à la politique, ce que Stade2 est au sport.  

Manuel Valls a parfaitement suivi la recette. Son appel à "déverrouiller" les 35 heures a connu un très large retentissement, s'imposant comme l'événement politique de cette rentrée de janvier. Ce qui pousse ses camarades de l'aile gauche du PS a pensé qu'il s'agit bien d'une simple opération de com', destinée à le replacer dans le jeu des primaires.  

Lors de son point-presse hebdomadaire, Benoît Hamon a ainsi critiqué "une ficelle trop grosse": "Il a voulu jeter un pavé dans la mare pour faire parler de lui, mais il est tout, tout, tout, tout seul sur ce sujet."  

Olivier Dussopt, député de l'Ardèche, estime lui aussi que Manuel Valls a voulu faire un coup, et ajoute que "le buzz ne vaut pas la peine de mettre à bas les réalisations du PS." Avant d'ajouter: "Je crains que ce ne soit aussi un marqueur de sa politique sociale-démocrate."  

Vallas a tendu aux socialistes "un piège médiatique"

Chez Régis Juanico, député de la Loire, lui aussi membre de la gauche du PS, les mots sont un brin plus violents: "C'est un véritable piège médiatique qu'il nous a tendu au sortir de la trêve des confiseurs, un coup de poignard dans le dos des militants. J'étais hier dans ma circonscription, et alors que nous parlions d'entamer cette année du bon pied, voilà qu'un de nos responsables cherche à se singulariser."  

Un "piège médiatique", c'est le sentiment qu'ont les partisans du courant Hamon. Ces derniers critiquent des personnalités médiatiques, telles que Manuel Valls ou Pierre Moscovici, qui choisissent de faire entendre leur petite musique, alors qu'ils ne présentent aucune motion lors des congrès, "qu'ils ne pèsent pas grand chose dans le parti", juge Régis Juanico.  

Cette partie d'échecs n'est qu'une conséquence du choix d'organiser des primaires, commente Henri Emmanuelli, député des Landes: "C'est un jeu de couillons, qui oblige les gens à se mettre dessus." Fidèle à ses convictions, l'élu continue de défendre la candidature du premier secrétaire du PS, en l'occurrence Martine Aubry. Battu lors des primaires pour la présidentielle de 1995 par Lionel Jospin, Henri Emmanuelli avait décidé de lui laisser le siège de premier secrétaire, qu'il avait décroché en juin 1994. Chez l'élu landais, la ligne est claire: le patron du parti est le candidat à la présidentielle. Point.  

Aubry scrutée par l'aile gauche

Et sinon? Sinon, le courant Hamon présentera son candidat. Mais alors, n'est-ce pas risqué d'attendre le début du dépôt des candidatures en juin prochain pour éventuellement se lancer? "On a jamais attendu quiconque pour se préparer", répond Olivier Dussopt, qui confesse que l'aile gauche travaille les dossiers, qui feront la présidentielle.  

A Martine Aubry ensuite de se déclarer assez tôt. "Même si elle attend juin, cela ne l'empêche pas d'avoir une attitude plus significative avant", espère le député de l'Ardèche. "En ce début 2011, elle doit avoir des paroles fortes sur sa candidature", renchérit Régis Juanico.  

Avant cela, le même Régis Juanico espère que "la patronne" réagira aux propos de Manuel Valls lors de la présentation de ses voeux la semaine prochaine pour "rappeler les règles des primaires".  

Voilà Martine Aubry au centre des attentions. Une fois de plus, elle va devoir unir les différentes sensibilités du PS. "Aujourd'hui, il n'y a pas plus de différence entre Hamon et DSK qu'entre Rocard etPoperen dans les années 80. La différence, c'est que François Mitterrand avait réussi à réunir tout le monde dans cette grande baraque qu'est le PS, en leur donnant chacun un appartement", analyse Henri Emmanuelli. Et Martine Aubry ? "Elle a parfois du mal à fédérer tous les courants." 

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Samedi 15 janvier 2011 6 15 /01 /Jan /2011 09:34

L’impitoyable répression policière et militaire contre  les manifestations pacifiques d’une population tunisienne qui ne  supportait plus la misère, le chômage, un avenir irrémédiablement  fermé  et les exactions quotidiennes de la dictature de Ben Ali et de sa  famille, a fait plus de 100 morts. La police et l’armée tiraient à  balles réelles sur les manifestations pacifiques qui ont commencé dans  le sud puis gagné tous le pays, obligeant Ben Ali à décréter le  couvre-feu à Tunis, à y déployer l’armée puis les forces spéciales de la  police avec ses blindés et finalement à prendre la fuite. La Tunisie était une démocratie de façade où Ben Ali  avait gagné les trois dernières élections présidentielles avec des  scores édifiants : 99,45 % en 1999 ; 94,49 % en 2004 et 89,68 % en  2009 ! C’était, en réalité, une dictature impitoyable, classée par  « Reporter sans frontières » parmi les cinq états les plus répressifs du  monde. A l’exception d’un simulacre d’opposition qui dépasse rarement   5 % des voix, tous les partis d’opposition sont interdits. Les  opposants, les partisans des droits de l’Homme, leurs familles, les  artistes, les avocats, les blogueurs, les journalistes, les Tunisiens  ordinaires à qui échappaient une parole contre Ben Ali, subissaient, eux  et leurs familles, une intimidation et une violence permanentes. Des  milliers d’entre eux ont été arrêtés, enlevés, condamnés après un  simulacre de procès à des années de prison. Des centaines d’entre eux  ont été torturés, assassinés. Tous ces faits dénoncés depuis des dizaines d’années par  les organisations de défense des droits de l’Homme n’ont pas empêché  Nicolas Sarkozy d’être le premier des chefs d’Etat (et l’un des seuls) à  féliciter Ben Ali lors de sa « réélection » en 2009, ni de déclarer  lors de l’un de ses voyages en Tunisie, le 28 avril 2008 : « Votre pays s’est engagé dans la promotion des droits universels et des libertés fondamentales » Il est vrai que quelques mois plus tard, le Directeur  général du FMI, Dominique Strauss Kahn,  affirmait à Tunis, fin 2008,  que la Tunisie, celle de Ben Ali, constituait « le meilleur modèle à suivre pour de nombreux pays émergents ». Pendant toute la mobilisation du peuple tunisien,  Sarkozy s’est tu mais son gouvernement monte au créneau pour tenter de  sauver la dictature. L’armée tirait à balles réelles sur une population sans  défense mais le porte parole du gouvernement, François Baroin, affirmait  que condamner la répression serait « faire preuve d’ingérence ». Comme si la présence permanente de l’armée française dans tant de pays africains, « à la demande »  de régimes qui n’ont rien à voir, ni de près ni de loin, avec des  démocraties politiques, ne relevait pas d’ingérences d’une toute autre  ampleur. Le ministre de l’Agriculture, Bruno Lemaire prenait carrément la défense de Ben Ali qui « est quelqu’un qui est souvent mal jugé » mais qui « a fait beaucoup de choses ».  On ne saura pas pourquoi il est mal jugé et si c’est à bon ou à mauvais  escient, ni quelles sont les « choses » qu’il a faites. La ministre des Affaires étrangères, Alliot-Marie, allait encore plus loin en proposant à Ben Ali « le savoir-faire de nos forces de sécurité ».  Proposer à une dictature de l’aider à réprimer, il fallait oser !  Surtout de la part du gouvernement d’un pays qui avait colonisé la  Tunisie pendant 73 ans. François Fillon, au bout de trois jours de fusillade de foules désarmées, déclarait s’inquiéter de l’ « utilisation disproportionnée de la violence » mais renvoyait surtout dos à dos les victimes et le bourreau en « appelant l’ensemble des parties à faire preuve de retenue et à choisir la voie du dialogue ».  Mais comment choisir la voie du dialogue face à un dictateur qui tire  sur tout ce qui bouge ? La seule solution était de le chasser. C’est ce  qu’a fait le peuple tunisien, malgré les conseils du premier Ministre de  Sarkozy. La position de Sarkozy n’avait même pas la franchise de  celle de Roosevelt lorsqu’il déclarait à propos du dictateur  nicaraguayen Somoza « C’est un salaud, mais c’est notre salaud ! ».  Sarkozy se gardait bien de reconnaître que Ben Ali était un salaud mais  un « salaud utile », la pierre angulaire de son projet d’ « Union  méditerranéenne ». Pourquoi, au-delà de la défense de la défense des  intérêts des capitalistes français qui ont investi en Tunisie,  une  telle obstination de la droite et de Sarkozy à défendre la dictature ?  Parce qu’il « vaut mieux Ben Ali que Ben Laden » ? Mais il faut vraiment  avoir la mémoire courte pour ne plus se rappeler que c’est la dictature  du Shah qui avait fait le lit des intégristes toujours au pouvoir en  Iran. Le seul choix des Tunisiens serait-il entre la dictature de Ben  Ali, la dictature des intégristes ou celle de l’Armée dont le premier  Ministre de Ben Ali, Mohammed Ghannouchi, chargé (par qui ?) d’assurer  l’intérim du pouvoir n’est, à l’évidence, que l’homme de paille ? Si ce n’est pas le cas, pourquoi Sarkozy et la droite  ont-ils toujours réservé leur appui à Ben Ali et n’ont-ils jamais  apporté le moindre soutien à l’opposition démocratique et laïque en  Tunisie ? Aujourd’hui, Ben Ali est en fuite,  chassé par l’extraordinaire mobilisation de la population tunisienne. Le  peuple tunisien ne doit pas être spolié de sa victoire : la dictature  de l’Armée ou du clan de l’ancien président ne doit pas remplacer la  dictature de Ben Ali.  C’est pourquoi la gauche, toute la gauche de notre pays  devrait s’engager sans réserve aux côtés du peuple tunisien ; exiger que  l’armée retourne dans ses casernes ; la libération de tous les  prisonniers politiques ; la liberté totale pour les partis politiques ;  la liberté de la presse, des médias et de l’internet ; l’organisation  d’élections législatives démocratiques ; l’élection d’une assemblée  constituante chargée d’élaborer une nouvelle constitution afin de  remplacer celle de la dictature ;  le gel des avoirs de Ben Ali et de  son clan afin de soulager d’autant la dette publique d’un pays mis en  coupe réglée pendant des dizaines d’années par la « famille régnante »,  le clan de Ben Ali  et la « régente de Carthage » ;  la traduction  devant le Tribunal Pénal International du dictateur et de ses complices,  à commencer par son premier Ministre Mohammed Ghannouchi.

D&S, le 14/01/2011 à 20h     

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Samedi 8 janvier 2011 6 08 /01 /Jan /2011 18:03

Quel que soit son candidat, la gauche doit défendre les 35 h, les 60 ans, la réduction du temps de travail !

77 % des Français sont contre la fin des 35 h. C’est logique : 75 % des Français veulent aussi la retraite à 60 ans. Les deux références en matière de durée du temps de travail sur la semaine et sur la vie vont de pair alors que la politique de Sarkozy a créé 4,672 millions de chômeurs officiels, il est « allé chercher le chômage avec les dents », c‘est le record historique depuis 15 ans. Il n’y aura pas de recul du chômage de masse sans réduction de la durée du travail : la question est incontournable et essentielle dans le débat pour la présidentielle de 2012.

La droite se divise sur la meilleure façon d’étouffer la réduction du temps de travail pour mieux « faire travailler plus pour gagner plus – sic» :

- Manuel Valls a ouvert la boîte aux mauvais coups contre le salariat. C’est un branquignol qui, ne connaissant même pas son sujet, se déclare favorable à allonger la durée du travail de « 2 ou 3 h par semaine », tout en conservant une durée légale du travail. Il ne comprend même pas que le seul résultat de cette manoeuvre est la suppression de la majoration de 25 % appliquée pour la 36° heure, 37° heure, 38° heure supplémentaire. Il est vrai qu’en pratique toute attaque contre les 35 h n’a qu’un seul résultat direct : la baisse des salaires. L’autre résultat indirect , c’est qu’en faisant travailler plus ceux qui ont déjà un boulot, cela ne peut qu’aggraver le chômage de masse !

- JF Copé est du côté de Hervé Novelli, cet ancien d’ « Occident vaincra ». Ils veulent mettre tous les deux bas toute durée légale. C’est à dire mettre fin à un ordre public social pour le remplacer par un désordre contractuel, branche par branche,  au gré des desiderata du patronat. Le « contrat » signé au bon vouloir des patrons, l’emporterait sur la loi républicaine abrogée. Plus de 35 h, de 39 h, de 40 h, ce serait à la tête du client, selon qu’on serait dans la métallurgie ou la restauration… 160 ans d’histoire de la réduction du temps de travail depuis la première loi de 1841, seraient effacés. Les journées de 15 h et les semaines de 60 h redeviendraient possibles au détriment de la santé et de l’emploi.

- Le Medef et Mme Parisot ont mille fois affirmé leur volonté de voir la durée légale disparaître. Mais Mme Parisot veut le beurre sans perdre l’argent du beurre : elle conseille de faire disparaitre « la catastrophe des 35 h » , mais « doucement », car elle ne veut pas que les patrons perdent la poule aux œufs d’or, ces subventions de plusieurs dizaines de milliards (22 milliards en 2009 + 4 milliards loi TEPA)  que les employeurs et actionnaires extorquent à l’état depuis dix ans, prétendument, pour « compenser » les 35 h.  Le but est d’allonger la durée du travail, sans perdre les exonérations de cotisations sociales accordées pour celle-ci ! Alors que les heures supplémentaires, déclarées ou dissimulées, ont déjà été augmentées massivement, alors que la durée réelle du travail est sans doute entre 41 h et 42 h par semaine, les patrons, ces assistés, pilleurs de subventions, continuent à toucher des milliards… eux-mêmes tirés des impôts des salariés…

-  Sarkozy esquive : « Les 35 heures de Martine Aubry, uniformes et rigides, ont disparu,   […] 5,3 millions de salariés ont bénéficié des réductions de charge sur  les heures supplémentaires en 2010 ». Il affirme, contre toute évidence, que les 35 h « uniformes » et « obligatoires » n’existent plus mais qu’elles ne sont « pas un tabou ». Ca lui est commode pour semer le trouble : car les 35 h c’est justement une durée légale qui est uniforme, égale, la même pour toutes et tous, dans 100 % des entreprises, pour 100 % des employeurs et salariés. Mais elles ne sont « obligatoires » que comme durée de référence, pas comme durée réelle évidemment. C’est seuil unique de déclenchement des heures supplémentaires, qui sert de base pour le calcul des salaires mensualisés, par exemple du Smic à 151 h 66.  Mais Sarkozy, en année électorale, ajoute, prudent et fourbe, qu’il ne veut pas qu’une nouvelle remise en cause des 35 aboutisse à ce que les salaires baissent… Il sait, lui, ce que Valls ignore, c’est que la fixation d’une nouvelle durée légale à 37 h ou 38 h se traduit par une baisse des salaires… Et il prétend dans le même discours (vouex du 5 janvier 2011) ne pas mettre en cause « la compétitivité des entreprises » c’est à dire cesser de les subventionner …

-  JF Copé lui, en fait une question d’orientation, de principe : il propose que la future campagne électorale présidentielle ait pour base l’annonce de la suppression des 35 h comme durée légale : travailler plus, subventionner moins, gagner moins…  Selon le stupide principe qui a toujours été démenti, « c’est le travail qui crée le travail » Copé, veut idéologiquement battre les socialistes et leur faire avaler leur chapeau, les acculer à renoncer à toute idée de réduction du temps de travail. Il pense qu’il y a là, une faille, grande comme la faille de Saint Andréa. S’il conforte le « travailler plus pour gagner plus »,  Sarkozy sera idéalement offensif en 2012 et le candidat de la gauche, quel qu’il soit, sera en permanence sur la défensive. Sarkozy touille déjà le plat en jubilant :  «Je suis  heureux que les conséquences défavorables des 35 h soient aujourd’hui reconnues au sein de toutes les grandes familles politiques »

Assez de silence, d’hésitation à gauche, il faut trancher !

En face de cela, la gauche et son candidat, surtout celui qui sera le mieux placé pour le deuxième tour, ne peuvent esquiver la question. Sous peine d’arriver en « demi sarkozyste », sous peine de choquer, décevoir, démobiliser l’électorat de gauche, c’est à dire l’écrasante majorité du salariat, sous peine de semer le doute, la gauche doit impérativement confirmer, argumenter clairement pour la réduction du temps de travail.

Il faut prendre position, il y a 5 millions de chômeurs ! Jamais, même « un retour de la croissance » ne suffira à faire reculer ce chômage de masse. Le seul moyen de redistribuer les richesses c’est de partager les gains de productivité, de réduire les durées réelles du travail pour forcer employeurs et actionnaires à embaucher plus pour produire  plus.

Le bon slogan en face du « travailler plus pour gagner plus » c’est « Il faut travailler mieux, moins, tous ET gagner plus ».

Il faut trancher, tranchons !

Car le silence est insupportable, l’embarras se sent. Le dessin en « une » du Canard enchaîné de cette semaine est terriblement efficace : Benoit Hamon appelle Valls à « rentrer dans le droit chemin » et Valls lui répond : « - Mais où il est, le droit chemin ? »

Combien de fois y a t il référence dans les textes du PS, adoptés dans les quatre conventions de 2010, aux 35 h ? Zéro fois, sauf erreur.

Pourtant il ne peut y avoir « d’égalité réelle » sans recul du chômage de masse et, donc, sans réduction forte, encadrée, « verrouillée » du temps de travail. Ceci étant valable sur la semaine, sur l’année, et sur la vie : car nul ne peut comprendre que le nombre d’annuités de cotisations pour la retraite soit porté à 41,5 alors qu’il y a 5 millions de chômeurs. Cela reviendrait à annuler sur la vie la réduction de temps de travail effectif sur la semaine.

Il faut s’orienter vers l’encadrement intelligent des 35 h hebdomadaires :

-       Abaisser la durée maxima du travail de 48 h à 44 h.
-       Rendre les heures supp’ plus coûteuses que l’embauche en les majorant à 50 % dés la première heure
-       Abaisser le contingent annuel et en revenir à une limite de 130 h
-       Imposer deux jours de repos consécutifs incluant le dimanche
-       Soumettre les heures supp’ à un « avis conforme » des IRP (CE ou DP, CHSCT)
-       Rétablir un système de contrôle fiable et transparent des horaires réels, avec contrôle renforcé et sanctions par l’inspection du travail.

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Samedi 8 janvier 2011 6 08 /01 /Jan /2011 18:01

Plutôt que d'écouter les sottises de Manuel Valls, ou celle de François Baroin, il faut consulter les statistiques de l'OCDE pour savoir quel est le temps de travail hebdomadaire moyen en France.

Il était de 38 heures en 2009, comme depuis 7 ans.

En Allemagne par contre, le temps de travail est plus ou moins de 36 heures, sur la même période. Les Hollandais ne font même pas 31 heures hebdomadaires !

 

En terme de productivité, l'heure de travail en France est supérieure à l'Allemagne, alors que le PIB par habitant est inférieur.

Ce n'est donc pas la faute des travailleurs si l'économie française est moins performante que sa voisine, ce doit donc être celle des chefs d'entreprise, et de la politique économique, qui peinent à résorber le chômage (en 2009, 9,5 % pour la France contre 7,5 pour l'Allemagne).

 

 

«Les pays qui ont le plus réduit le chômage sont ceux qui ont augmenté le temps de travail», disait Nicolas Sarkozy en juillet. Les chiffres nous montrent exactement l'inverse.

 

«Les 35 heures ont détruit la compétitivité» continuait Nicolas Sarkozy en pensant que les citoyens sont incapable de vérifier les données par eux-même :

La compétitivité française s'est au contraire améliorée de 1997 à 2002. Pendant toutes ces années  la France avait un excédent extérieur compris entre 20 et 30 milliards d'euros. Depuis 2003 (retour aux 38 heures), le solde extérieur n'a cessé de fondre, pour se transformer en un déficit croissant à partir de 2005, atteignant plus de 40 milliards en 2009.  (Médiapart)

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Mercredi 5 janvier 2011 3 05 /01 /Jan /2011 19:26

 

 

Je vous souhaite une bonne année 2011,

 

Benoît Hamon

Porte parole du Parti socialiste

 

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Mercredi 5 janvier 2011 3 05 /01 /Jan /2011 19:26

Voilà Valls qui persiste et croit bon d’expliquer aujourd’hui qu’il propose que les salariés travaillent deux ou trois heures de plus…
Donc, il propose de baisser de 25 % ce que gagnent ces salariés lorsqu’il arrivera que leur patron leur fasse faire 2 ou 3 h de plus au-delà de 35 h…
Son seul truc, c’est de baisser les salaires…

Mais cette histoire joue le rôle d’un révélateur essentiel : Arnaud Montebourg a cru bon d’affirmer que « les 35 h n’existent plus », Pierre Moscovici a affirmé que « la droite avait défait tous les verrous, s’il y en avait, des 35 h », Jack Lang s’en est mêlé pour dire que « les 35 heures ont été déjà partiellement détricotées, réadaptées».
 
Ils font tous erreur. Erreur totale. Les 35 h existent. Elles s’imposent même à 100 % des salariés, à 100 % des employeurs.

C’est une durée légale d’ordre public social à 100 % valable dans toutes les entreprises, toutes les branches, tous les métiers, tous les statuts. Ceux qui sont à 34 h sont « à temps partiel » parce que le temps partiel commence en-dessous de 35 h.Ceux auxquels leur employeur fait faire 37 h, ont 2 heures majorées à 25 % parce que la majoration commence à la 36 ° heure, etc. Les salaires se calculent sur 151 h 66, etc..
Les 35 h c'est une durée légale, pas une durée réelle.
Il y a différentes sortes de durées du travail dont la durée maxima de 48 h par semaine qui comme la durée légale s'applique à 100 % des salariés. Le Medef veut la supprimer comme durée de référence. Et les autres aussi d’ailleurs…
 
Il y a aussi la « durée du temps de travail effectif » qui est décisive et brouille les notions de durée légale et de durée maxima :  car elle est à ce jour définie comme « le  temps ou le salarié est soumis aux directives de l’employeur sans pouvoir vaquer à ses activités personnelles ». Cela aboutit à enlever (à tort) les temps d’habillage de casse-croûte, de pause.((loi de Pétain du 28 août 1942)  du temps de travail effectif des 35 h ou des 48 h.
Je m’étais battu en fév-mars 1998 et en oct-nov 1999 pour définir  le temps de travail effectif comme étant celui ou « le salarié est subordonné à l’employeur ». (ce qui était plus clair, plus simple, plus  rigoureux et en relation avec la définition du contrat de travail).
Mon lobbying avait gagné deux fois en première lecture à l’Assemblée nationale…(Voir le JO du 18/19 mars 1998). C’est le Medef, appuyé sur le Sénat (et la caisse noire de l’UIMM)   qui avait fait le siége de Martine Aubry et de Lionel Jospin pour empêcher cela.
 
Alors le Medef raffole de tout ce qui rend confus la compréhension de la durée légale. Il raffole qu’on dise que les 35 h n’existent plus, ça l’aide à faire rentrer sa suppression dans les faits.
La durée légale s'applique à tous. À 100 %.  Si on ouvre la porte à l'incompréhension de cette question, on ouvre la porte au Medef qui ne rêve que de brouiller la notion de "durée légale" pour la supprimer ensuite. Il fera pareil après pour la durée maxima en Europe où ils veulent remettre en cause la durée maxima de 48 h en faveur de 65 ou 72 h
 
 
Rappelons une question d’importance centrale lors de la dernière présidentielle et qui vaut encore davantage pour la prochaine :  :

Ségolène Royal avait affirmé en juin 2007 dans le Nouvel Observateur :
"le Smic à 1.500 euros brut dans cinq ans où la généralisation des 35 heures sont deux idées qui étaient dans le projet des socialistes, que j'ai dû reprendre dans le pacte présidentiel, et qui n'ont pas été du tout crédibles"….  "Moi-même j'avais un doute là-dessus", disait-elle !  
« Durant la campagne, elle s'était engagée (rarement) à porter le Smic à 1.500 euros brut en cinq ans et s'était montrée évasive sur la question des 35 heures, la renvoyant à la négociation sociale sans jamais s'opposer ouvertement à leur généralisation, prévue dans le projet du PS » commentait le Nouvel Obs.
 
Toutes ces lignes ci-dessus étaient déjà  stupides. L'idée même qu'il y ait à "généraliser" les 35 h étaient une bêtise, car elles le sont, elles sont généralisées ! à 100 %. De même que l’idée formulée par Ségolène Royal que « les 35 h avait nui aux salariés les plus démunis »… était une autre grosse bêtise ! Enorme ! Les 35 h ne peuvent faire que du bien, à tous, à toutes !
 
Oui, disent certains gogos, mais elles ont fait de la flexibilité… NON ! par définition les 35 h sont inflexibles. La flexibilité, c’est ne pas avoir de durée légale de référence.
 
Oui, mais l’intensité du travail a été augmentée. Peut-être mais malgré les 35 h, à cause des patrons qui cherchaient à récupérer violemment les 35 h, est-ce surprenant ? De toute façon s’il doit y avoir travail intensif mieux vaut que ce soit en 35 h qu’en 39 h…
 
Oui, mais les salaires ont été bloqués… NON pas à cause des 35 h, à cause des patrons, et des syndicats qui ont signé des accords en ce sens, car les 35 h étaient conçues comme hebdomadaires, sans perte de salaires et ne pouvaient se faire « a profit constant »
 
Hélas François Rebsamen, directeur de campagne de Ségolène Royal, écrivait en 2007 dans son livre « de François à Ségolène » :
« Notre adversaire (Nicolas Sarkozy) défendait qu’il fallait « travailler plus pour gagner plus »… en face, que dire ? On ne pouvait pas être contre »… (sic)
 
C’est sur cette question, de façon condensée, que Lionel Jospin a gagné les élections de juin 1997 en adoptant le 27 avril 1997 le slogan « 35 h hebdomadaires sans perte de salaire »
 
C’est sur cette question, de façon condensée, que Ségolène Royal a perdu en avril-mai 2007.

C’est sur cette question, de façon condensée, que se jouera l’élection de 2012.

Car il faut défendre correctement les 35 h (comme il aurait fallu les faire correctement). Il faut l'expliquer, et aborder les autres points du code du travail concernés :
Il faut des mesures pour rapprocher la durée réelle du travail de la durée légale
- Abaisser la durée maxima du travail de 48 h à 44 h.
- Rendre les heures supp’ plus coûteuses que l’embauche en les majorant à 50 % dés la première heure
- Abaisser le contingent annuel et en revenir à une limite de 130 h
- Imposer deux jours de repos consécutifs incluant le dimanche
- Soumettre les heures supp’ à un « avis conforme » des IRP (CE ou DP, CHSCT)
- Rétablir un système de contrôle fiable et transparent des horaires réels, avec contrôle renforcé et sanctions par l’inspection du travail.
 
Travailler mieux, moins, tous et gagner plus, tel est le bon slogan !
 
Ça va recommencer gravement pour la prochaine campagne présidentielle.
 
JF Copé a compris la faille idéologique grave de la direction du PS sur les 35 h : elle n'y croit plus assez, elle ne sait pas comment les défendre, elle s'emmêle là-dessus.
 
Il suffit de lire que Le Foll et F Hollande reprochent à Valls de « prendre le problème à l’envers » et ensuite ils s’enferrent dans un langage et des propositions absconses, illisibles…
 
Donc, Copé veut et propose publiquement avec insistance, que la prochaine campagne présidentielle ait pour but de défaire les 35 h officiellement... Sarkozy hésite à lui donner raison, Xavier Bertrand est contre, mais ils iront finalement dans ce sens car ils peuvent sentir que le PS est embarrassé et n'y va pas franchement... alors le problème va apparaître au grand jour devant des dizaines de millions de gens. Trop tard ?
 
Valls, par ses propos, fait le lit du Medef et de la réélection de Sarkozy sur ce point.
C’est le même problème que sur la défense des retraites à 60 ans à taux plein ou non.
On doit, pour gagner en 2012, réduire en bouillie, là-dessus, les idées des néolibéraux.
 
Il faut défendre les 35h hebdomadaires, elles existent, elles s'appliquent, renforçons les
Travaillons mieux, moins, tous pour gagner tous plus. 

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Mardi 4 janvier 2011 2 04 /01 /Jan /2011 12:36

Est-ce que les 35 h sont « verrouillées » ?
Contre l’ignorance totale de Manuel Valls et de quelques autres
25 questions-réponses rapides sur les 35 h
(presque) tout savoir sur les 35 h  

Ce que Manuel Valls a dit exactement :
« Oui, nous devrons déverrouiller les 35 heures, qui n'existent déjà plus réellement. Cela doit permettre aux Français, pour ceux qui ont la chance d'avoir un emploi, de travailler davantage en gagnant plus, deux heures, trois heures, sans avoir recours forcément aux heures supplémentaires qui ont beaucoup coûté à l'Etat et à l'économie française". Pour ceux qui n’ont pas de travail, l’allégement du coût du travail, devra relancer l’embauche (...) "
"Le monde a changé depuis 1997 et nous aussi (...).… Est-ce que dans le monde tel qu’il est avec la  concurrence que nous connaissons, est ce que nous pouvons nous permettre d’être sur des idées des années 70, 80, 90 ? Non ! il faut donc dépasser la question des 35h au-delà des bénéfices qui ont concerné notamment le temps de vie des salariés, de la flexibilité qui a pu représenter dans les entreprises, Je prône un dépassement des 35 heures, au nom même d'une augmentation des salaires, d'une augmentation du pouvoir d'achat."  (Europe 1 verbatim)

verrouiller, verbe transitif
Sens 1 Fermer en actionnant un verrou. Anglais to bolt
Sens 2 Bloquer, empêcher le passage.
Sens 3 Contrôler quelqu'un ou quelque chose, bloquer une action ou une situation
verrouiller : 2 synonymes : cadenasser, fermer.


 
Ce qu’a dit Manuel Valls témoigne de son incompétence totale en droit du travail, en économie, en histoire. Ce garçon n’a jamais travaillé, il n’y connaît rien, il ignore et méprise des millions de salariés, qu’il s’oblige donc à faire femme de service dans les écoles de sa circonscription et au bout de quelques mois où il aura passé la serpillière dans les réfectoires, il sera pour les 35 h et réclamera à coup sur le paiement majoré d’heures supplémentaires… …
 

1°) Est ce que les 35 h sont  « verrouillées » ?

Il n’y a aucun verrou. D’aucune sorte. Les 35 h ne sont que la durée légale du travail. Elles ne sont que le seuil de déclenchement des heures supplémentaires. Le seul verrou existant est la durée maxima qui est de 48 h hebdomadaires. Avec les 35 h il y a place pour 13 h supplémentaires hebdomadaires, davantage que du temps des 39 h ou il ne pouvait y avoir que 9 h supplémentaires par semaine.

2°) Est ce que les 35 h sont un carcan ?
 
C’est Copé qui félicite Valls de le rejoindre pour « sortir du carcan dogmatique hérité de Madame Aubry, c'est aussi se donner une arme de plus dans la cruciale bataille contre le chômage». Il n’y a aucun carcan. D’aucune sorte. C’est ce que Xavier Bertrand a répondu a Copé : il y a une scission sur ce point…  au sein de l’UMP : le chef de l’UMP attaque le ministre du travail UMP en épaulant Valls.  
 
3°) Est ce que les 35 h n’existent déjà plus réellement ?

C’est malheureusement ce que dit Montebourg, député PS et lui aussi candidat aux primaires socialistes : « Les 35 heures n'existent plus, donc évidemment rouvrir ce débat est inutile ». Arnaud Montebourg n’y connaît rien non plus. Les 35 h existent. Elles s’imposent même à 100 % des salariés, à 100 % des employeurs. C’est une durée légale d’ordre public social valable dans toutes les entreprises, toutes les branches, tous les métiers, tous les statuts.  
 
4°) Est ce que les 35 h empêchent les Français de travailler davantage ?

Emballé par Valls, Yves Jégo déclare : « N'attendons pas 2012 pour déverrouiller les 35 heures qui plombent la croissance française depuis 10 ans et ouvrons à nouveau le débat du + travailler plus + et du + travailler mieux + comme Jean-François Copé l'a proposé à juste titre, suivi par Manuel Valls ».  
C’est aussi stupide : la meilleure année depuis un siècle de la croissance française, de l’emploi en France, c’est l’année 2000 année de la mise en place des 35 h. 400 000 emplois de plus. C’est la meilleure année sociale de toutes les annales. Moins de précaires, hausse de la masse salariale, toutes les caisses de protection sociales étaient au vert… Ce avant que la droite depuis 8 ans ne mène notre pays à la catastrophe économique et sociale en revenant en arrière.
 
5°) Est ce que les 35 h empêchent de travailler deux ou trois heures de plus ?
 
Stupide aussi. Il y a place pour 13 supplémentaires mensuelles majorées par semaine. Quant au contingent annuel maximum d’heures supp’, il était de 91 h dans la métallurgie en 1995, de 120 en général lorsque le patronat signait l’accord du 31 octobre 1995 considérant que les heures supp’devaient être « exceptionnelles et imprévisibles » et alors que se préparait la 1° loi De Robien finançant les 35 et les 32 h pour les entreprises « volontaires ». (Ce qui coûta le très cher, mais resta limité à quelques milliers de salariés). C’est la droite qui a tenté la première loi de réduction du temps de travail, par accord.
 
 
6°) Est ce qu’à cause des 35 h on travaille moins que les autres pays ?

Mais non bien sûr ! Nous sommes dans la moyenne européenne : la durée hebdomadaire du travail en 2007 de l’ensemble des actifs était de 37 heures en France, pour 37,3 heures dans l’Europe des 15. C’est presque une heure de plus qu’en Allemagne (36,2 h), une heure et demie de plus qu’au Danemark (35,5 h) et dans les pays Nordiques, et presque cinq heures de plus qu’en Hollande (32,2 h). (Cf. « Salariés si vous saviez, Ed la découverte, 2008)
Mais surtout ce sont les pays les plus pauvres qui ont les durées du travail les plus longues !Et les plus riches les durées du travail les plus courtes !
 
Le « Sortir de l’euro où sortir des 35 h » selon Gérard Longuet est donc une autre de ces phrases stupides qui ne veulent rien dire.
 
7°) Est ce que le monde (du travail) a changé depuis 1997 ?

Bah oui. Il y a davantage de chômeurs, les records mondiaux sont battus. Le néo-libéralisme et la dictature de la finance tend à ramener les durées du travail réelles au niveau du XIXe° siècle, avec souffrance, stress, contre la santé, et contre l’emploi. Sarkozy est allé chercher le chômage avec les dents : les chiffres de décembre 2010 en France, c’est le plus haut niveau de chômage depuis 15 ans… Il n’y aura pas de réduction du chômage de masse, sans réduction du temps de travail.
 
8°) Est ce que les 35 h sont une idée des années 70, 80, 90 ?

C’est un progrès historique. L’histoire du code du travail EST l’histoire de la réduction du temps de travail. De 1840 à 1920, il a fallu 80 ans pour passer de la journée de 17 h à la journée de 10 h. de 1936 à 200 il a fallu 70 ans pour passer de 40 h à 35 h : en 70 ans, on a réussi (malgré une guerre mondiale et deus guerres coloniales) à réussir 4 choses en même temps :
-       produire plus
-       créer plus d’emplois
-       travailler moins longtemps
-       gagner plus
Et Valls et Copé voudrait faire tourner la roue de l’histoire à l’envers ? Revenir sur les congés payés ? sur la Sécu ? Oui ils le veulent… Valls aussi ?
 
9°) Est ce que les 35 h coûtent cher aux entreprises ?

Les 35 h ne devaient pas se faire à « profit constant » mais comme un moyen de redistribuer emploi et richesses. Mais non, le Medef a « mené la guerre » depuis 13 ans aux 35 h. Il ment en prétendant que ça coûte trop en fait pour refuser de négocier les salaires.  Mais ses profits n’ont jamais été aussi énormes, la France n’a jamais été aussi riche.
 
10°) Est ce que les 35 h coûtent cher à l’état ?

Ça coûte à l’état qui prend sur les impôts que paient les salariés : parce que l’état redistribue d’énormes sommes pour faire du patronat des assistés. L’assistanat dans ce pays, c’est d’abord pour les patrons. Entre 30 et 45 milliards d’exonérations de cotisations sociales de 1 à 1,3 fois le Smic  ce qui va en premier dans les poches du CAC 40. Pareille pour la loi TEPA qui enlève les cotisations sociales sur les heures supp’.
 
11°) Est ce que les 35 h  ont déjà été détricotées  ?

Jack Lang :« Les 35 heures ont été déjà partiellement détricotées, réadaptées». Encore une fois ça ne veut rien dire ! les 35 h c’est un chiffre, un repère unique pour la durée légale. Une loi d’ordre public social. Pour 100 % des salariés. Ça ne peut pas se « détricoter »…
 
Et Pierre Moscovici qui explique a Valls qu’il n’y a plus rien à faire, car tout a été fait : « si vous prenez tout ce que la droite a fait depuis 2002 avec les 35 heures, les verrous, s'il y en avait, ont été totalement levés» (Moscovici) Il n’y connaît rien non plus.  Il n’y avait pas de verrous, ils ne sont pas levés, tant que les heures supp’restent majorées dans la loi.
 
12°) Est-ce que les 35 h ont bloqué les salaires ?

Pas les 35 h ! Lionel Jospin (et c’est ce qui l’a fait gagner les élections le 1er juin 1997)  a proclamé les 35 H HEBDOMADAIRES PAR LA LOI SANS PERTE DE SALAIRES. Ce sont les patrons qui ont bloqué les salaires. Mais même dans les accords, il y a eu des cas infinitésimaux prévoyant un « gel » des salaires en contrepartie des 35 h : c’était là où les syndicats étaient faibles. C’est vrai que le Medef et la droite ont fait forcing pour affaiblir l’application concrète de la loi, son contrôle… mais c’est parce qu’il n’y a pas eu assez de sanctions en cas de non-respect des 35 h pas parce qu’il y en a eu trop…  
 
13°)  Est-ce que les 35 h ont été annualisées ?

Ce n’était pas par la loi ! Mais par accord. Dans moins de 0,3 % des cas, il y a eu des accords d’annualisation ou de modulation. Ils sont mauvais : car ils reviennent à rendre les heures supplémentaires invisibles et non majorées. Il fallait que des syndicats acceptent de signer ce genre de recul !
En fait le patronat n’aime pas les usines à gaz ou il est contraint de signer ave des accords avec des syndicats. Il cherche toujours à faire autrement et les heures supp c’est ce qu’il y a de plus simples, il y  fait recours dans 76 % des cas pour ajuster les horaires…  
 
14°) Est ce que les 35 h ont été annulées par la flexibilité ?

Mais par définition les 35 h sont inflexibles. La flexibilité s’oppose aux 35 h, elle cherche à moduler la durée légale, la durée maxima, le taux des heures supp’… mais tant qu’il reste un ordre public social avec un chiffre unique de repère, les 35 h sont là.
 
15°) Est-ce que la loi TEPA a réglé la question des 35 h ?

Non, elle a poussé à des heures supp’ en les faisant payer en partie par l’état (par les impôts de salariés). Cela revient à faire travailler plus ceux qui ont un travail au détriment de ceux qui n’en ont pas. Ça coûte cher et cela a mal marché : 4 milliards qui vont dans la caisse des patrons et augmentent le nombre de chômeurs non embauchés.
 
16°) Est ce que les 35 h sont fraudées ?

Oui, c’est le principal problème.
malgré l’offre d‘aubaine de la loi TEPA, le patronat dans sa majorité a préféré continuer à ne pas reconnaître ni payer les heures supp’ qu’il impose a ses salariés. Il y a 1 milliard d’heures supp ‘ dans ce pays qui ne sont pas déclarées, pas majorées et même pas payées du tout, ce qui est l’équivalent de 600 000 emplois.
C’est le principal gisement, 85 % du travail dissimulé, la principale fraude ; le principal vol que subisse les salariés, la principale source de délinquance patronale. Là, il faudrait sévir et sanctionner dur ces voleurs.  
 

17°) Est ce que les 35 h  n’ont pas d’effet dans les petites entreprises ?

Mais si ! elles s’imposent à toutes les petites, moyennes et grandes entreprises. Même Alain Vidalies ne rend pas compte de la vérité  quand il écrit : "Par exemple, Valls met en garde [les socialistes] contre une généralisation des 35 heures aux PME. Mais c'est François Fillon, en 2003, qui l'a mise en place." Alain Vidalies. Non !

D’abord les socialistes envisageaient les 35 h avec heures supp' à 25 % ensuite, partout, en 1999, puis  des pressions en interne (Guigou, Fabius) ont permis que la majoration à 25 % ne s’applique pas temporairement pour les entreprises de moins de 20 salariés (plus de 5 millions de salariés). Il en fut ainsi, hélas dans la loi Aubry II.
Mais selon la gauche, à partir du 1er janvier 2003, la majoration devait passer là aussi de 10 % à 25 % pour les heures comprises en 35 et 39 h.
C’est la droite (Fillon en 2002) qui a repoussé cette date. Donc 5 millions de salariés des moins de 20, de ce fait ont continué de 2003 à 2007 à faire des heures supp qui n’étaient majorées que de 10 % au lieu de 25 % ailleurs : la droite faisait travailler plus en gagnant moins.
Puis la loi TEPA a encore modifié cela à partir du 1er octobre 2007 : toutes les heures, même dans les moins de 20, sont devenues majorées à 25 % (Mais défiscalisées et subventionnées).
Puis la droite incohérente, en août 2008, par la loi Bertrand a permis de passer outre à… la majoration, « par accord ». Elle a même voulu que tout ce qu’il y avait d’écrit sur le taux des heures supp’ dans les accords et conventions collectives soit annulé et renégocié : mais c’est le Conseil constitutionnel qui a censuré ce point  et maintenu les 185 conventions collectives de ce pays qui reprenaient les 25 % de majoration.
 
18°) Est-ce qu’il est déjà possible de déroger aux 35 h ?

Oui, depuis la loi Bertrand, par « accord » avec des syndicats représentant une majorité des salariés concernés. Ce fut le cas à Continental et dans un certain nombre de cas phares ou le patronat fit chantage à l’ordre public social, obligeant les salariés sous peine de chômage à travailler plus sans que les heures supplémentaires soient majorées… et puis les patrons de Continental, après avoir fait avaler cet accord,   ont quand même fermé et licencié.
En fait c’est ce que Copé et Valls voudraient imposer a tout le pays, l’accord initial de Continental.
 
19°) Est ce que les RTT ont été supprimées ?

Oui, il y a eu certains textes pour faciliter les « forfaits » sans contrôle et avec moins de jour de RTT parmi les cadres notamment, avec parfois une définition extensive et contestable du statut de « cadre ». Cela a été repris dans des conventions collectives et autres (mauvais) accords sous la pression du patronat.
Mais cela n’existe pas par la loi mais dans des accords dérogatoires (loi Fillon du 4 mai 2004 et de Bertrand d’août 2008) si ces accords sont signés par des syndicats majoritaires (il faut pour cela qu’ils capitulent devant les employeurs, cela reste donc l’exception.
 
20°) Est ce que les 35 h n’existent plus pour les cadres ?

Les cadres sont aux 35 h, de droit commun comme tous les salariés. En fait, nul ne peut les faire travailler plus de 10 h par jour, ni plus de 48 h par semaine ! Les « forfaits » doivent être contrôlés, ils ne sauraient être implicites, ils doivent être écrits de façon détaillée avec calendrier si modulation et RTT, signés par des syndicats majoritaires, et ils ne peuvent servir à ne pas payer les heures supplémentaires. En cas d’annualisation, les heures supp’ dépassant le « forfait » doivent être comptabilisées et payées majorées.
 
Le contingent annuel d’heures supp’ fixé à 120 et 130 heures par la gauche a été porté à 180 puis 220 h par Fillon.  (avec possibilité de dérogation par branche, c’est 230 ans dans la poissonnerie, 380 h dans la restauration…) Au-delà du contingent, la majoration des heures supp’ était de 100 %... ce qui fait qu’en reculant la limite du contingent, la droite a fait travailler plus en gagnant moins.
 
21°) Est ce qu’il faut « étendre » les 35 h ?

Non, elles sont étendues. Les 35 h art 1 de la loi Aubry sont une loi magnifique, la plus avancée au monde.
Mais on pourrait prendre des mesures pour rapprocher la durée réelle du travail de la durée légale
-       Abaisser la durée maxima du travail de 48 h à 44 h.
-       Rendre les heurs supp’ plus coûteuses que l’embauche en les majorant à 50 % dés la première heure
-       Abaisser le contingent annuel et en revenir à une limite de 130 h
-       Imposer deux jours de repos consécutifs incluant le dimanche
-       Soumettre les heures supp’ à un « avis conforme » des IRP (CE ou DP, CHSCT)
-       Rétablir un système de contrôle fiable et transparent des horaires réels, avec contrôle renforcé et sanctions de l’inspection du travail.
 
22°) Et si on repassait aux 40 h ?

Faire machine arrière toute 70 ans en arrière, cela ne reviendrait qu’à une seule chose : abaisser les salaires
Car des millions de salariés perdraient la majoration de 25 % pour les heures entre 36 et 40.
ET il y aurait un million de chômeurs de plus au bas mot.
 
23°) Est ce que supprimer les 35 h ça augmenterait les salaires ?

Ça les baisserait automatiquement pour ceux qui feraient des heures supp’. Et pour tous les autres qui auraient encore moins de travail à se répartir.
 
24°) Et si on augmentait le nombre autorisé d’heures supplémentaires ?

Il est déjà énorme et parfois heureusement inatteignable. Les Britanniques en effet pratiquent l’opt out. (Article 18 de la directive 93-104) Sarkozy a tenté de faire passer la semaine de 65 et de 72 heures quand il présidait l’Europe en décembre 2008 : il a été battu heureusement par le Parlement européen. Mais la directive sur le temps de travail est toujours sur la table en Europe… Danger !
 
25°) Et s’il n’y avait plus de durée légale ?

C’est le rêve absolu du Medef.  Il ne cesse de revendiquer cette « solution » … finale. Cela casserait tout repère, aussi bien pour la durée que pour les salaires. Plus de Smic à 151 h 66. Plus de « grilles de salaires « conventionnelles.Faire fluctuer, rendre confus, pour mieux couler tout le droit du travail.


Gérard Filoche, le 3 janvier 2011
Par Un Monde d'Avance Gard - Publié dans : UMDA Gard - Communauté : Un Monde d'Avance Gard
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