L’actualité marquée par l’aggravation de la situation économique et sociale et la prévision, maintenant officielle, d’une forte récession en 2009 doivent nous inciter à nous tourner vers les
Français et à hausser l’attitude et les propositions du parti à la hauteur des enjeux et de leurs difficultés. De ce point de vue, il rappelle que l’approfondissement de la crise ne rendra pas
forcément et automatiquement le discours de l’opposition plus audible par les Français. Il note la ligne du discours du Premier ministre la veille lors du dîner du CRIF et le matin même sur
Europe 1 qui consiste à utiliser l’aggravation de la crise pour caractériser toute revendication comme irréaliste et toute proposition de l’opposition comme fantaisiste, démagogique, sans
lien avec la réalité. L’exigence de rassemblement et de crédibilité dans la présentation de nos propositions n’en n’est que plus forte.
Une situation dramatique
Le mois de janvier s’est soldé par un triste record, celui de l’augmentation du nombre de demandeurs d’emploi. L’effondrement de l’intérim, l’augmentation des entrées pour fin de CDD et
l’accélération des réductions d’effectifs renforcent les inquiétudes sur les mois à venir. Dans ce contexte, la prévision de l’Unedic d’une augmentation de 282.000 demandeurs d’emplois en 2009
semble d’ores et déjà obsolète.
Une dégradation de l’emploi sans précédent
L’année 2008 et le début 2009 sont marqués par une explosion du nombre de demandeurs d’emploi et par d’importantes destructions de postes, qui affectent en
premier lieu les salariés les plus précaires.
Une fin d’année 2008 et un début 2009 marqués par l’explosion du nombre de demandeurs d’emplois
Le mois de janvier se caractérise par un triste record, le nombre de demandeurs d’emploi a explosé, avec 90.200 demandeurs supplémentaires, soit une
hausse historique de 4,3% sur un mois et de 15,4% par rapport à janvier 2008. C’est la plus forte hausse mensuelle depuis la création des statistiques.
La hausse de janvier succède à une remontée déjà très forte du nombre de demandeurs d’emploi les mois précédents. En décembre, le nombre de demandeurs d’emploi avait augmenté de 2,2% (45.800
demandeurs supplémentaires). En novembre, le nombre de demandeurs d’emploi s’était accru de 64.000, après 46.700 en octobre.
En six mois, cela revient à 280.000 demandeurs d’emplois supplémentaires, soit plus que la hausse de l’ensemble de 1993, et près de 250.000 en quatre mois.
Au total, on comptabilise aujourd’hui plus de 2,2 millions de demandeurs d’emplois. Le nombre de demandeurs d'emplois de catégories 1, 2 et 3 hors activité réduite, recouvrant les personnes
disposées à accepter y compris un temps partiel, un CDD ou un intérim, a augmenté de 4,1% sur un mois, à 2,298 millions, et de 13,2% sur un an.
Par ailleurs, ces chiffres ne tiennent pas compte des salariés placés en situation de chômage partiel, qui conservent leur contrat de travail mais subissent d’importantes baisses de revenus, et
des plans sociaux décidés en janvier, qui ne produiront leurs effets sur le nombre de demandeurs d’emploi que dans les mois à venir.
Les salariés précaires sont les premiers touchés par la remontée du chômage
La crise de l’emploi affecte en premier les publics les plus fragiles, et notamment les jeunes. Le nombre d’inscrits de moins de 25 ans a augmenté de 5,1% en
un mois et de 23,1% sur un an. Le nombre de chômeurs de longue durée s’est également fortement accru, le nombre de demandeurs d’emploi inscrit depuis plus d’un an a augmenté de 3,8% sur un mois
et de 8,6% sur un an.
Les salariés aux contrats les plus précaires sont les plus touchés. Bien que le nombre de licenciés suite à des plans sociaux augmentent, la majorité des inscris à Pôle emploi provient de la fin
de contrats. Ainsi, les fins de CDD représentent plus d’un quart des entrées à Pôle Emploi, avec plus de 104.000 nouveaux inscrits, et 42.900 pour les fins de missions d’intérim.
Tous les motifs d’entrée à Pôle emploi ont progressé : les entrées pour motif de licenciement économique augmentent de 23,5% sur les trois derniers mois par rapport aux trois précédents
(17.600 entrées en janvier), et celles pour fin de CDD de 7,2%. Les entrées pour fin de mission d’intérim ont augmenté de 7,8% sur les trois derniers mois. Bien que les contrats précaires
constituent donc toujours la majorité des entrées à Pôle emploi, l’évolution des inscriptions pour licenciements économiques montrent que le noyau dur des salariés en CDI est progressivement
atteint par le chômage.
Parallèlement, signe de la dégradation de la situation de l’emploi, les sorties de Pôle emploi de catégorie 1 ont diminué de 3.300 sur un mois et ont baissé au cours des trois derniers mois de 5%
par rapport aux trois mois précédents. Les sorties pour reprise d’emploi diminuent de 11%.
Des destructions de postes massives en 2008
Depuis le deuxième trimestre, l’emploi salarié ne cesse de reculer dans le secteur marchand non agricole, et la crise s’amplifie trimestre après trimestre : 27.500 emplois
ont été détruits au deuxième trimestre puis 46.800 au troisième et 88.700 au quatrième. Tous les secteurs sont concernés par les réductions d’effectifs ou du moins le ralentissement des créations
de postes :
- Dans l’industrie, la baisse des effectifs accélère fortement : -1,1 % sur trois mois (soit
38.800 postes), après -0,4 % au troisième trimestre 2008.
- Dans la construction, l’emploi stagne : +0,0 % après +0,6 % au troisième trimestre
2008.
- Dans le tertiaire marchand, les réductions d’effectifs accélèrent également : -0,5% (50.000
emplois détruits) après -0,4% au troisième trimestre (-41.900 emplois). Un tel repli n’avait pas été enregistré depuis le début des années quatre-vingt-dix. Il résulte
principalement de la très forte baisse de l’intérim ce trimestre (-12,9 % soit 76.600 emplois détruits).
Ce sont donc 163.000 emplois qui ont été détruits depuis le deuxième trimestre 2008. Sur l’année 2008, le recul est de 0,7% (-115.200 emplois), compte tenu des postes créés au
premier trimestre (+47.800).
Une année 2009 catastrophique : des destructions de postes qui s’annoncent durables
Les perspectives de l’emploi pour 2009 sont également très sombres. L’intérim, indicateur des évolutions futures de l’emploi, suit une tendance baissière depuis le deuxième trimestre 2008 et le
secteur productif, au travers des enquêtes de conjoncture menées par l’Insee, connaît de nombreuses difficultés qui risquent de se traduire par un recul accentué de l’emploi.
Un net recul de l’intérim, indicateur des évolutions de l’emploi
Les évolutions négatives de l’emploi intérimaire depuis le deuxième trimestre 2008 constituent un signe inquiétant pour les évolutions futures de l’emploi. La
crise économique et le recul de l’activité provoquent en effet dans un premier temps des effets sur l’intérim et les CDD.
L’emploi intérimaire a reculé de 7,3% au deuxième trimestre, de 4,2% au troisième, puis de 7,1% au quatrième, dans tous les secteurs d’activité. Au cours du
troisième trimestre, le repli est le plus important dans l’industrie (-7,3%), ce qui témoigne des importantes difficultés du secteur, mais il est également net dans le tertiaire (-1,5%) et la
construction (-1,8%). L’industrie automobile, l’un des secteurs les plus en difficultés, a vu l’emploi intérimaire reculé de 20,5% au troisième trimestre (-6.000 salariés) après avoir déjà reculé
de 14,2% (- 4.800 salariés) au deuxième. Cette tendance se confirme en décembre, où l’emploi intérimaire dans l’industrie a reculé sur un mois de 5,5% et dans le tertiaire de 4% (le recul dans la
construction est de 0,3%).
Un secteur productif en crise
Depuis le mois de novembre, les réductions d’effectifs se sont accélérées avec la profonde crise que traverse le secteur productif. Le PIB a connu un recul
historique de 1,2% au quatrième trimestre 2008 et la production industrielle de 8,6%. Début 2009, la conjoncture continue de se dégrader. En février, l’indicateur du climat des affaires a
reculé de 4 points, en baisse de plus de 40 points par rapport à son précédent pic atteint à la mi-2007. Il se situe à un nouveau point bas, inférieur de 5 points à son niveau plancher de la
mi-1993.
Les secteurs les plus créateurs d’emplois sont aujourd’hui pleinement touchés par la crise. Les mises en chantier reculent fortement (-20,2% entre novembre 2008 et janvier 2009) et le commerce de
détail, l’un des principaux créateurs d’emplois, commence à supprimer des postes et anticipe un recul de l’activité dans les mois à venir.
Selon la dernière enquête de conjoncture menée par l’Insee dans le secteur du bâtiment, le recul de l’activité devrait s’amplifier dans les mois à venir (le taux d’utilisation des capacités de
production a fléchi d’un point en février et les commandes continuent de reculer), avec pour conséquence la poursuite du repli de l’emploi dans le secteur.
Dans les services hors intérim, les effectifs ont nettement ralenti au cours des derniers mois, et ils ne devraient plus croître dans les mois à venir. En février, selon l’enquête de l’Insee, les
chefs d’entreprise révisent de nouveau leurs anticipations de recrutement à la baisse.
Le repli de l’activité et des perspectives de recrutement se répercute sur le nombre des offres d’emploi recueilli par Pôle emploi. En effet, le ralentissement de la demande conduit les
entreprises à retarder les embauches, voir à annuler les offres d’emploi qu’elles déposent. Le nombre des offres d’emploi a ainsi chuté de 15,4% sur un mois et de 29,3% sur un an. En données
brutes, ce sont les emplois durables qui ont connu le plus fort repli (-35,3% sur un an) alors que les emplois occasionnels ont reculé de 20,9%.
Depuis l’été 2008, de nombreux plans sociaux sont annoncés, ce qui, associé avec les difficultés persistantes des entreprises, va se traduire par une poursuite de la remontée du chômage dans les
mois à venir.
Plans sociaux annoncés depuis septembre :
La Redoute : 672 emplois en 4
ans
3 Suisses : 674 postes
Camif :
980 emplois
ADECCO :
600 emplois d’ici 06/2009
Hewlett-Packard : 580 emplois
Capgemini : 150
départs volontaires dans la sous-traitance informatique
Packard Bell : deux plans sociaux en un an,
240 postes dans le deuxième
Texas instrument : 350 emplois
Tyco Electronics : 620 emplois
Yahoo! :
52 postes
Free :
340 emploi
Sanofi-Aventis : 927 emplois
Altadis :
1060 emplois
Natixis :
450 postes qui s’ajoutent aux 850 annoncés huit mois plus tôt
Calyon :
250 postes envisagés
Dexia :
200 postes en France
Crédit Agricole-Caylon : 250 emplois
Renault :
4900 emplois
Valeo :
1600 emplois en France
Continental Automotive : 350 postes sur 1000
Trailor :
78 postes sur 230
Sea France, filiale SNCF : 650 postes
Lohr Industrie : 98 postes
Celeos :
247 emplois
Fonderie Helveticast : 91 emplois
Scania :
100 emplois
Ranger France : 447 emplois
Porcelaine de Sologne : 80 emplois
Kronenbourg : 214 emplois
Molex :
300 emplois
Moteirs Baudouin : 153 emplois
GlaxoSmithKline : 848 postes dans les mois à venir
Conforama : 800 postes
d’ici 2010
Manitou :
plan de départ volontaire qui touchera entre 100
et 400 salariés
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