Mercredi 26 octobre 2011 3 26 /10 /Oct /2011 14:36

En quelques semaines, le climat a changé. Début 2010, quand nous expliquions que la crise n'était pas finie et qu'une réplique plus grave encore était en préparation, nous étions à contre-courant du discours dominant : tout était sous contrôle ! Il y a cinq mois encore, nous étions "trop pessimistes" : le G8 de Deauville, fin mai, n'a pas consacré une minute à la crise financière !

Mais aujourd'hui, nul ne conteste la gravité de la situation : le président de l'Autorité des marchés financiers (AMF) affirme que nous risquons "un effondrement de l'ensemble du système économique mondial". Quant à Nicolas Sarkozy, il expliquait récemment devant quelques députés qu'un tsunami menace nos économies : "Non pas une récession, comme en 2008-2009 mais un vrai tsunami."

Il faudrait être aveugle pour ne pas voir les dangers : la dette totale des Etats-Unis atteint 250 % du PIB. Au premier trimestre, alors que la dette publique augmentait de 380 milliards de dollars (274,8 milliards d'euros) en trois mois, le PIB n'a augmenté que de 50 milliards. De plus en plus de dette pour de moins en moins de croissance ! La première économie mondiale est comme une voiture qui a besoin d'un litre d'huile tous les 300 mètres. A tout moment, elle peut casser une bielle et le moteur va exploser.

En Chine, la bulle immobilière a atteint deux fois la taille du maximum atteint par la bulle aux Etats-Unis avant la crise des subprimes. En 2009, pour éviter la récession, le gouvernement a ordonné aux banques d'accepter toutes les demandes de crédit qui leur parvenaient. En un an, on a injecté dans l'économie 44 % du PIB (30 % par le crédit privé, 14 % par la dette publique). Partout, on a construit... Partout, il y a pléthore d'immeubles vides. En avril, les prix de l'immobilier ont baissé de 5 %. C'est la première baisse en vingt ans. On a vu en Espagne ce que donne l'éclatement d'une telle bulle : le chômage a triplé en trois ans. Que va-t-il se passer en Chine, où il y a déjà 20 % de chômage et où les émeutes sociales sont de plus en plus violentes ?

La prochaine crise risque d'être plus grave que celle de 2008 car les Etats n'ont plus la capacité de venir au secours du système financier s'il subit un choc violent. Quand la banque Lehman Brothers est tombée, la panique n'a duré que quelques jours car le président George Bush et le secrétaire au Trésor Henry Paulson ont dit qu'ils mettaient 700 milliards de dollars sur la table. Le calme est revenu très vite parce que nul n'avait de doute sur leur capacité à payer ces 700 milliards, mais le choc a quand même provoqué une récession mondiale et des dizaines de millions de nouveaux chômeurs à travers la planète... Trois ans plus tard, personne ne sait comment le président Obama pourrait trouver 700 milliards de dollars si c'était nécessaire. Il faut donc éviter à tout prix d'en arriver là.

Nos politiques sont paralysés aujourd'hui car ils veulent "rassurer les marchés financiers", qui ont des demandes contradictoires : face à une croissance qui diminue dans les pays du G7 (0,1 % de croissance seulement au second trimestre, avant les crises de l'été !), faut-il entreprendre de nouveaux plans de relance jusqu'à être écrasés par la dette, ou faut-il voter des plans d'austérité et retomber en récession ?

 

Croissance moyenne des pays du G7 depuis 2010.

Croissance moyenne des pays du G7 depuis 2010.OCDE

 

Dans un contexte de chômage de masse, quel salarié peut négocier une augmentation de salaire ? Qui peut donner sa démission en espérant trouver assez vite un autre emploi ? La peur du chômage est dans toutes les têtes, et ce qui va aux salaires est tombé à un plus bas historique.

 

Part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises.

Part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises.OCDE

 

 

Part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises (Allemagne, Suède, Etats-Unis, Japon, Royaume Unis, Danemark, Italie, Espagne, France, Pays-Bas, Autriche, Belgique, Finlande, Grèce et Irlande).

Part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises (Allemagne, Suède, Etats-Unis, Japon, Royaume Unis, Danemark, Italie, Espagne, France, Pays-Bas, Autriche, Belgique, Finlande, Grèce et Irlande).OCDE

 

La question de la dette des Etats est très importante (entre 80 % et 90 % du PIB en France et en Allemagne), mais au lieu de bloquer les retraites et de couper dans le financement de la santé ou de l'éducation, ne faut-il pas utiliser tous les leviers fiscaux possibles pour récupérer une bonne part de la "dette des marchés", ces 150 % du PIB que les 0,2 % les plus riches doivent aux peuples de nos pays, si on considère que le partage entre salariés et actionnaires était juste et efficace dans les années 1970 ?

Les "indignés" ont raison : "Ceci n'est pas une crise, c'est une arnaque !" Il ne s'agit pas ici de minimiser la responsabilité (ou l'irresponsabilité) des gouvernements et des citoyens, mais seulement d'apporter le diagnostic le plus complet possible de la situation. Car si le diagnostic est faux, il n'y a aucune chance qu'on parvienne à vaincre le mal.

Le 19 octobre à Francfort, la chancelière Angela Merkel affirmait qu'il fallait "attaquer la crise à la racine" au lieu de s'attaquer seulement aux symptômes. Elle a parfaitement raison ! Et les racines de la crise, c'est trente ans de chômage et de précarité. C'est à cause du chômage de masse que la part des salaires a tant diminué. C'est à cause du chômage, des petits boulots et des petits salaires que nos économies ont besoin de toujours plus de dette. Le chômage n'est pas seulement une des conséquences de la crise. Il en est l'une des causes premières.

Pour sortir de notre dépendance à la dette, il faut réguler les marchés et taxer les plus hauts revenus mais il faut surtout s'attaquer au chômage : c'est seulement en donnant au plus grand nombre un vrai emploi et une vraie capacité de négociation sur les salaires qu'on sortira durablement de la crise.

En 1944, avant de convoquer le sommet de Bretton-Woods qui allait reconstruire le système financier, Franklin Roosevelt organisait le sommet de Philadelphie, qui adoptait comme priorité absolue le respect d'un certain nombre de règles sociales : "Il n'y aura pas de paix durable sans justice sociale", affirmaient Franklin Roosevelt et les autres chefs d'Etat avant de définir des règles sur les salaires, le temps de travail et le partage entre salaires et dividendes... Des règles très concrètes, à respecter dans chaque pays comme dans le commerce mondial. Avant que les néolibéraux ne les démantèlent, ces règles ont permis trente ans de prospérité sans dette.

Bonne nouvelle ! Si ce sont des décisions politiques qui nous ont amenés à la crise, d'autres décisions politiques peuvent nous en sortir. La justice sociale n'est pas un luxe auquel il faudrait renoncer à cause de la crise. Au contraire ! Reconstruire la justice sociale est la priorité absolue, le seul moyen de sortir de notre dépendance à la dette. Allons-nous attendre qu'il soit trop tard pour agir ? Quand Franklin Roosevelt arrive au pouvoir, en 1933, il succède à Herbert Hoover, dont le surnom était "Do Nothing" ("ne fait rien"). Le but de Roosevelt n'est pas de "rassurer les marchés financiers" mais de les dompter ! Il lui suffit de trois mois pour mettre en oeuvre quinze réformes majeures.

Les actionnaires sont furieux et s'opposent de toutes leurs forces à la loi qui sépare les banques de dépôt et les banques d'affaires, comme ils s'opposent aux taxes sur les plus hauts revenus, mais le président Roosevelt tient bon. Les catastrophes annoncées par les financiers ne se sont pas produites. Et l'économie américaine a vécu avec ces règles pendant un demi-siècle. "We must act !" répétait Roosevelt. Nous devons agir ! Hélas, depuis 2008, nos dirigeants font preuve d'une inertie aux conséquences dramatiques. Si l'Europe avait créé une taxe Tobin fin 2008, au plus fort de la première crise financière, elle aurait déjà rapporté entre 200 et 600 milliards d'euros, selon les différents scénarios en débat à Bruxelles.

Avec une telle cagnotte, le Parlement européen aurait réglé la crise grecque en quelques semaines sans demander le moindre effort aux citoyens et sans attendre le feu vert de seize Parlements nationaux. Et ce qui n'était qu'un problème modeste à l'origine (coût estimé à 50 milliards d'euros en 2009 et 110 milliards aujourd'hui) n'aurait jamais pris les proportions que la crise grecque a prises depuis quelques semaines. Le principe d'une taxe Tobin a été adopté par le Parlement européen, droite et gauche confondues, mais il est toujours "en discussion" dans les méandres du Conseil européen, et les lobbies financiers font tout pour ralentir son adoption définitive... Nos dirigeants discutent encore quand les spéculateurs agissent avec toujours plus de rapidité et d'efficacité. Qu'attendons-nous pour créer enfin cette taxe et rassurer le peuple allemand et les autres peuples d'Europe ?

C'est la dernière fois qu'on leur a demandé un effort ! Dorénavant, ce sont ceux qui ont accaparé des sommes considérables depuis trente ans qui seront mis à contribution pour abonder le Fonds européen de stabilité. Il faut dire la vérité : vu l'énormité des déséquilibres accumulés aux quatre coins de la planète, nous n'éviterons pas une nouvelle crise. La seule question qui se pose (mais elle est fondamentale !) est de savoir si cette crise se traduit seulement par quelques grosses turbulences, qui sont l'occasion de renforcer notre cohésion nationale, de construire enfin une Europe politique et d'humaniser la mondialisation, ou si elle est semblable au tsunami dont parle Nicolas Sarkozy. Un tsunami qui provoque l'effondrement de pans entiers de nos sociétés.

Vu l'interdépendance de nos économies et vu la mobilité des capitaux, il est évident que les décisions qui seront prises - ou ne seront pas prises - par le G20 de Cannes, début novembre, sont d'une importance cruciale. Il reste bien des leviers disponibles au niveau national et au niveau européen, mais une action concertée au niveau international aurait une tout autre efficacité.

Le G20 va-t-il enfin déclarer la guerre à la spéculation et à l'injustice sociale ? Ce G20 va-t-il retrouver l'esprit de Philadelphie et être à l'origine d'un sursaut de coopération et de justice sociale, ou restera-t-il dans l'histoire comme un sommet de mensonges et de lâcheté, comme les accords de Munich à l'automne 1938 ? Le G20 va-t-il vouloir encore "rassurer les marchés financiers" ou va-t-il enfin décider de les remettre à leur place ?

En France, toute la gauche a les yeux rivés sur l'élection de 2012. Cette élection est fondamentale, mais si le système économique s'effondre d'ici là, si l'analyse néolibérale s'impose dans le débat public et si les populismes se nourrissent du désespoir, rendant inaudible tout discours rationnel, la gauche aura la tâche encore plus difficile pour sortir de la crise.

L'économie mondiale n'est pas calée sur mai 2012. Vu la vitesse à laquelle la situation peut se dégrader, la présidentielle française est encore loin. Le devoir de la gauche est donc de dire toute la vérité et de peser avec force dans chaque débat, sur chaque décision. Tel est le sens de l'appel que nous venons de lancer (www.poureviterleffondrement.fr). Dès le G20 de Cannes et dans les prochains mois, les citoyens peuvent montrer qu'ils ne relâcheront pas la pression sur leurs dirigeants. Il n'est plus l'heure de parler mais d'agir. Pour que le G20 se donne les moyens de reconstruire la justice sociale, pour éviter l'effondrement de nos sociétés, soyons le plus nombreux possible à le signer et à le diffuser autour de nous.

A propos de l'auteur

 

Né en 1964, diplômé de l'Agro et de Sciences Po, Pierre Larrouturou rédige, en 2004, un projet de traité de l'Europe sociale qui recevra le soutien de Jacques Delors et de Romano Prodi. En 2009, il quitte le Parti socialiste. Il est aujourd'hui membre du Conseil politique d'Europe-Ecologie. Il a publié "Le Livre noir du libéralisme" (éd. du Rocher, 2007, préface de Michel Rocard) et "Pour éviter le Krach ultime" (préface de Stéphane Hessel, Nova Editons, 256 p., 15 €)

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Mardi 18 octobre 2011 2 18 /10 /Oct /2011 09:30

Martine Aubry 2012

Chères amies, chers amis,

Au lendemain du second tour de nos primaires citoyennes, je veux vous adresser du fond du cœur tous mes remerciements.

Merci à vous qui vous êtes mobilisés, en métropole et dans les outremers, pour faire campagne à mes côtés. Grâce à vous, nous avons conduit une campagne de conviction et de proximité, au contact des Françaises et des Français. Je suis fière de ce travail accompli ensemble. Merci de la force que vous m’avez donnée.

Merci à vous qui avez porté votre choix sur moi lors de ces primaires. Vous avez été plus d’1,2 million à me faire confiance lors du second tour et à vous reconnaître dans le projet que j’ai porté. C’est un honneur et une responsabilité que je n’oublie pas.

Et je veux aussi remercier, au-delà, tous ceux qui sont venus voter. J’ai voulu et organisé ces primaires et c’est pour moi une immense joie qu’elles aient été un succès. 

Je renouvelle mes félicitations à François Hollande. Grâce aux primaires, il est le candidat le mieux désigné de l’histoire de la gauche et dispose d’une dynamique favorable sans précédent.

Pendant les semaines et les mois qui viennent, nous serons tous à ses côtés pour faire gagner la gauche et permettre, enfin, le changement dans notre pays.

Dès hier soir, j’ai porté le message du rassemblement. C’est ma responsabilité de Première secrétaire. C’est l’honneur des socialistes de savoir débattre et confronter leurs idées pour être collectivement plus forts ensuite.

Parce que c’est le sens de la démocratie, j’ai été pleinement candidate aux primaires et je serai pleinement, aujourd’hui et demain, au service du candidat.

La France ne peut se permettre cinq années de plus de présidence Sarkozy. Cinq années qui seraient la continuation de la politique de division, d’inégalité, d’inefficacité et de distribution de privilèges que nous constatons depuis 2007. Cinq années qui feraient encore davantage reculer notre pays aux plans economique et social, écologique et territorial, démocratique et moral.

Comme disait Victor Hugo en 1848, « l'avenir n'est plus demain, il commence dès aujourd'hui ». Cet avenir, à nous de le construire, tous ensemble.

Vous pouvez compter sur moi et je sais que je peux compter sur vous.

A bientôt,

Martine Aubry

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Jeudi 13 octobre 2011 4 13 /10 /Oct /2011 10:02

Mon cher Arnaud,

J’ai bien reçu ta lettre et j’y réponds avec grand plaisir. Je veux d’abord nous féliciter collectivement du succès des primaires. C’est un grand succès pour tous les socialistes. Ensemble, depuis le Congrès de Reims, nous avons reconstruit le Parti socialiste et nous l’avons doté d’un projet, ce qui était le préalable à la réussite des primaires et de l'alternance. Tu sais combien je voulais lier les primaires et le projet, toi qui a initié l’idée des primaires avant même le Congrès de Reims. Tu as accepté la présidence de la Convention nationale sur la Rénovation et je suis fière du travail que nous avons accompli. Avec la rénovation, la mise en place des primaires, le non-cumul des mandats, nous avons redonné sa fierté et sa force au Parti socialiste, et nous avons bien servi la gauche et la démocratie française. Parce qu’il a fallu vaincre de nombreux conservatismes, ces combats ont été difficiles et je suis heureuse que nous les ayons menés ensemble, avec l’aide, que je veux saluer, de Ségolène Royal.

La campagne des primaires et les débats que nous avons eus ont convaincu les Français de venir voter massivement dimanche dernier. C’est dire combien, loin des prévisions les plus pessimistes et des attaques de la droite, ils ont intéressé les Français. Nous avons montré un Parti vivant, nourri par le débat d’idées. La confrontation respectueuse des points de vue est féconde, là où la volonté d’unanimisme à tout prix sur fond de divisions personnelles, qui a trop longtemps prévalu à la tête du PS, stérilise la pensée et appauvrit les projets.

Au terme de ces débats, le 1er tour a dégagé une majorité claire et forte pour un changement profond porté par une gauche forte. Les électeurs ont dit leur volonté d’une politique de sortie de crise par l’invention d’un nouveau modèle économique, social et écologique. Ils ne se retrouvent pas dans une politique d’aménagement du système actuel. La volonté de battre le Président sortant est forte mais s’y ajoute une volonté de changer ce système qui a failli, une envie d’espoir, l'envie d’une société plus respectueuse, plus juste, où l’argent ne peut pas tout et où les solidarités sociales, locales et républicaines sont reconstruites. On ne battra pas M. Sarkozy avec du flou, mais avec de la clarté.

Cette aspiration majoritaire n'est pas une surprise pour moi. Elle conforte le projet que j’ai présenté au pays durant la campagne. En 2012, la France ne veut pas seulement une alternance : elle veut une alternative. C'est ma conviction : si on change de présidence, c'est pour changer de politique. Je ne suis pas moi, par exemple, favorable à ce que nous fassions voter une règle d’or après les élections que nous avons refusée avant. De même que je ne souhaite pas associer d’anciens ministres de M. Sarkozy aux futures responsabilités. Nos électeurs ne s’y retrouveraient pas. La France ne s’en sortirait pas. Je suis persuadée que doit émerger une gauche d’après crise, porteuse d’un nouveau modèle qui associe les Français, un modèle plus viable, plus équitable, plus durable.

Alors que le débat se poursuit entre les deux tours de nos primaires, je souhaite répondre et réagir aux propositions que tu m'as transmises. Nos valeurs sont communes, nos idées se renforcent : ta lettre me permet d'exposer concrètement et politiquement ce que je crois essentiel.

Tu connais mon engagement à reprendre la main sur la finance. C’est un préalable au nouveau modèle que nous devons bâtir : l’efficacité dans la justice ! Les mesures que j’appelle de mes voeux n’ont pas changé tout au long de cette campagne : recapitaliser les banques en faisant entrer l’Etat à leur conseil d’administration et en leur imposant en contrepartie d’une part une stricte limitation des bonus bancaires, d’autre part des obligations précises de financement des entreprises et des ménages ; séparer les banques de dépôts et les banques d’investissement, c’est essentiel pour protéger l’épargner des Français ; interdire certaines pratiques spéculatives comme les ventes à découvert ; plafonner les frais bancaires et mieux encadrer le crédit revolving qui plonge dans le surendettement de nombreux ménages ; créer à l’échelle européenne une taxe sur les transactions financières pour casser la spéculation, faire porter le poids du remboursement de la dette au système bancaire et non aux contribuables nationaux, mais aussi pour lancer des programmes d’investissement ; mettre en oeuvre une agence de notation publique européenne ; interdire les relations des établissements financiers et bancaires avec les paradis fiscaux et bancaires qui sont le trou noir de la finance mondiale, ainsi qu'agir pour la suppression des paradis fiscaux à l'échelle européenne et du G20. En parallèle, nous devrons créer une Banque Publique Européenne, à partir du Fonds de Stabilisation Financière, pour empêcher la spéculation contre les dettes souveraines, et en France même, créer une Banque publique d’investissement sous forme de fonds régionaux. La finance doit être mise au service de l’économie et non l’inverse, et l'économie au service de l'humain.

Concernant le commerce international, tu sais le travail que j’ai mené au sein de notre parti pour dépasser une forme de libre échangisme dogmatique qui a trop longtemps prévalu dans nos orientations générales. Tu sais aussi que j’ai tenu à convaincre nos partenaires européens de militer à nos côtés pour une Europe qui protège son économie, ses industries et ses travailleurs. Le PSE et le SPD ont repris à leur compte nos propositions pour réguler les échanges et les rendre plus justes. C’est une avancée décisive, car, à l’évidence, nous ne pourrons pas pratiquer cette politique tout seuls. Nous avons besoin de le faire avec nos partenaires, à l’échelle de l’Europe. Aujourd’hui, une nouvelle politique commerciale européenne fondée sur une réciprocité exigeante est possible. C'est à l'Europe de la pratiquer sans attendre : nos intérêts en seront renforcés dans la compétition mondiale et nos exigences mieux prises en compte dans les négociations internationales. Europe ouverte, oui ; Europe offerte, non.

Je suis pour l’égalité dans les échanges commerciaux. L’Europe devra augmenter les droits de douane au niveau européen sur les produits ne respectant pas les normes internationales en matière sociale, sanitaire ou environnementale.

Comment être de gauche sans être intransigeants sur le social et l’environnement ? Elue présidente de la République, je proposerai à nos partenaires européens de renforcer les clauses de sauvegarde et de réciprocité visant à garantir la loyauté des échanges. Il n’est pas acceptable, par exemple, que la Chine impose aux entreprises étrangères de produire localement pour alimenter son marché alors que l’Europe ne se donne pas les moyens d’obtenir la réciprocité : je ne me résigne pas à la fatalité des délocalisations de nos industries hors d’Europe. Je n’accepte pas davantage que nos marchés publics soient ouverts à des entreprises non européennes quand ceux de la nationalité de ces entreprises ne le sont pas. L'Europe doit être active, pas naïve. C'est tout le sens du combat pour la réindustrialisation que je n'ai cessé de mener depuis que je suis à la tête du Parti socialiste.

Parmi les mesures que tu évoques, je suis favorable à un contrôle national et européen de toute acquisition étrangère d’entreprises dont les technologies mettent en cause notre souveraineté. Les Etats-Unis le font. Pourquoi pas nous ? En matière de délocalisation, le principe qui doit prévaloir est simple : celui du délocaliseur payeur. Il s'agira, pour une entreprise qui réalise des bénéfices et qui ferme un site rentable, de rembourser les aides publiques, dépolluer le site et reclasser les salariés. Quant aux entreprises qui déménagent l'outil de travail ou les brevets, elles pourront être mises sous tutelle sur décision de la justice saisie par les salariés.

Je tiens aussi à préciser que la réindustrialisation de la France réclame davantage qu’une politique strictement défensive. Nos emplois industriels réclament une vraie stratégie de compétitivité-qualité : je souhaite augmenter progressivement nos dépenses de R&D ; je souhaite relancer l’investissement public national et européen dans les secteurs d’avenir ; je souhaite que les PME et leurs capacités d'innovation soient réellement soutenues par les grands groupes et naturellement par les banques ; j'entends réorienter la fiscalité et l'épargne vers l'outil productif plutôt que vers la finance et la rente. A mes yeux, la vraie performance passe beaucoup par une sécurisation des parcours professionnels pour réduire la précarité dans l'emploi, par la présence des représentants des salariés dans les instances de décision des grandes entreprises, ainsi que par la prévention des maladies professionnelles et l'amélioration des conditions de travail Tu le vois, je plaide pour une stratégie offensive et protectrice pour la France et pour l'Europe. En cela, mon projet est porteur d'une vraie alternative qui lui permet aujourd'hui de rassembler beaucoup de celles et ceux que le débat sur l'Europe en 2005 avait divisés.

Concernant la transformation de notre économie, je suis fière d’avoir affirmé au coeur de notre projet le besoin d’un nouveau modèle. Notre volonté n’est pas seulement d’aménager ou d’humaniser le marché, mais bien de transformer le modèle de production libéral capitaliste. Plutôt que la financiarisation et la recherche du profit maximal à court terme, enrichissons notre base productive par les valeurs et les méthodes des entreprises du secteur mutualiste et coopératif. Nous les soutenons dans les Régions et les Départements que la gauche dirige, mais l'actuel Gouvernement, hélas, les ignore souvent quand il ne les méprise pas carrément.

J’ai eu aussi l’occasion, durant cette campagne, d'exprimer ma volonté de développer et de soutenir l’économie sociale et solidaire, dont j’ai rencontré de très nombreux acteurs. Il faudra leur faciliter l’accès à la commande publique. De même, je me suis engagée à favoriser, en matière agricole, les circuits locaux de l'agriculture paysanne et le renforcement des droits des producteurs face à la grande distribution et ses marges abusives : les paysans ne sont pas seulement des jardiniers du territoire, ils doivent pouvoir vivre de leur travail et subvenir aux besoins de leurs familles. Cette transformation sera d'abord sociale et écologique. Elle conduira la société française à produire, à consommer, à se déplacer autrement. J'ai pris des engagements très fermes sur la manière de conduire cette transition, à la fois en matière énergétique, pour le logement et pour les transports.

Concernant la démocratie, tu sais les engagements clairs que j’ai pris sur le non-cumul des mandats et des fonctions. J'ai souhaité, avec l'immense majorité des militants socialistes, que ces règles soient applicables dès maintenant et pour 2012 et sans attendre la loi qui doit venir ensuite. Je n'ignore pas les résistances qui s'expriment encore aujourd'hui, mais sache bien que je serai intransigeante sur ce point.

Au-delà, l’essentiel pour moi est de changer profondément la République Mon engagement est clair : je veux une nouvelle République qui mette fin à la monarchie présidentielle anachronique de la Vème République. L'échec de l'hyper-présidence Sarkozy nous montre, s'il en était besoin, la voie à ne pas suivre. Dans cette République, la mobilisation des citoyens sera l'une des conditions des changements que nous voulons. Je sais comment l'action publique peut être revivifiée par les budgets participatifs, les débats publics, les référendum d'initiative populaire, mais aussi en associant loyalement, effectivement, les réseaux associatifs, les mouvements de consommateurs, et en ouvrant largement à tous les données publiques. J'ajoute – car c'est pour moi un combat constant depuis vingt ans – que le droit de vote aux élections locales sera étendu aux étrangers en situation régulière sur le territoire national.

Je veux une République exemplaire qui combattra sans compromis ni compromissions les conflits d’intérêt – renforcement des incompatibilités de fonctions, amélioration des contrôles, surveillance accrue du lobbying – et qui sera sans merci contre la corruption ici et ailleurs. Je défendrai le principe d'inéligibilité pour les élus condamnés par la justice pour des faits de corruption. Et je réduirai de 30 % la rémunération du chef de l’Etat comme celle des ministres. Je veux une République équilibrée, avec un Président qui préside, un Gouvernement qui gouverne et un Parlement capable de jouer pleinement son rôle de contrôle. Le Conseil constitutionnel deviendra une véritable Cour constitutionnelle, dont le mode de nomination sera revu. La nouvelle République, c’est une justice pleinement indépendante. Beaucoup de magistrats m'ont confortée dans ce choix. Je ne transigerai pas avec l’indépendance du parquet que je réaliserai en rendant la nomination des procureurs et le déroulement de leurs carrières indépendants du pouvoir politique ; je mettrai fin par la loi aux instructions individuelles qui ont été réintroduites par J. Chirac puis N. Sarkozy depuis 2002. De même, le statut pénal du chef de l'Etat et des ministres sera révisé afin qu'ils répondent de leurs actes devant des juridictions de droit commun, comme tout citoyen. J’abrogerai les dispositions choquantes du code pénal que sont les peines planchers et la rétention de sûreté, et j’engagerai une profonde réforme du code de procédure pénale. Je maintiendrai la spécificité de la justice des mineurs. Je rendrai la justice et la défense accessibles à tous, notamment par une revalorisation de l’aide juridictionnelle.

La nouvelle République, c’est aussi le pluralisme des médias. Il faut en finir avec cette spécificité française qui voit les principaux médias écrits et audiovisuels appartenir à des groupes de l'armement ou des travaux publics qui vivent de la commande publique. J'imposerai par la loi des règles anti-concentration pour consacrer l’indépendance des rédactions.

Ces engagements exigeront des modifications législatives et constitutionnelles profondes que je soumettrai aux Français par référendum. Nous procéderons à la révision la plus importante de notre loi fondamentale depuis son établissement par le Général de Gaulle et Michel Debré. Nous ferons entrer notre République dans le XXIème siècle.

Dès 2012, je tiens aussi à le rappeler, il ne faudra pas attendre les modifications constitutionnelles pour s’attaquer concrètement aux problèmes des Français. Le vote de dimanche dernier a confirmé la grande aspiration des Français à plus de justice sociale. Il faudra refonder notre système éducatif, rétablir l’accès à la santé pour tous, rendre effectif le droit au logement, garantir le droit à une retraite décente et l’âge légal de départ à 60 ans, permettre la revalorisation des salaires et notamment du SMIC, agir pour le pouvoir d’achat en encadrant certains prix et revoyant la tarification des biens essentiels comme l’eau et l’énergie.

Cette réponse que je t'adresse confirme et approfondit la Lettre que j'ai écrite aux Français en août dernier. J'y disais notamment : « En Europe comme en France, nous savons bien que la crise n’est pas ponctuelle. Il ne suffira pas d’éteindre des incendies, toujours plus coûteux, mais bien d’être les architectes d’un nouveau modèle de développement économique, social et durable ».

Depuis des mois et des semaines, je fais une campagne de propositions, pas de communication ni de clientélisme. Je resterai constante, fidèle à ce que je suis et à ce que j’ai dit aux Français. C’est cela aussi la morale en politique. Tu seras d’accord avec moi pour dire que la première rénovation en politique, c’est de défendre ses idées devant ses électeurs et de respecter le mandat que l’on a reçu d’eux.

Sur cette base claire et ambitieuse, je souhaite qu'ensemble, nous puissions continuer pour la France en 2012 le travail que nous avons déjà accompli depuis 2008. Nos convergences ne sont pas de façade ou de circonstance. Tu peux compter sur moi et j’espère pouvoir compter sur toi. Nos électeurs nous regardent : dimanche, je ne doute pas qu’ils feront le choix d’un vrai changement et d’une gauche forte.

Bien amicalement à toi,

Martine Aubry

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Jeudi 13 octobre 2011 4 13 /10 /Oct /2011 09:43

Benoît Hamon, Henri Emmanuelli et Marie-Noëlle Lienemann répondent à la lettre d'Arnaud Montebourg adressée aux deux finalistes de la primaire. Pour ces représentants de l'aile gauche du Parti socialiste, il n'y a pas à tergiverser : Martine Aubry est la candidate qui se rapproche le plus des idées que le député de Saône-et-Loire a défendues lors de la campagne.

Cher Arnaud, 
 
L’ampleur de la mobilisation citoyenne de dimanche dernier a témoigné d’une formidable aspiration au changement dans notre pays. Les 2,5 millions d’électeurs ont voulu signifier, par leur vote, qu’ils attendaient de la gauche qu’elle soit à la hauteur des enjeux. Il y a urgence à tourner la page du sarkozysme et à retrouver le chemin du redressement de la France.
 
Le résultat de dimanche nous a aussi conforté dans nos convictions : la majorité de celles et ceux qui se sont déplacés le 9 octobre pensent que pour battre la droite, il faut une gauche décomplexée ; Une gauche qui ne se résout pas à l’accompagnement du système, mais qui œuvre à sa transformation radicale. Une gauche qui ne se résigne pas à la domination des marchés, mais qui résiste et qui propose un autre chemin pour la France et pour l’Europe.
 
Ton bon score traduit cette tendance générale, et nous nous en félicitons. Nous jugeons néanmoins injuste et faux de renvoyer dos-à-dos Martine Aubry et François Hollande au prétexte qu’ils seraient « les deux faces d’une même médaille ».
 
Il ne s’agit pas seulement de « trancher entre deux tempéraments » : cela renverrait les primaires à une simple compétition pour le leadership, et donc à une lecture très « Vème république » d’un exercice démocratique qui est, et tu es le premier à le répéter, bien autre chose que cela ! Au contraire, le choix du deuxième tour revêt une importance décisive. D’un point de vue stratégique, d’un point de vue idéologique.
 
Nous prenons très au sérieux le débat que tu lances sur des thèmes qui nous sont chers. Nous sommes heureux de partager des priorités qui sont les nôtres et que nous portons avec constance, depuis longtemps parfois. Heureux qu’elles trouvent aujourd’hui un écho positif parmi les citoyens et les autres candidats aux primaires.
 
Bien sûr, le PS n’a pas encore opéré cette révolution intellectuelle que nous appelons de nos vœux. Mais il serait dommage de ne pas se réjouir des évolutions positives et de ne pas acter les avancées.
 
Nous avons choisi de soutenir Martine Aubry dès le premier tour précisément parce qu’elle a su, sur des points essentiels, tourner le dos à l’idéologie dominante. Parce qu’elle a pris la mesure de l’ampleur de la crise, et qu’elle en tire des conclusions politiques. En tout cas, elle a, lors de la préparation du projet des socialistes, parfois en dépit de résistances persistantes, fait bouger les lignes et permis des évolutions importantes répondant à l’exigence d’un changement de cap que nous défendons.
 
Ainsi, quand Martine Aubry s’engage résolument pour la réorientation de la construction européenne, qui passe par le « juste échange » et l’adoption de nouvelles stratégies industrielles, monétaires et fiscales, elle est en phase avec les préoccupations des Français qui ont pu manifester leur désaccord à une autre époque sur ce sujet-là. Face à la mondialisation libérale et son cortège de délocalisations, nous avons besoin d’Europe. Mais pas de celle qui se construisait hier, qui stagne et échoue aujourd’hui.
 
En proposant de mettre en place une taxe sur les transactions financières à l'échelle européenne, en exigeant une politique monétaire menée par la BCE orientée vers la croissance, l'emploi et la compétitivité des industries de l'Union à l'export, Martine Aubry défend une autre cohérence
 
En proposant d’instaurer des taxes aux frontières de l'Europe pour exiger de nos partenaires la réciprocité commerciale; en exigeant de renforcer les clauses de sauvegarde dans les accords bilatéraux que l'Union passe avec ses partenaires, Martine Aubry s’engage pour une autre Europe.
 
Tu jugeras peut-être que c’est insuffisant. Nous pensons, en tous cas, que c’est une bonne base pour construire un rapport de forces favorable aux travailleurs et aux citoyens européens.
 
Parce qu’elle promeut aussi le retour de l’intervention publique, la création d’un pôle publique bancaire, de fonds d’investissements industriels et la définition d’exigence aux banques, parce qu’elle a fait de la hausse des salaires une exigence et s’engage à mettre sous tutelle judiciaire les entreprises qui engagent des délocalisations ou licenciements boursiers, parce qu’elle veut engager avec volontarisme dès 2012 notre pays sur le chemin de la transition énergétique, nous avons soutenu Martine Aubry dès le premier tour.
Ces choix, notre parti aurait dû les engager depuis bien longtemps. Force est de constater qu’elle les a assumés comme première secrétaire et aujourd’hui les soutient comme candidate.
 
Cher Arnaud, nous pensons sincèrement qu’elle incarne mieux que d’autres la volonté de changement. Pas seulement parce qu’elle promeut des idées nouvelles. Mais aussi parce qu’elle a posé des actes.
 
La vie politico-médiatique est une grande oublieuse, et il est temps de rafraichir à tous la mémoire.
C’est le choix de Martine Aubry en 2009 qui a fait pencher la balance en faveur des primaires dont tu étais un des principaux instigateurs.
 
C’est Martine Aubry enfin qui, lors de son discours devant le forum consacré aux institutions en 2011, a esquissé les contours d’une République nouvelle. A cette occasion, elle a dressé un sévère réquisitoire contre la Vème République. Elle a rappelé que la concentration des pouvoirs dans les mains d'une seule personne, la personnalisation à outrance de la vie politique, l'abaissement du Parlement voulu par les constituants de 1958, la prédilection pour le scrutin majoritaire qui gomme la diversité politique, heurtaient profondément notre conscience de gauche.

Elle a aussi, et c’est heureux, réaffirmé que la gauche croit davantage aux aventures collectives qu'à l'homme (ou à la femme) providentiel (le), davantage à la collégialité dans l'action qu'à la solitude dans la décision.  Et si elle n’est pas allée jusqu’à renuméroter la République, elle a indiqué qu’il fallait opérer la réforme radicale de nos institutions qui permette un réel rééquilibrage des pouvoirs et l'approfondissement de la démocratie. 
Restaurer le lien entre décision et responsabilité en redonnant au Président la « fonction arbitrale » qu’il n’aurait jamais du quitter, atténuer les effets du « parlementarisme rationalisé, étendre les droits de l'opposition, changer le mode de scrutin aux élections législatives, encourager participation citoyenne à l'élaboration des politiques publiques : Martine Aubry s’est engagée sur tout cela. Pour les inlassables promoteurs de la VIème République que nous sommes, ce sont des avancées importantes.

Cher Arnaud,

Nous saurons nous rassembler derrière celle ou celui qui remportera la majorité des suffrages du peuple de gauche dimanche prochain. Mais, jusqu’à dimanche, nous voulons éclairer le choix  de nos concitoyens. Rien ne serait pire que de laisser accréditer l’idée selon laquelle il s’agirait juste de départager deux ambitions personnelles, deux « caractères ». Sans vouloir exagérer les divergences, il est sain d’exposer les options différentes. Et de trancher en connaissance de cause.

Bien sûr, notre combat ne s’arrête pas au 16 octobre. Constants, opiniâtres, nous continuerons à porter nos idées, nos propositions, pour faire gagner la gauche.
Mais aujourd’hui, il faut être clairs, c’est le vote en faveur de Martine Aubry qui permettra à toutes les Françaises et tous les Français de prendre une gauche d’avance, nécessaire à la construction d’une nouvelle France.

Amitiés socialistes,
 
Premiers signataires :
Benoît Hamon, Henri Emmanuelli, Marie-Noëlle Lienneman.
 

Pouria Amirshahi, Charente           
Michaël Aurora, Gers           
Guillaume Balas, Paris
Philippe Bayol, Creuse
Charlotte Brun, Val d’Oise           
Françoise Castex, Eurodéputée           
Pierre Cheret, Pyrénées-Atlantiques
Pascal Cherki, Maire du XIVème arrondissement de Paris
Stéphane Delpeyrat, Landes
Olivier Dussopt, Député de l’Ardèche
Olivier Girardin, Aube
Jérôme Guedj, Président du CG de l’Essonne
Razzy Hammadi, Seine Saint Denis
Olivier Harkati, Puy-de-dôme
Régis Juanico, Député de la Loire
Bruno Julliard, Paris
Georges Labazée, Président du CG des Pyrénées Atlantiques
Renaud Lagrave, Landes
Claire Le Flecher, Aisne
Marianne Louis, Essonne
Emmanuel Maurel, Val d’Oise
Delphine Mayrargue, Paris
Jean Michel, Député du Puy de Dôme
Pierre Pantanella, Aveyron
Germinal Peiro, Député de Dordogne           
Nadia Pellefigue, Haute-Garonne           
Paul Quilès, ancien ministre           
Liem Hoang-Ngoc, Eurodéputé           
Roberto Romero, Hauts de Seine
Benoît Secrestat, Dordogne
Isabelle Thomas, Ile-et-Vilaine
Pascal Usseglio, Loir-et-Cher
Michel Vergnier, Député de la Creuse 
Robert Michenon, Gard 
Jean-Claude Maurin, Gard 
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Mercredi 12 octobre 2011 3 12 /10 /Oct /2011 12:18

François Hollande et Martine Aubry.

François Hollande et Martine Aubry. | MAXPPP

Martine Aubry monte en puissance, étonnant non ? 

Partie comme improbable candidate de substitution à DSK, elle est peut-être en passe de gagner les primaires. Tout simplement. Sa méthode ? Elle en appelle à la vraie gauche, la gauche forte, la gauche intransigeante, celle qui mettra à genoux les banques, la finance, les patrons, les riches bien sûr, les chinois et plus si affinités.

Une orientation choisie avant le premier tour des primaires, et qui devrait se confirmer, c'est qu'elle a fait ses comptes Martine, elle est challenger, environ 8 points derrière Hollande, mais les 17% accordés à Montebourg  la mettraient tout près de la victoire, une pincée de Baylet, un soupçon de Ségolène et hop, elle y est. Gagnante inattendue, elle rééditerait le coup du congrès de Reims, en milieu de peloton au départ, première à l'arrivée, alors,  elle va aller les chercher les voix montebourgeoises, peu importe la consigne du député de la Saône-et-Loire, il faut juste donner à ses électeurs ce qu'ils ont envie d'entendre, une radicalisation à gauche qui passe par des attitudes et des promesses intenables, une radicalisation qui passe aussi par des attaques violentes contre Hollande "le mou", sans le citer bien sûr, entre camarades, on sait se tenir.


Débat du 5 octobre sur BFMTV :



Gauche molle ?

 

La gauche molle, c'est le nouveau concept qui va bien, avec Hollande en tête de turc, voire en  en tête de gondole. Martine, elle, c'est tout le contraire, elle incarne la gauche forte, autoritaire, déjà quelques jours avant le premier tour, le jeudi 6 octobre précisément, à Paris, au gymnase Japy, elle taclait,   sans jamais le nommer, François Hollande : "Je n'administrerai pas le système, je le transformerai (...) L'accommodement ce n'est pas exactement mon tempérament".

En clair, elle est volontaire,  décidée, tout le contraire de l'autre. Quel autre ? Ah, pas d'attaques ad hominem s'il vous plaît, c'est pas le genre de la maison, allez un dernier exemple pour les plus longs à la détente avec une petite référence au vainqueur de 1981 : "Quand en 1981, on demandait à François Mitterrand s'il allait abolir la peine de mort, il ne disait pas 'p'têt ben qu'oui, p'têt ben qu'non'". Capito ?

d'après lepost.fr 11/10/2011

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Mercredi 12 octobre 2011 3 12 /10 /Oct /2011 12:14

 

José Bové prend position pour la candidate socialiste Martine Aubry, en vue du second tour de la primaire socialiste.

Pourquoi?

"Sur le nucléaire, c'est elle qui a affiché le plus nettement et le plus précisément sa volonté d'engager la France dans une sortie progressive mais effective du nucléaire", explique l'eurodéputé d'Europe Ecologie-Les Verts 

"J'ai apprécié aussi que Martine Aubry ait voulu que s'engagent, bien avant les échéances électorales, des négociations programmatiques avec EELV" ajoute José Bové qui s'exprime "à titre personnnel".

A noter que des cadres du mouvement écologiste pencheraient pour la maire socialiste de Lille dans la perpective de l'élection présidentielle

lepost.fr 


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Mercredi 12 octobre 2011 3 12 /10 /Oct /2011 10:33

Cher Arnaud,
 
Je viens de découvrir ta lettre ouverte à Martine Aubry et à François Hollande.
 
Je ne résiste pas à te répondre en direct, à mon niveau militant. Après tout, c’est cette démocratie que tu souhaites, à juste raison.
 
Assurément, le PS doit être le parti des salariés, pas celui de l’élite dominante. À l’occasion de la terrible crise que nous impose la finance, non seulement nous ne voulons pas payer une « dette » qui n’est pas la nôtre, mais nous voulons changer le système qui l’a produit, qui faillit, et non pas le replâtrer.
 
Pour cela nous devons répondre aux préoccupations immédiates, élémentaires, vitales de nos concitoyens. Et il nous semble qu’il faut prendre les choses par le bon bout en partant du vécu quotidien. C’est ce qui nous étonne dans tes questions à Martine Aubry et à François Hollande : tu n’interroges ni sur la hausse des salaires, ni sur la retraite à 60 ans, ni sur le retour à l’emploi, ni sur la durée et le droit du travail, ni sur la protection sociale, la santé et l’école.
 
Nous, c’est ce qui nous préoccupe le plus :
 
-       1°)  Il y a eu 8 millions de manifestants l’an passé en défense de nos retraites, les lois Balladur, Fillon et Woerth ont été imposées brutalement, en 1993, 2003 et 2010 contre une majorité écrasante de 75 % de l’opinion, et elles échouent puisque la moyenne des annuités cotisées réelle des salariés a baissé en 15 ans de 37,5 à 36 annuités alors que les lois imposaient de passer de 37,5 annuités à 41,5. Le seul résultat est une forte baisse du niveau de pensions que nos concitoyens n’acceptent pas. Comme il y a ambiguïté dans notre parti à ce sujet, non pas sur le droit à partir à 60 ans, heureusement presque tout le monde le défend, mais sur les annuités, le niveau, la pénibilité, on pensait que tu interrogerais François Hollande et Martine Aubry là-dessus. Il n’y a pas que l’allongement de l’espérance de vie qui compte comme paramètre, mais la réalité du chômage grandissant des jeunes et des « seniors ».
 
-       2°) Les salaires sont bas, beaucoup trop bas, c’est là, l’origine de toute la crise que nous subissons. Le coût du capital est trop élevé et le coût du travail trop bas. Il faut reprendre dix points qui ont été siphonnés par les profits sur les salaires. À commencer par le Smic qui devrait augmenter rapidement à 1700 euros, en guise de rattrapage et de stimulation de la relance de l’économie, du rejet de l’austérité et de la récession auxquelles Sarkozy nous a conduit. Hausser les salaires nets, c’est mieux vivre tout de suite, pour des millions de salariés pauvres, mais c’est aussi remplir avec les cotisations, le salaire brut, nos caisses de protection sociales, collectives. Imposer l’égalité salariale professionnelle hommes/femmes par la loi avec sanction. Une allocation-autonomie pour les jeunes.
 
-       3°) Cinq millions de chômeurs : il n’y aura pas de réduction du chômage de masse sans réduction du temps de travail. Cela implique de rapprocher les dures réelles de la durée légale a 35 h voire 32 h, baisser les durées maxima, rendre les heures supplémentaires plus coûteuses que l’embauche, lutter contre le travail dissimulé, stopper la précarité, réguler la sous-traitance, rétablir le respect, l’hygiène, la sécurité dans les entreprises, le contrôle contre les licenciements abusifs et boursiers, des droits syndicaux nouveaux dans les entreprises. Le droit du travail donne du droit au travail. À ce sujet, nous avons noté qu’en six heures de discussion télévisées, nos six candidats, dont toi, n’ont jamais cité une seule fois le code du travail dont notre projet socialiste affirme pourtant qu’il faut le « reconstruire »… Cela ne dépend ni de l’Europe ni de la mondialisation : les 850 000 salariés de la restauration, par exemple, comptent parmi les plus surexploités alors qu’ils en sont nullement placés en concurrence internationale…
 
-       4°) Inégalités : la France n’a jamais été aussi riche et les richesses aussi mal partagées. 5 % de nos concitoyens possèdent près de 50% du patrimoine, 10 % possèdent moins de 1 % et les 85 autres se partagent le reste, 49 % des richesses. Notre peuple est en colère à fleur de peau sur cette question, contre la corruption, la gabegie, les richesses accumulées sans honte par l’élite privilégiée, et nous partageons pleinement ce rejet massif. C’est explosif. Nous proposons qu’il n’y ait plus de rémunération supérieure à 20 fois le Smic, aucun homme ne mérite quel que soit son génie, de gagner 20 fois plus qu’un autre. À l’école, on est souvent noté de 1 à 20, pourquoi gagnerait-on ensuite de 1 à 600 ? Il faut une réforme fiscale qui abaisse les impôts injustes, indirects  et hausse les impôts justes, directs et progressifs…En un mot, la redistribution des richesses, c’est la clef de l’alternative, c’est matériel, c’est palpable, c’est du sûr.
 
Comment dire ? C’est là que nous t’attendions !
 
On croyait que tes questions à Martine et François allaient d’abord porter là-dessus. Très concrètement, dans l’intérêt de toute la gauche. En tout cas, nous, ce sont celles que nous posons chaque jour. Car il y a des millions de voix en jeu contre la sale politique antisociale de Sarkozy, et il y a, avant la campagne officielle, encore de grandes précisions à obtenir dans le « projet socialiste » et dans celui de nos candidats : salaires, emploi, droit du travail, retraite, sécurité sociale, école. 35 h, 60 ans, 1700 euros, pas plus de 20 Smic. Ces questions parcourent au demeurant les programmes de nos alliés nécessaires du Front de gauche et des Verts, elles sont presque une condition pour l’unité victorieuse, dynamique, de toute la gauche.
 
Comme tu le sais, toi et nous, « Un monde d’avance » sommes présentés à ce jour, je crois à juste titre, et dans les deux cas, comme la gauche socialiste.
Nous avions obtenu, « UMA », en interne, un solide pourcentage au congrès de Reims de novembre 2008 sur une motion de gauche que nous avions déposée alors que tu choisissais un autre chemin. La façon dont tu te manifestes aujourd’hui dans ces primaires nous rapproche à nouveau et c’est tant mieux. Car il est nécessaire, selon nous, qu’il y ait une forte gauche socialiste capable d’emporter une majorité dans ce grand parti, de le faire rompre avec le social libéralisme et d’en refaire le grand parti capable d’unifier toute la gauche en la faisant gagner durablement.
 
Je vais répondre aux questions que tu as choisies, bien sûr. Mais permets moi de te redire franchement puisque tu parles franchement à tout le monde : proposons d’abord une redistribution des richesses, du travail, de la sécurité sociale, l’abrogation des lois de la droite contre nos retraites, car tout commence par là.
 
D’autant qu’on peut mieux le faire sans doute, si Martine Aubry gagne le 16 octobre.
Entre les deux candidats, tu le sais, François Hollande a choisi de privilégier la rigueur, la modération, la prudence, le « on ne promet pas trop parce qu’on ne pourra pas tenir beaucoup », il souhaite régler la dette, gérer rigoureusement l’existant. Martine Aubry est plus offensive, elle veut changer les choses pas seulement les « accompagner », elle l’a dit maintes fois, sur un ton plus convaincant : l’injustice sociale est devenue intolérable. François a un énorme talent, un entregent, un savoir faire, un charisme, il a dirigé le bureau national avec brio, sauvant parfois l’unité du parti. Et… Martine aussi. La différence est pour nous, à cette heure, dans la fibre sociale, et dans la détermination à affronter le système pour le changer. Beaucoup sentent, comme cela, la différence entre les deux « impétrants »… comme tu les appelles. Il n’y a pas photo, la gauche du parti est derrière Martine, en vertu de son positionnement d’ensemble. Il conviendrait, mais nous ne voulons pas te dicter ton choix, que tu la rejoignes et que tu nous rejoignes. Ensemble, nous ferons majorité, non ? Tu auras l’honneur d’avoir contribué à ce qu’une bonne position contre la finance et les banques soit adoptée. Nous aurons ensemble l’honneur d’avoir un programme social essentiel pour gagner, non ? Nous veillerons à ce que les promesses de changement soient tenues.
 
Ensemble, toi et nous, avec Martine Aubry.
 
Oh, certes, il y a des méfiances, et tu me les as exprimées lorsque nous nous sommes rencontrés à la fête de l’Humanité. Elles sont sans doute légitimes. J’en ai, nous en avons nous-mêmes, mais que faire ? Sinon, agir ensuite, de concert, et avec les grandes forces sociales en éveil. Les 2,5 millions d’électeurs qui sont venus répondre à l’appel du parti socialiste, le 9 octobre, les 8 millions de manifestants de l’an passé.. sans remonter plus loin. Notre pays est sans doute un des plus politisés au monde, nous pouvons en être fiers, et nous appuyer sur la conscience et le mouvement social.
 
Alors voici, maintenant, la réponse aux trois questions :
 
1°) La dette privée que les banques essaient de faire payer au public, c’est intolérable. Ce système de pillage des salariés grecs, italiens, portugais, espagnols, irlandais, islandais, et demain belge, français doit être mis à bas. Tout comme la dette du tiers-monde devrait être abrogée depuis longtemps : dans un grand rassemblement à la Bastille, lors du 200° anniversaire de la Révolution Française, nous militions pour cela. Il y a des dettes légitimes mais aussi des dettes illégitimes et des dettes odieuses. Le sort fait par la troïka UE/BCE/FMI à la Grèce est indigne. Il est possible aujourd’hui pour un gouvernement d’un pays de la taille de la France, de dire « stop », d’imposer un moratoire pour en faire l’inventaire par un audit public, nous serons applaudis dans le monde entier. Il faut trier toutes ces dettes, enquêter sur la spéculation, arrêter les forbans des « bad » banques, les juger. Levée du secret bancaire ! Et les puissances publiques, élues, souveraines, doivent décider de restructurer ou d’annuler les dettes selon leurs natures. Ce sont les citoyens et leurs élus qui doivent décider et non pas les charlataneries des agences de notation. Bien sûr qu’il faut séparer banques de dépôts et d’affaires, qu’il faut un grand pôle financier public, réglementer drastiquement les bourses, prendre enfin de fermes mesures contre les trous noirs fiscaux, imposer une taxe sur toutes les transactions financières, batailler pour sauver l’euro en reprenant collectivement, démocratiquement le contrôle d’une BCE et d’une monnaie stupidement affirmées « indépendantes ».
 
2°) Bien sûr que cela implique ensuite un « juste échange » c’est-à-dire un commerce européen et international dont les règles respectent le travail au lieu de l’écraser. Quel serait le « bon protectionnisme équitable » ? À nos frontières et en Europe ? Nous avons voté, toi et nous, en 2005, contre le TCE qui échoue et vole en éclats depuis. Un protectionnisme équitable, un juste échange, cela ne peut se construire que sur les règles les plus solides de l’Organisation internationale du travail (OIT) et pas seulement sur celles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Une organisation mondiale de l’environnement (OME) avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS), devraient avoir des pouvoirs d’élaboration, de décisions, de sanctions aussi fortes que l’OMC. Le droit du travail devrait être constitutif du droit de la concurrence afin que cette dernière ne soit plus féroce et faussée. Ça ne veut donc pas dire renfermer les peuples, chacun dans la concurrence (qui deviendrait vite aussi acharnée) de leurs frontières, mais combattre pour établir des règles par des organisations internationales mondiales qui aussi fortement régissent les lois du travail, la protection de l’environnement, la santé de tous les humains sur la planète. Ce qui veut dire, par exemple et concrètement en Europe, d’avancer vers un Smic européen, une législation sociale harmonisée selon le principe de faveur, une fiscalité comparable, etc.
 
3°) Oui, mille fois à une VI° république sociale, parlementaire, démocratique, écologique, féministe, laïque. Cela signifie notamment l’abolition de l’élection d’un président au suffrage universel, des élections à la proportionnelle, une interdiction du cumul des mandats en nombre et dans le temps, le vote des immigrés qui paient des impôts dans notre pays, un grand service public renforcé et élargi. Cela fait quelques décennies que ceux qui ont refusé le « coup d’état permanent » en rêvent et ont fait moult propositions là-dessus, nous sommes et resterons facilement d’accord.
 
Les propositions sociales, financières et institutionnelles que nous formulons, et que je reprends ici, sont aussi majoritaires parmi nos concitoyens, nous le croyons comme toi. Tout cela fait un plan d’action commun et d’ensemble possible. Mais ce plan a davantage de chances d’être mis en œuvre, puisqu’il faut choisir, avec Martine Aubry.
 
Cher Arnaud, nous faisons appel aussi à ton intelligence politique et à ta volonté de l’emporter demain face à la droite, sur un programme vraiment alternatif, sois assuré de notre engagement, de l’ancienneté et de l’opiniâtreté de notre combat socialiste, en ce sens.
 
Fraternellement, Gérard Filoche, mardi 11 octobre à 22 h

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Mercredi 12 octobre 2011 3 12 /10 /Oct /2011 10:32

Dans une tribune libre, deux membres de la sensibilité « Offensive socialiste » et du MJS  analysent les primaires du PS. Et tentent d’attirer Montebourg dans le camp Aubry.

    
Que de surprises ! La mobilisation, d’abord. Deux millions et demi d’électeurs de gauche ont fait le déplacement pour choisir le candidat en phase avec leurs aspirations. Le score de François Hollande ensuite. Beaucoup prédisaient sa victoire dès le premier tour, il n’en n’est rien. L’homme providentiel, le candidat plébiscité par les sondeurs, n’est plus : place maintenant à la politique et à la réflexion… Enfin ! Martine Aubry fait mieux que de résister face au candidat socialiste qui incarnait, bon gré mal gré, les pesanteurs de la Ve République dans nos rangs. L’ancienne Première secrétaire n’accuse qu’un retard de 8 points et elle dispose d’un réservoir de voix presque infini : les suffrages du peuple de gauche qui sait maintenant où est la dynamique pour se frayer un chemin vers le socialisme, malgré et contre la logique bonapartiste des primaires.

Le score de la Dame des 35 heures est un dur coup pour les analystes de salon qui lui prédisaient un enterrement de première classe ! Restent le résultat surprenant d’un Montebourg, qu’aucun politologue n’avait vu venir, ainsi que la déconfiture spectaculaire de l’apôtre de « l’Ordre juste ». Taisons enfin, par charité socialiste, le score obtenu par Manuel Valls, les électeurs de gauche ayant su renvoyer dans les cordes le candidat de droite. Bon débarras !

Le vote est clair et sans appel. Le positionnement à gauche d’Arnaud Montebourg s’est révélé payant. Il a occupé un espace politique abandonné par une gauche socialiste peu prompte à exister en tant que telle et peut-être piégée par un « sens des responsabilités » excessif. Les 17 % « récoltés » par le camarade Arnaud exprime une soif de gauche que seule Martine Aubry peut maintenant incarner. Plutôt bon sur le crédo de l’altermondialiste, l’Europe et le protectionnisme, les faiblesses de Montebourg sont apparues patentes sur les questions de protection sociale et des salaires. C’est là que la synthèse entre Martine Aubry et lui s’opère. Hollande aura beau tenter de draguer son électorat, son positionnement modéré peut bel et bien conduire le chantre de l’austérité de « gauche » à sa perte. Sans parler du soutien de Manuel Valls ! Celui qui est contre les 35 heures et le droit à la retraite à 60 ans, pour la TVA sociale, celui qui est toujours d’accord avec Sarko, celui qui voit des délinquants -forcément immigrés !- partout, celui qui voulait se désister pour DSK, rejoint sans état d’âme le camp de François Hollande. Quel aveu ! Ce ralliement a le mérite d’être clair, même s’il doit plonger le candidat des sondages dans l’embarras…

Martine Aubry, elle, a tout de suite parlé du fond. Et c’est ce qui a plu aux salariés pendant la campagne de la primaire : du débat, de la confrontation d’idées, des propositions, bref tout ce qui nous oppose à une droite qui infantilise. Lorsque Martine Aubry réaffirme son refus « d’entrer dans une course à l’austérité avec la droite », lorsqu’elle veut agir pour ceux qui n’ont que leur force de travail à vendre pour vivre, qu’elle se bat contre les cumulards et autres barons locaux -socialistes ou non-, elle est naturellement la candidate qui représente le mieux les idées portées par Arnaud Montebourg.

Si ses électeurs de dimanche dernier sont cohérents dimanche prochain, alors Martine Aubry peut espérer tout autre chose que la sévère défaite annoncée par les thuriféraires du fait accompli. Ce sont les hommes et les femmes en mouvement qui font l’histoire, non les agences de notation et de sondage à qui l’immobilisme sied tant !

L’axe Martine-Arnaud, c’est l’axe gagnant, mais c’est aussi l’axe à construire. Tenter de récupérer l’électorat d’Arnaud Montebourg ne suffira pas pour l’emporter. Ce dernier n’ayant aucun intérêt personnel à donner de consigne de vote, il va falloir aller plus loin encore en s’ancrant davantage à gauche et pour de bon, afin de convaincre les ouvriers et les employés qui ne se sont pas déplacés hier. Confirmer le double coup de pouce au SMIC, défendre bec et ongle la retraite à 60 ans, insister sur l’exigence de salubrité publique que constitue la création d’un salaire maximum : il suffit que Martine défende ce programme chevillée au corps, et les voix qui lui manquent pour gagner viendront. Le cœur de l’électorat socialiste est bien plus marqué à gauche que la direction du parti, le résultat du 9 octobre en est la preuve manifeste.

Martine Aubry n’a pas le droit à l’erreur cette semaine. Le champ à gauche est grand ouvert pour elle et, si elle s’y engouffre, Hollande risque fort de tomber à droite. Les salariés attendent un signal fort faisant vivre en eux l’espérance d’une gauche capable de renverser l’ordre capitaliste établi, de redistribuer les richesses en récupérant ce que les « banksters » ont piqué dans les poches des salariés, et de foutre dehors la bande du Fouquet’s. Ils souhaitent en découdre, ils ne veulent pas d’une gauche d’accompagnement, ils désirent une gauche de transformation et de changement. À Martine Aubry d’incarner cet espoir à gauche et la victoire sera au bout du chemin.



Venez voter le 16 octobre

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Jeudi 6 octobre 2011 4 06 /10 /Oct /2011 11:18

Benoit Hamon fait le service après-vente. Au lendemain du troisième débat de la primaire socialiste, le bras droit de Martine Aubry a taclé François Hollande : "Si le message de la gauche, ça devait être (…), nous on fera l'austérité mais différemment (…), nous perdrons l'élection présidentielle car nous n'arriverons pas à convaincre ", a lancé, jeudi 6 octobre sur LCI, le porte-parole du PS. Le camp aubryste essaie ainsi de mettre en exergue le leitmotiv de la rigueur du député de Corrèze pour mieux marquer la différence avec la maire de Lille.

 

 

"Politiquement, on a jamais eu autant de marge de manœuvre et ça invite à l'ambition et pas à la timidité", explique ainsi M. Hamon. Pour lui, le PS, avec son programme, s'est engagé sur un certain nombre de réformes et doit s'y tenir. Ainsi sur les retraites, il a insisté : "Cette question de la liberté de partir à 60 ans, je pense qu'il faudra que [François Hollande] précise exactement s'il y est favorable. (…) C'est un engagement que nous avons pris solennellement devant les Français."

MARTINE AUBRY RESTERA PREMIÈRE SECRÉTAIRE DU PS

A quatre jours du premier tour de la primaire, le conseiller régional d'Ile-de-France estime aussi que les jeux ne sont pas faits. "Il  n'aura pas beaucoup d'avance à mon avis au second tour et moi j'invite ses lieutenants, avant de jouer le 3e tour, à se concentrer sur le 1er tour ", a dit M. Hamon, dénonçant ainsi le triomphalisme des amis du champion des sondages.

M. Hamon a également averti que Martine Aubry n'abandonnerait pas ses prérogatives de numéro un du parti. Qu'elle gagne ou qu'elle perde, elle "restera première secrétaire du PS ", a insisté Benoît Hamon. Mme Aubry s'est provisoirement, le temps de la primaire, mise en congé du poste de première secrétaire du PS au profit de Harlem Désir.

Le Monde. fr avec AFP
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Jeudi 6 octobre 2011 4 06 /10 /Oct /2011 09:52

Non,  Monsieur Hollande, les jeux ne sont pas faits, comme le fanfaronnait Pierre Moscovici, le coordinateur de campagne de François Hollande, qui a lancé cette phrase peu après 22 heures, sur la plateforme de microblogging twitter.

Ce ne sont pas les sondages qui déterminent les résultats des élections, ce sont les électeurs ! Ce n'est que le 16 octobre à 19 heures que les jeux seront faits, quand les électrices et les électeurs auront exprimé leur choix.

 

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Mercredi 5 octobre 2011 3 05 /10 /Oct /2011 12:10

Une nouvelle fois, des sondages sont publiés. Une nouvelle rafale de chiffres, comme par hasard à la veille du troisième débat télevisé, comme si on voulait confisquer la primaire. Inutile d'écouter ou de regarder le débat, inutile de comparer les propositions, inutile de jauger les compétences et les aptitudes: l'opinion a déjà décidé à votre place !

Et surtout Nicolas Sarkozy a choisi le candidat qu'il préfère affronter lors de l'élection présidentielle de 2012.

il est bien évident que l'offensive médiatique qui tend depuis plusieurs mois à désigner pour nous François Hollande comme étant le meilleur des candidats socialistes, est orchestrée par l'Elisée.

c'est en effet le candidat contre lequel le Président sortant à le plus de chance de l'emporter, en ratissant le centre gauche, alors que l'électorat de gauche est plus favorable à Martine Aubri.

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Mercredi 5 octobre 2011 3 05 /10 /Oct /2011 11:46

Jean-Christophe Cambadélis, député socialiste de Paris | LEMONDE | 05.10.11 | 11h03 


 

 

Jean-Christophe Cambadélis, député socialiste de Paris, le 1er octobre 2010.

Jean-Christophe Cambadélis, député socialiste de Paris, le 1er octobre 2010. AFP/FRED DUFOUR

 

Tout est ouvert. D'autant que les Français n'aiment pas qu'on les tire par la manche pour leur dire ce qu'il faut voter ! Ils viennent d'obtenir le droit de désigner le candidat de la gauche au second tour de la présidentielle. Ce n'est pas pour se faire confisquer ce droit par des sondages pour le moins aléatoires.

En 2006, Ségolène Royal était aussi portée par les sondages, et l'avait largement emporté...

Il ne vous a pas échappé que les sondages évoquaient alors une future victoire à la présidentielle. Et qu'une fois Ségolène Royal désignée, les sondages se sont retournés. Il faut plutôt faire confiance au peuple de gauche. Celui-ci désignera celui ou celle qui peut gagner, qui portera ses valeurs et qui gouvernera avec fermeté dans un environnement pour le moins incertain.

Est-il possible de résister à l'argument du vote "utile" ?

Pour l'instant, Martine Aubry et François Hollande écrasent Nicolas Sarkozy au premier tour de la présidentielle. La primaire a permis à François Hollande de se construire en candidat raisonnable et à Martine Aubry de se positionner au cœur de la gauche. C'est le peuple qui va trancher le centre de gravité de cette gauche. Après, ce sera tous derrière. Et lui ou elle devant.

Mme Aubry s'en prend souvent au caractère présumé indécis de M.Hollande. La personnalité de la maire de Lille constitue-t-elle un avantage concurrentiel ?

Quel que soit le candidat issu de la primaire, les socialistes n'auront pas à en rougir. Le problème est moins le prétendu caractère de François Hollande – encore qu'il en faudra pour affronter les crises de toutes sortes auxquelles nous sommes confrontés. Mais j'ai juste un souci politique avec François Hollande.

A force de ne rien promettre, on donne l'impression de ne rien vouloir changer. Je rappelle que la formule de Pierre Mendès France, c'est: "Gouverner c'est choisir". Et pas : "Refuser de choisir". François, en préconisant le "zéro déficit" en 2017, mise tout sur la réduction des déficits, ce qui me semble économiquement peu praticable et politiquement dévastateur.

Enfin, une campagne présidentielle tout entière articulée autour du seul rejet de Nicolas Sarkozy, on l'a déjà fait face à Jacques Chirac… en 2002.

A partir de quel écart entre M. Hollande et Mme Aubry au premier tour estimerez-vous que la partie est perdue ?

Lorsque l'un des deux aura fait plus de 50 % au second tour !

Comment peut-elle rattraper son retard ?

Encore faudrait-il qu'elle soit en retard. Et le terrain ne le prouve pas, bien au contraire : les remontées montrent que Martine Aubry est en dynamique.

La "dynamique" des ralliements, justement, n'est-elle pas plutôt en faveur de M. Hollande ?

Vous auriez pu citer, pour Martine Aubry, l'ambassadeur Stéphane Hessel ou l'ancien procureur général Jean-Louis Nadal. Cela dit, malgré tout le respect que j'ai pour ces personnalités, c'est la dynamique d'en bas qui compte.

Si elle n'est pas désignée, Martine Aubry peut-elle rester première secrétaire du parti ?

Tout à fait. Je déconseille, après avoir clos un chapitre de compétition, d'en ouvrir un nouveau. Martine Aubry, si elle gagne, restera première secrétaire. Et si elle perd, elle le redeviendra. Et je ne vois pas – à moins de souhaiter la division – pourquoi il en serait autrement.

La succession de Martine Aubry commence-t-elle à s'organiser ?

Je crois malheureusement que, dans beaucoup de têtes, il y a la perspective quasi mécanique de la victoire, et donc beaucoup de rêves de portefeuilles ministériels. Mais nous sommes peu à penser à la succession de Martine Aubry.

Dominique Strauss-Kahn va-t-il intervenir d'ici au second tour ?

Je pense que DSK ne refusera sûrement pas de donner quelques conseils sur les questions économiques. Mais, à ma connaissance, il n'interviendra pas dans le débat public avant longtemps. La situation fait qu'il n'est plus tout à fait aussi audible qu'auparavant.

Propos recueillis par David Revault d'Allonnes
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Vendredi 30 septembre 2011 5 30 /09 /Sep /2011 09:24
"...Ce qui a été clair dans le discours de Martine Aubry, c'est que dès lors qu'elle sera élue présidente de la république, il y aura des mesures qui vont changer concrètement la vie des gens. Le fait de s'engager, comme première mesure, sur l'égalité salariale, augmentera le salaire des femmes et surtout augmentera le revenu de toutes les familles où une femme travaille. C'est en montrant concrètement ce que serait la vie des Français avec la gauche plutôt qu'avec la droite, que l'on pourra gagner l'élection présidentielle..."    

"...La question sociale sera centrale dans l'élection présidentielle. En clair une politique de gauche ce n'est pas aménager un peu plus généreusement les politiques de droite. Ceux qui cliveront avec la droite auront une chance de battre Nicolas Sarkozy.  C'est l'enjeu de la primaire des 9 et 16 octobre..."  

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Jeudi 29 septembre 2011 4 29 /09 /Sep /2011 15:41

Dans un débat long, parfois désordonné, mais éclairant et qui est à l'honneur de la gauche, Martine Aubry a été la plus précise, la plus volontaire, la plus rassembleuse, et finalement la plus sereine.

>> Diffusez les vidéos du débat

- La plus précise dans les solutions: loin des généralités, elle a fait preuve de clarté.

Le sérieux plutôt que le verbeux, c'est la marque Aubry. Sur les licenciements, elle est la seule à proposer une action avant qu'il ne soit trop tard.

Sur la stratégie de sortie de crise, elle est la seule à tracer un chemin pour lutter contre les déficits financiers et de croissance. Sur les allocations familiales, elle est la seule à dire que l'aide de l'Etat (allocations familiales et quotient familial) doit etre la même pour chaque enfant : 250 € par mois, 3 000 € par an, alors qu'actuellement, cela va de 0 a 5 000€ pour les plus riches. Sur le recrutement des policiers et gendarmes, elle s'engage sur 10 000 postes sur 5 ans pour un coût de 300 millions d'euros par an.

- La plus volontaire aussi dans les engagements : quand certains sont fatalistes, elle fait preuve d'ambition.

Sur l'emploi des jeunes, elle veut rendre possible la première expérience professionnelle pour 300 000 jeunes plutôt qu'un cadeau de 8 milliards d'euros aux entreprises et surtout aux plus grandes sans garantie d'embauches durables.

Sur le SMIC, elle est la seule a prendre un double engagement : un coup de pouce chaque année pour  qu'il augmente autant que les salaires  et le rattrapage du retard pris depuis 2007, soit un demi-mois de salaire en plus (500€ nets).

- La plus rassembleuse de la diversité des positions: Martine Aubry est centrale a gauche.

Sur le commerce mondial, entre l'autarcie et le libre-échange sans règles, elle propose le juste échange et la réciprocité commerciale.

Sur le pouvoir d'achat, elle propose d'agir pour la croissance et le Smic, mais aussi pour réduire les dépenses du quotidien (encadrement des loyers, tarifs essentiels pour électricité et gaz). Sur la sécurité, elle propose des réponses justes et proportionnées des le premier acte de délinquance. Sur l'immigration, elle propose une politique ferme et humaine.

- La plus sereine dans le leadership que l'on attend de la prochaine présidence. Elle s'est imposée comme la patronne dans le débat : avant chaque pause publicitaire, c'est elle qui a «ramassé» les discours pour donner cohérence et force à la gauche.

Clarifier les positions et rassembler les différences, c'est l'essence même de la fonction présidentielle dans le pays et dans les relations internationales : aux sommets européens, aux G8 et aux G20, mais aussi face aux lobbies bancaires, il faudra une patronne - ne parle-t-on pas de chef de l'Etat ?

Elle a défendu avec hauteur de vue les principes républicains fondamentaux que le sarkozysme a bafoués : droit commun pour la présidence  et les ministres, indépendance de la justice, respect de la présomption d'innocence.

Enfin, dès la première minute du débat, elle est la seule a se projeter le 7 mai, au lendemain de son élection : pour engager le plan anti-crise en France, pour rencontrer la chancelière allemande des le premier jour du quinquennat pour réorienter l'Europe, pour consacrer la première loi soumise au Parlement a l'égalité salariale entre les hommes et les femmes. Ainsi le progrès sera-t-il ré-enclenché par la première femme - une femme de gauche - présidente de la République.

Si elle est précise et volontaire, rassembleuse et sereine, c'est parce que Martine Aubry s'est préparée et qu'elle est prête a affronter Sarkozy pour le battre, à faire gagner la gauche pour faire gagner la France. En un mot elle est prête a présider la République.


A bientôt,


L'équipe de campagne

P.S.: Pour mener cette campagne, nous avons besoin de toi ! Nous t'invitons à faire grandir notre équipe grâce à nos nouveaux outils de campagne:
>> http://www.martineaubry.fr/les-outils-de-campagne

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Jeudi 29 septembre 2011 4 29 /09 /Sep /2011 15:35

Les personnalités du courant socialiste «Un monde d'avance», l'aile gauche du parti emmenée par Benoît Hamon et Henri Emmanuelli, lancent un appel aux électeurs de toute la gauche, en faveur de la candidature à la primaire de la première secrétaire sortante du PS.


Avec les primaires citoyennes, les socialistes et les radicaux ont mis entre les mains du peuple de gauche –c'est-à-dire de tous les Français qui se reconnaissent dans les valeurs de la gauche et de la République– la désignation de leur candidat en 2012. Les 9 et 16 octobre prochain se joue non seulement le choix d'une personnalité, mais aussi et surtout une stratégie et un projet politiques.

 

La future majorité présidentielle n'aura ni le même périmètre ni le même contenu selon que telle ou tel sera élu(e) le 16 octobre.

 

Notre appel s'adresse donc aussi aux électeurs de gauche qui ne votent habituellement pas socialiste au premier tour des élections. Vous êtes sympathisant écologiste, communiste, front de gauche, républicain... Vous êtes syndicaliste et impliqué dans les luttes et les mouvements sociaux dans votre entreprise, à l'hôpital, à la Poste, à l'Education nationale, à Pôle emploi ou dans toute autre administration ou service public. Vous êtes militant associatif, altermondialiste, humanitaire, engagé dans le combat pour les droits de l'homme et la lutte contre le recul des libertés fondamentales. Vous n'êtes pas forcément socialiste mais de gauche. Vous pouvez décider du choix du candidat qui pourrait figurer au second tour de l'élection présidentielle face à Nicolas Sarkozy.

 

Les primaires vous offrent le choix de plusieurs candidats, plusieurs tempéraments, plusieurs identités politiques.

 

Nous connaissons ce qui fait débat entre les partis de gauche. Nous identifions des convergences: la démocratisation des institutions, le soutien aux services publics, la nécessité d'augmenter le pouvoir d'achat, la réforme fiscale et l'augmentation des prélèvements sur le capital. Nous connaissons aussi les sujets qui font toujours débat, les priorités sociales, le nucléaire et la transition écologique, la politique salariale, certains aspects de la construction européenne.

 

Voilà des années que nous sommes engagés, souvent au côté des autres forces de gauche et écologistes, mais aussi en soutien et en solidarité avec les mouvements sociaux, pour faire obstacle aux politiques de la droite, au démantèlement de notre modèle républicain, à la remise en cause des droits sociaux et des avancées issues du Conseil national de la Résistance.

 

Au sein de notre parti, nous avons défendu ces exigences, proposé une voie alternative au néolibéralisme, soutenu des idées qui hier semblaient minoritaires et apparaissent aujourd'hui indispensables face à la crise: ainsi du retour assumé de l'intervention publique, de la taxation des mouvements financiers, de la hausse des salaires qui ne sont pas l'ennemi de l'emploi, de la nécessaire transition énergétique...

 

Ces sujets qui font débat à gauche, font aussi débat entre les candidats à la primaire. Les priorités ne sont pas les mêmes, sur la rigueur budgétaire, les restrictions au libre échange, la lutte contre les délocalisations et les licenciements boursiers ou le non cumul des mandats.

 

Nous avons participé activement  à l'élaboration du projet socialiste et avons pu observer la capacité et la volonté de Martine Aubry de prendre en compte notre point de vue dans une synthèse nouvelle entre la responsabilité de gouverner et l'ambition de transformation sociale: création d'une banque publique d'investissement, sortie progressive et définitive du nucléaire civil, réduction des écarts de salaire, juste échange contre le dumping social et environnemental, réorientation radicale du projet européen, revalorisation des salaires.

 

Au-delà de ses qualités de dirigeante qui fédère, ses aptitudes de femme d'Etat qui n'oublie pas qu'elle est socialiste avant d'être gestionnaire, c'est à l'aune de sa détermination à engager le pays vers un nouveau modèle de développement que nous avons décidé de lui apporter notre soutien.

 

Avec nous, avec les socialistes et les radicaux, votez le 9 octobre pour Martine Aubry.

 

 

Benoît Hamon, membre du bureau national du parti socialiste
Henri Emmanuelli membre du bureau national
Marie-Noëlle Lienneman
 membre du bureau national
Pouria Amirshahi
 secrétaire national
Charlotte Brun
 secrétaire national
Pascal Cherki
 membre du bureau national
Stéphane Delpeyrat
 membre du conseil national
Olivier Dussopt
 porte-parole de Martine Aubry
Gérard Filoche
 membre du conseil national
Jérôme Guedj
 membre du bureau national
Razzy Hammadi 
secrétaire national
Régis Juanico
 secrétaire national
Bruno Julliard
 secrétaire national
Renaud Lagrave
 membre du bureau national
Marianne Louis
 secrétaire national
Emmanuel Maurel
 secrétaire national
Germinal Peiro
 secrétaire national
Nadia Pellefigue
 membre du bureau national
Paul Quilès
 ancien ministre
Liem Hoang-Ngoc
 secrétaire national adjoint
Roberto Romero
 secrétaire national adjoint
Isabelle Thomas
 membre du bureau national
Michel Vergnier
 membre du bureau national

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