Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /2010 13:56

Regardons les choses en face.

Le monde change, le vent souffle et il peut nous porter loin. Mais, pour cela, nous devons enfin reprendre l’initiative et ne plus subir. Ne plus subir la droite, son discours et son agenda. Ne plus subir l’air du temps, la dictature de l’opinion et des médias. Ne plus subir les évolutions imposées par nos adversaires comme une fatalité insurmontable. Ne plus subir le temps comme un agent érosif de nos valeurs.

Le vent souffle. Il nous portera loin si nous orientons les voiles dans le bon sens.

Nous avons gagné les élections chaque fois que nous avons eu un temps d’avance. Un temps d’avance sur l’adversaire, un temps d’avance dans la compréhension du monde, un temps d’avance sur les métamorphoses de la société.

Aujourd’hui nous devons avoir un monde d’avance. Là où la droite contemple les ruines d’un modèle de développement fondé sur le laisser-faire généralisé, la gauche est seule légitime pour lever une nouvelle espérance.

A nous de reconstruire l’espoir à gauche. 
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Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /2010 13:54

Des années décisives, notre système de retraites en a déjà connu depuis 1993 : 1995, 2000 (pour les retraites complémentaires du secteur privé), 2003… Mais 2010 sera de nouveau une année décisive parce que le gouvernement et le Medef ne sont pas encore arrivés à leurs fins et qu’ils comptent bien utiliser le déficit record laissé par la crise (produit direct de leurs politiques néolibérales) pour aller encore plus loin dans leur contre-réforme de notre système de retraites. Lisez le dossier d’Un monde d’avance.

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Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /2010 13:51

mardi 19 janvier 2010 par Gérard Filoche

 
Vive la durée légale à 35 hebdomadaires !

Les 35 h sont une bonne chose pour 100 % des salariés. Elles s’appliquent à 100 % des salariés, car c’est une durée légale d’ordre public social.

Le Medef veut mettre fin à ce que les durées du travail soient d’ordre public social et les remplacer par des durées à la carte, incontrôlables, genre durée hebdomadaire à la carte, ou retraite à la carte.

Lorsqu’il y a des problèmes avec les 35 h, c’est que la durée légale n’est pas respectée, que les heures supplémentaires ne sont pas comptabilisées, majorées, payées, c’est qu’il y a vol et dol au détriment des salaires, de la santé, de l’emploi.

Sarkozy a dépensé 300 millions d’euros pour forcer 600 000 salariés à travailler moins pour travailler moins au chômage partiel. Il a dépense 4,4 milliards pour pousser à 650 millions d’heures supplémentaires soit l’équivalent de 340 000 emplois. Il a créé 1500 chômeurs par jour, 4 millions de chômeurs. Il a supprimé 100 000 emplois dans la fonction publique pour économiser 3 milliards et il a donné ces 3 milliards aux restaurateurs qui n’ont créé aucun emploi mais qui ont continué à surexploiter leurs 850 000 salariés.

Comment Sarkozy ose t il en pleine croissance du chômage, s’en prendre aux 35 h alors que, justement, il faut les restaurer, les protéger, comme instrument privilégié pour la redistribution des richesses, pour les salaires, pour l’emploi et pour la santé des salariés ?

Comment Sarkozy ose-t-il pousser au travail des “seniors”, allonger la durée du travail sur la vie, alors qu’il y a 23 % de “juniors” au chômage ?

Vive la retraite à 60 ans !

La conquête du droit à la retraite à 60 ans est celle de toute la gauche dont les socialistes. Aucune raison ne peut pousser les socialistes à renoncer à un droit aussi emblématique, nécessaire pour la vie des salariés, pour la redistribution des richesses. Le parti socialiste, dans tous ses congrès, dans toutes ses résolutions a voté pour la défense d’une telle conquête, et l’ensemble des ses instances se doit de défendre ce qui a été collectivement adopté en toute occasions. L’ensemble des syndicats défend la retraite à 6O ans à taux plein, par répartition, à 75 % de taux de reversement, et ans qu’aucune ne puisse être inférieure au Smic, face aux menaces qui pèsent sur elle du fait du pouvoir sarkozyste surtout en cette année 2010, surtout à la veille des élections.

Gérard Filoche

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Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /2010 13:35

Inacceptable débauchage des élus Modem sur la liste de Ségolène Royal !


Ségolène Royal annonce fièrement «  une prise de guerre », en présentant sa liste avec  cinq dissidents du Modem ! C’est une grave erreur et cela ne fait que renforcer cette confusion politique qui lui fut fatale lors des élections présidentielles. Cela affaiblit la gauche et fait le bonheur de Nicolas Sarkozy.


Cette attitude est inacceptable pour des socialistes sincères et non pour des motifs de sectarisme présupposé !

Premier point, le congrès du PS a une très large majorité (plus de 60%) rejeté toute idée d’alliance au centre et réaffirmé la nécessité d’assurer le rassemblement de la gauche ! Certes Ségolène Royal peut s’asseoir sur les choix d’orientation du Parti et de ses militants. Elle peut juger que les choix de personne passent avant tout, faisant référence à son score lors de l’élection au poste de premier secrétaire.

Il est pourtant bien illusoire d’imaginer pouvoir se passer du soutien de ses camarades et jouer contre les siens. Ségolène Royal peut avoir un égo démesuré, il l’égare. Une fois de plus, elle imagine gagner contre le PS. D’ailleurs les militants ont manifesté leurs doutes lors de la désignation interne. Elle fut la tête de liste PS la moins bien élue. Qui peut imaginer que cela n’aura aucun impact sur la campagne ?

Certes le rejet de la politique gouvernementale, un scrutin de listes où , en dépit de cette composition plus que critiquable, se retrouvent des militants et élus sincèrement à gauche  peuvent assurer dans cette région – et j’espère la plupart- la victoire de la présidente sortante. Mais le prix politique viendra de toute façon, à un moment ou un autre . Evitons cela maintenant.

Ségolène Royal a fait cette annonce du débauchage des élus sortants du MODEM, sans avoir recueilli l’accord des socialistes picto-charentais. Bon nombre d’élus avaient manifesté leurs réticences depuis longtemps ! Elle les a pris en otage et mis devant le fait accompli. Ils auraient bien tort de laisser faire.

Second point, cet accord au premier tour rendra plus difficile le rassemblement de toute la gauche au second. Les autres partis de gauche ne manqueront pas de manifester leurs désaccords tant sur le fond que sur la méthode.



Sur le fond, parce que la plupart des électeurs savent que l’opposition à Sarkozy ne fait pas une politique et que par exemple sur les retraites ou la relance de l’économie par la redistribution sociale, les amis de Bayrou ne sont pas d’accord avec les socialistes. En cette période de crise sociale, ce n’est pas une mince affaire.

Sur la méthode aussi, car il en va d’une certaine conception de l’éthique en politique ! Les électeurs qui ont déjà du mal à se sentir motivés par la participation au vote des régionales, risquent de ne pas être très prompts à participer à ce qui peut leur paraitre comme une tentative de plébiscite, une entreprise d’affaiblissement du message de la gauche ou une sorte de jeu politicien pour le pouvoir et non le combat pour un projet de société et de transformation des conditions de vie de nos concitoyens !

Incapable d’avoir rassemblé, dès le premier tour, les Verts, le Front de gauche, Ségolène  Royal a tort de voir dans le ralliement des ces élus centristes un renforcement. Ce choix éloignera au premier tour des électeurs de gauche qui aurait pu «  voter utile » et ne le feront pas, refusant de cautionner la confusion. Il tend les relations avec nos alliés pour le second tour.

De la même façon ses débauchages individuels chez les Verts auront un effet dévastateur sur la dynamique de deuxième tour et les discussions avec nos alliés. Il est d'ailleurs assez étonnant de voir à quel point Ségolène Royal met en avant les dissidents verts et MODEM de sa liste plutôt que les radicaux de gauche, avec lesquels nous avons nouer un accord politique et qui eux ne présentent pas de liste contre nous…

Permettez-moi de jouer une minute l'ancienne combattante et de rappeler une des principales leçons que m'a apprise François Mitterrand : en politique, soit on trouve un accord sur un programme et une liste communs pour construire une dynamique unitaire, soit on se nourrit de nos différentes identités politiques en les respectant au premier tour pour mieux se nourrir de leur force au deuxième tour.

Mais à ne faire ni l'un ni l'autre on ne récolte que les inconvénients des deux options : la division et la rancœur. Et il ne s'agit pas seulement que des élus et des appareils : il s'agit d'abord et avant tout des électeurs, nos électeurs, ce peuple de gauche en plein désarroi qu'il nous faut reconquérir en faisant renaître l'espoir de lendemains meilleurs, et osons le dire de nouvelles conquêtes sociales, et non par des attitudes de diva et des stratégies de marketing.

La méthode, elle-même, est assez déplorable et s’inscrit dans une étrange symétrie avec les manœuvres de Sarkozy, à savoir le débauchage individuel de personnalités, plus ou moins frustrées dans leurs partis, qui vont à la soupe dans le camp d’en  face !
A peine passées dans l’autre bord, elles renient leurs convictions en sombrant dans un cynisme peu reluisant ; en tout cas tant que le pouvoir est solide et fort. L’histoire montre qu’à la première fragilité de ceux qu’ils ont rejoint, ils trahissent et repartent  avec armes et bagages ailleurs !!! Le terme «  prise de guerre » est bien révélateur : on s’affronte en vase clos entre gens du même monde, plutôt que de proposer des alternatives politiques soumises au choix des électeurs et qui mettent en mouvement, très largement,  la société.

Et ce n'est pas un hasard si, fidèle à sa stratégie de triangulation, qui nous a fait tant de mal en 2007, Ségolène Royal reprend à nouveau les mots de l'adversaire " Poitou-Charentes, notre fierté ", tel est son slogan ; et l’ « Identité régionale » était au menu  de son premier meeting !


Les électeurs ont bien compris que les idées, les convictions ne font rien à l’affaire, qu’on est dans des affaires de postes, de boutique, bien loin de la défense de leurs intérêts et d’une vision de l’avenir. La politique dans ce qu’elle semble si décevante ! C’est le grand mercato des trahisons ! Ce serait aussi la preuve que les différences idéologiques et politiques ne seraient plus déterminantes.

Et si justement, alors que la crise ébranle le monde et touche directement tant de foyers, les français attendaient que la politique soit à la hauteur de ce grand défi et pas au ras des pâquerettes des petits arrangements personnels !

La direction du PS se croit quitte car il n’y a pas alliance en bon et du forme avec le Modem… Encore heureux ! Mais ce racolage de bas étage n’est pas plus reluisant ! Si les élus de Poitou-Charentes, si le PS  sont incapables de réagir et de refuser cette méthode, on découvrira, sans doute un peu plus tard, le lourd tribu que nous paieront à ce laisser-faire : un doute profond sur la rénovation du Parti socialiste et sur une rénovation à gauche !

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Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /2010 13:30

Le Parisien.

Comment avez-vous trouvé le président ?

Nicolas Sarkozy a été décousu. Sa méthode n’opère plus, elle est épuisée. L’échange avec le salarié de l’automobile a été frappant. Les tentatives de diversion de Nicolas Sarkozy, en rappelant notamment ce qu’avaient fait les socialistes, n’ont pas fonctionné. Plutôt que de parler du bilan des autres, les Français lui demandent de justifier le sien. Or, celui-ci apparaît clairement  : il est plus mauvais que celui de ses prédécesseurs. Coïncidence cruelle pour lui, cette émission tombe au moment où Barack Obama a annoncé une réforme très audacieuse du secteur bancaire. Pendant ce temps, Nicolas Sarkozy, qui avait fait de grandes déclarations sur les rémunérations excessives des grands patrons, accepte que Henri Proglio (NDLR : président d’EDF et de Veolia) touche 13 millions d’euros de retraite chapeau. Le chef de l’État incarne un pouvoir politique démissionnaire devant les problèmes, là où d’autres prennent les problèmes à bras-le-corps.

Sur l’emploi, il a assuré que le chômage allait baisser prochainement. Vous y croyez ?

Mais qu’est-ce qui va baisser ? Les chômeurs d’une catégorie (NDLR : Pôle emploi distingue 5 catégories) et toutes les autres vont augmenter… C’est toujours pareil avec Nicolas Sarkozy, ce qu’il dit infirme ce que chacun voit de ses propres yeux.

Il a quand même souligné que dans les autres pays européens, sauf en Allemagne, le chômage avait augmenté plus vite…

Mais enfin, qu’il compare des choses comparables. On peut dire que le chômage augmente plus en Grèce ou en Irlande, mais sans vouloir vexer les Grecs, c’est facile. Je préfère qu’on se compare à l’Allemagne.

Sur les retraites, il a avancé certaines pistes comme l’allongement de la durée de cotisation et la prise en compte de la question de la pénibilité. Cela vous va ?

La pénibilité est un dû de la réforme de 2003. Allonger la durée de cotisation ne sert à rien tant qu’on n’aura pas réglé le problème de l’emploi des seniors. Quels que soient les engagements de Nicolas Sarkozy, allonger la durée de cotisation baissera le niveau des retraites.

Il s’est engagé à consulter notamment Martine Aubry sur la question. Y a-t-il un consensus possible ?

Il n’y aura pas de compromis avec le PS sur une réforme qui ferait supporter le fardeau des efforts aux salariés. Martine Aubry n’a jamais évoqué une remise en cause de l’âge légal de la retraite.

Le président a assuré qu’il ne s’engagerait pas dans la campagne des régionales…

C’est pourtant ce qu’il a fait sur TF1 hier soir …

Propos recueillis par Rosalie Lucas.
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Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /2010 14:13
J'aurais aimé, en ce début d'année 2010, pouvoir vous présenter des voeux de bonheur, de santé, de prospérité, etc.
Mais comment le faire quand la liste des chômeurs s'agrandit chaque jours,
quand la précarité s'accroit au quotidien,
quand la liste des PME/PMI en faillites s'allonge en permanence, mettant toujours plus de travailleurs à la rue,  
quand les déficits de la France qu'on aime atteignent des niveaux inégalés,
quand les prix augmentent alors que les salaires et les retraites stagnent,
quand ...
Nous avons les moyens de rendre cette année 2010 meilleure :
mobilisons nous les 14 et 21 mars prochain lors des élections régionales, pour envoyer un signal fort à Nicolas Sarkozi en ne laissant aucune Région à la droite!
rassemblons toutes les forces de gauche et de progrès pour signifier que les françaises et les français en ont assez de la politique désastreuse de l'UMP!
Si nous savons redonner de l'espoir à nos amis, à nos parents, à tous ceux qui souffrent, alors nous pourrons dire bonne année 2010.
R. MICHENON 
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Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /2010 14:11

« Face à nous » sur Public Sénat mercredi 20 janvier à 19h30.

« Grandes gueules » sur RMC jeudi 21 janvier à 12h30.

« Le forum » de Radio J dimanche 24 janvier à 14h20.

Le Mouv’ dimanche 24 janvier à 20h.

« La voix est libre » sur France 3 IDF  samedi30 janvier à 11h35

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Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /2010 14:09

Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste, Damien Loup, magistrat et Aude Evin, avocate, dénoncent dans Mediapart le risque d’une justice inégalitaire, et plaident pour le renforcement de l’indépendance du parquet.

Il s’est passé jeudi dernier quelque chose d’assez rare pour être souligné. Pour la première fois, des centaines de magistrats, fonctionnaires de justice, avocats se sont retrouvés unis sur les marches du palais de justice de Paris pour dénoncer la disparition programmée du juge d’instruction.

On les comprend. Le projet du gouvernement, tel qu’il se présente aujourd’hui, porte en effet un coup fatal à l’effectivité de l’Etat de droit. En clair, il remet en cause les conditions les plus élémentaires d’un fonctionnement véritablement démocratique de notre société.

 

L’existence du juge d’instruction est d’abord la garantie que toute procédure est menée de la même façon, quelques soit les moyens des justiciables concernés. En supprimant cette autorité impartiale, le projet du gouvernement réserve aux seuls justiciables dotés des moyens financiers suffisants la possibilité de faire valoir leur défense ou leurs prétentions. On assisterait donc à l’abolition pure et simple de l’égalité devant la Justice et donc devant la loi pénale.

Cette disparition aura également pour conséquence le transfert de la maîtrise des procédures pénales au seul Ministère public. Rappelons que sa dépendance à l’égard de l’exécutif est telle qu’en juillet 2008, la Cour européenne des droits de l’homme lui a dénié la qualité d’autorité judiciaire. Ce faisant, le projet du gouvernement ouvre définitivement la porte à l’ingérence du pouvoir politique et économique dans l’instruction des affaires pénales. Quelles en seront les conséquences ? C’est à la fois donner la possibilité au pouvoir politique économique d’enterrer par avance toutes les affaires susceptibles de l’inquiéter. C’est aussi par la même occasion, lui donner le pouvoir d’utiliser la procédure pénale comme un outil d’intimidation de ses opposants.

Inégalité devant la loi et dépendance de la justice vis-à-vis du pouvoir politique en place : c’est donc la raison du plus fort qui s’impose au règne de la loi et qui voit quelques intérêts individuels l’emporter sur la volonté générale. Étrange idéal de société que nous propose là Nicolas Sarkozy.

L’ampleur de la mobilisation contre ce projet poussera-t-elle le gouvernement à l’amender à la marge ? Entendrons-nous parler d’une réforme qui, ne changeant rien sur le fond, concèderait un semblant d’autonomie aux magistrats du Parquet ? Ou, cette indépendance étant définitivement impensable, d’une improbable résurrection du juge d’instruction dans sa forme actuelle, pour ne point y toucher ?

Nous ne souhaitons ni l’une, ni l’autre. L’indépendance du Parquet est une réforme majeure qui devra être menée jusqu’au bout. Elle ne résout pourtant en rien le problème soulevé par la disparition de la juridiction d’instruction, seule autorité à même de garantir effectivement une procédure pénale désintéressée. Le ministère public, restant, faut-il le rappeler, l’autorité d’accusation, et étant donc à ce titre, structurellement partiale.

À rebours d’un projet gouvernemental réactionnaire, nous devons conduire à son terme l’évolution amorcée depuis 1958, qui a vu le juge d’instruction s’émanciper progressivement de la tutelle du Procureur pour accéder au rang d’une véritable juridiction. La réforme dont la justice pénale a besoin, c’est celle qui, coupant les derniers liens qui unissent le juge d’instruction à l’accusation, garantirait ainsi à toute personne poursuivie le droit à une mise en état impartiale, complète et contradictoire.

Face à la politique du pire, qui consiste à se priver tant de la juridiction d’instruction que de l’indépendance du Ministère public, nous choisissons la politique du meilleur, qui nous conduit à construire simultanément l’une et l’autre. C’est la seule voie permettant de renforcer les libertés publiques dans le procès pénal.

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Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /2010 14:08

Tribune de Benoit HAMON, Porte parole du parti socialiste, Bertrand Monthubert, Secrétaire national à l’enseignement supérieur et à la recherche.

Depuis plusieurs jours, une polémique surjouée par Valérie Pécresse l’oppose à la Conférence des Grandes Ecoles au sujet de l’accueil des élèves boursiers. Ce débat délibérément mal posé cache les véritables enjeux de la démocratisation de ces écoles, mais plus généralement des filières longues et prestigieuses de l’enseignement supérieur.
Evidemment, l’affirmation par la CGE que l’ouverture des grandes écoles à plus de boursiers entraînerait une baisse de niveau est lamentable : c’est à la fois une absurdité pédagogique et le signe qu’il faut encore faire violence à des conservatismes archaïques dans notre société. Mais ne soyons pas dupes : la proposition de Valérie Pécresse de fixer un objectif de 30% d’étudiants boursiers dans ces écoles n’est qu’un trompe-l’œil. Fidèle à la politique du chiffre que le gouvernement met en œuvre dans tous les domaines, la Ministre met en avant un indicateur partiel et partial qu’elle peut manipuler à sa guise. Elle a par exemple annoncé récemment que le taux de boursiers en classes préparatoires avait fait un bond de 23% à 30%. Certes, mais les boursiers les plus modestes – touchant une bourse d’échelon 4 à 6 – y sont toujours aussi faiblement représentés. Ce sont les boursiers d’échelon 0 – simplement exonérés des frais d’inscription – qui ont vu leur nombre augmenter. L’incidence sur la composition sociale des effectifs de ces établissements a donc été minime.
On peut débattre sans fin de la forme des concours, de quotas divers et variés. Cela a son importance car il faut s’attaquer à tout ce qui favorise la reproduction sociale. Mais en focalisant le débat sur quelques aspects du problème, Valérie Pécresse élude les véritables questions qui touchent l’école et l’enseignement supérieur.
Car la réalité est sévère : la destinée sociale d’un élève puis d’un étudiant reste déterminée par l’origine sociale de ses parents. Un rapport du Sénat publié en 2007 rappelait que si 21% des enfants d’enseignants ou de père exerçant une profession libérale accèdent aux grandes écoles, la proportion est de 0,8% pour les enfants d’ouvriers non qualifiés, de 1% pour les enfants d’ouvriers qualifiés et de moins de 4% pour les enfants d’employés
Ce marqueur social est souligné par la politique menée par la droite, en particulier les suppressions de postes dans l’Education Nationale, qui renforce les inégalités entre les élèves en fonction de leur milieu d’origine et sanctuarise la reproduction des élites entre elles en  favorisant les étudiants les plus richement dotés – par l’argent ou le capital culturel de leur parents. Quand le gouvernement s’intéresse à ce qui se passe à la fin du processus scolaire, et s’offusque d’inégalités qu’il a lui-même amplifiées, il trompe les Français.
Et alors que nous observons que la pauvreté et la précarité des étudiants constituent le principal obstacle à leur investissement dans les études, cette question semble mise de côté par le gouvernement. Comment poursuivre des études longues et prenantes sans stabilité financière ou sans logement ? La nécessité de travailler pour survivre tout en poursuivant des études écarte de fait de très bons étudiants de nombreuses filières, y compris à l’université. Ils doivent choisir des cursus compatibles avec l’occupation simultanée d’un emploi. D’autant plus si l’accès à ces filières suppose – comme c’est malheureusement de plus en plus fréquent –de payer des formations privées de préparation aux concours, comme en médecine.
Conséquence de ces inégalités sociales, on observe une auto-censure chez de nombreux étudiants de très bon niveau issus de milieu modeste. Cette disposition de certains étudiants à concevoir que les filières d’excellence ne sont pas faites pour eux relève d’un habitus social qui doit être mieux combattu par l’action combinée de l’aide sociale et de l’orientation individuelle.
Pour le parti Socialiste, il est urgent de mettre en place une allocation d’autonomie, afin de permettre à chaque étudiant, quel que soit son milieu d’origine, d’effectuer son véritable travail : celui d’étudier.
Au-delà, nous proposons de mettre en place des parcours rémunérés pour certaines filières comme l’enseignement, afin d’inciter les étudiants d’origine modeste à s’y engager. Voilà une mesure juste, efficace, rapide à mettre en place. A cet égard, la réforme de la formation des enseignants, en reculant l’entrée dans un statut rémunéré, va à l’encontre de la démocratisation. Le gouvernement doit être cohérent avec lui-même, et revenir sur cette réforme rejetée par tous.

Face à un enseignement supérieur à deux vitesses, renforcé par les discours et la politique du gouvernement, nous souhaitons au contraire nous attaquer à la partition historique entre grandes écoles et universités et rapprocher les universités, les classes préparatoires, et les  écoles. Nous voulons améliorer fortement l’accueil et l’encadrement pédagogique à l’université, par le biais d’enseignements en petits groupes à l’entrée à l’université. Nous voulons que l’Etat consacre autant d’argent aux étudiants des universités qu’à tous les autres quand la différence aujourd’hui va du simple au double. Nous voulons refonder les processus d’orientation et les formes de sélection dans le supérieur, qui envoient trop souvent des étudiants dans des filières qui ne correspondent pas à leur motivation profonde, et sont souvent inégalitaires, engendrant échec et souffrance.

La démocratisation est aujourd’hui interrompue par la politique du gouvernement. Pour Valérie Pécresse, l’urgence est ailleurs. Il s’agit plutôt de créer des écrans de fumée pour masquer son mauvais bilan, et tenter de s’enfuir au plus vite d’un ministère où sa crédibilité fond comme neige au soleil.

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Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /2010 14:05

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Benoît Hamon.

Benoît Hamon : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.

Le Parti socialiste, sa direction en a débattu hier soir : est-il ou non favorable à une loi réglementant le port de la burqa en France ?

Le Parti socialiste n’est pas favorable à une loi de circonstance. Dans cette affaire, on est confronté à une forme de dérive d’un certain islam et nous avons voulu rappeler un certain nombre de principes. D’abord, il ne revient pas à un Etat d’apprécier ce qu’est la bonne interprétation des écritures, sur ce qui serait dans le Coran ou pas dans le Coran, ce qui serait dans la Bible ou pas. Il y avait une très belle phrase d’Elie Barnavi, dans un livre qui s’appelait « Les religions meurtrières », qui disait : « On rentre dans les écriture avec ce qu’on est, on en sort avec ce qu’on veut ».

On fait plutôt référence à l’ordre public. La burqa serait quelque chose qui perturberait l’ordre public qui pourrait poser des problèmes dans la vie sociale ?

Entre autres. C’est pour ça que nous avons, nous, voulu rappeler que nous nous prononcions en fonction de principes. Les principes, c’est l’égalité homme-femme, l’autre principe, c’est évidemment l’ordre public et ça justifie aujourd’hui à nos yeux que si nous condamnons totalement la burqa et le port de la burqa, nous pensons que plutôt que de faire une loi qui serait une loi de circonstance, il faut aujourd’hui utiliser tous les instruments que nous propose le droit pour faire en sorte, aujourd’hui, eh bien que ces comportements puissent être condamnés quand ils sont encouragés ; s’il y a une dérive sectaire, que la Milivude soit saisie de ces dérives sectaires, qu’on voit de quelle manière aujourd’hui, par les instruments que nous donne le droit aujourd’hui, on peut contribuer à ce que les femmes abandonnent la burqa mais qu’on ne fasse pas une loi dont on ne voit pas très bien comment elle serait appliquée et c’est la question qu’il faut poser à ceux qui sont favorables à une interdiction générale et absolue de la burqa :

1. – sur quel fondement juridique entendent-ils le fonder ?

et 2.- comment entendent-ils le mettre en oeuvre ?

Parce que si demain, on ne pouvait pas dans l’espace public, c’est interdit d’ailleurs devant les services publics, dans certains espaces commerciaux, mais dans l’espace public, porter la burqa, de quelle manière les forces de l’ordre arriveraient-elles à amener une femme à abandonner cette burqa, ne pousseraient-elles à retirer son voile ? C’est une vraie question. Quand on fait la loi, il faut savoir comment on l’applique.

Si une loi est présentée au parlement, les parlementaires socialistes ne la voteront pas.

Certes, pas de loi de circonstance. Nous ne voulons pas aujourd’hui nous inscrire dans cette logique-là.

Vous êtes d’accord avec Nicolas Sarkozy : pas de loi.

Lui, il dit qu’il est pour une résolution parlementaire si j’ai bien compris et qu’il ne serait pas défavorable à une loi si jamais…

Donc, vous êtes d’accord avec Nicolas Sarkozy ?

Mais nous, nous disons qu’il y a des instruments. Si demain, écoutez c’est très bien. Mais j’observe que le débat est dans la Majorité.

C’est dur à convenir que vous êtes d’accord avec Nicolas Sarkozy.

Et ce n’est pas si mal que ça ! Observez, aujourd’hui, que Nicolas Sarkozy revient à donner une position qui n’est pas très claire, il est pour une résolution mais peut-être pour une loi dans un camp politique qui, lui, est très divisé sur cette question. Le Parti socialiste, lui, a débattu, il a rappelé des principes. Nous sommes totalement opposés à la burqa. La burqa est une prison pour les femmes ; dans la République, elle n’a pas sa place ; mais une loi de circonstances n’aurait pas les effets escomptés.

Donc d’accord. Vous êtes d’accord.

Je suis sarkozyste !

Ah sur cette question, oui ; que voulez-vous que je vous dise ! Dans l’interminable débat sur l’identité nationale, Eric Besson a retenu une proposition parmi les 50.000 contributions reçues sur le site debatidentitenationale.fr faire chanter la Marseillaise lors des rencontres de 1ère division des championnats de France, des principaux sports. Vous êtes un amateur de football, si vous allez voir Lyon-Bordeaux, eh bien on chantera la Marseillaise avant le match ou bien PSG-Lille. Bonne idée ou pas ?

Non, écoutez, franchement d’abord, aucun intérêt. Aucun intérêt. Si le débat sur l’identité nationale qui a été particulièrement nauséabond…

Vraiment, vous trouvez ?

Oui je trouve qu’il a été nauséabond.

Il y a eu quelques expressions malheureuses !

Mais on n’a parlé que de ça ! Si des millions de Français se sont sentis visés, stigmatisés, la faute à qui ? A ceux qui ont organisé ce débat et de cette manière-là, sans pouvoir le maîtriser, ou en le laissant déborder parfois, et en feignant d’être surpris de ces débordements. Si aujourd’hui, le Président de la République parce que je pense que c’est une décision assez sage, a décidé lors de ses vœux, d’enterrer plus ou moins ce débat, c’est qu’il s’est rendu compte qu’il n’avait pas produit les effets politiques escomptés. Quels étaient les effets politiques escomptés ?

Agréger lors du vote des régionales, les électeurs Front national au vote UMP. Or, il est probable que ce débat tel qu’il a été conduit, ait davantage produit un sursaut du Front national qu’il n’ait agrégé l’électorat Front national au vote UMP.

Personne ne peut le dire ?

Bien, Personne ne peut le dire ? Les intentions de vote ? On laisse entendre aujourd’hui qu’il y a un retour du Front national. C’est peut-être pour ça et seulement pour ça d’ailleurs que le Président de la République a décidé d’enterrer ce débat.

Pour autant, est-il légitime de comparer Eric Besson à Pierre Laval, comme l’a fait le dirigeant socialiste Jean-Christophe Cambadélis, ou à Marcel Déat, comme l’a fait Jean Paul Huchon ?

Moi je ne veux pas condamner Jean Christophe Cambadélis. Je ne le condamnerai pas. Pourquoi ?

Donc, on peut comparer Eric Besson à Pierre Laval ?

Parce qu’il y a un climat qui est un climat tout à fait désagréable ; et tout à fait désagréable délibérément entretenu avec des amalgames par Eric Besson et par toutes celles et ceux qui se sont inscrits dans ce débat.

Pour autant, est-ce qu’on peut comparer un ministre de la république à un Premier ministre de la France qui a collaboré avec l’occupant nazi ?

On n’en est pas là.

Est-ce que c’est légitime ?

On n’en est pas là.

Donc, c’est une bêtise de comparer Besson à Laval ?

Ce n’est pas une bêtise, c’est peut-être un peu excessif, on n’en est pas là. Cela étant dit, aujourd’hui, Eric Besson porte une responsabilité éminente dans le fait qu’on creuse des tranchées entre les Français, entre nos compatriotes. Plutôt que de les rassembler, on les oppose.

C’est excessif, c’est une façon diplomatique de dire que c’est une bêtise !

Non, non, je ne dis pas, je vous répète : je ne pense pas que ça soit une bêtise.

Dans une vidéo largement diffusée, Julien Dray, qui a été un temps sous le coup d’une enquête préliminaire et finalement abandonnée par la Justice, critique plusieurs dirigeants socialistes assez durement. Que pensez-vous des propos de Julien Dray aujourd’hui ?

Je pense qu’on est en campagne électorale et en campagne contre la Droite, et en campagne avec un objectif : c’est que dans toutes les régions de France, on est des majorités de Gauche qui amortissent par leur politique sur la santé, par leur politique sur les transports, par leur politique dans le domaine éducatif, qui amortissent les conséquences sociales de la crise notamment ; et je pense que dans une campagne comme celle-là, Julien Dray est un militant dont l’énergie et le talent ont été appréciés ; moi je souhaite qu’il s’inscrive totalement dans ces combats, qu’il passe à autre chose et qu’il soit tout entier concentré sur l’objectif qui devrait être le nôtre, c’est-à-dire garder pour ce qui le concerne, pour ce qui me concerne aussi qui suis candidat dans les Yvelines, garder la région Ile-de-France à Gauche.

Il peut être candidat en critiquant ses copains ?

Ecoutez, la preuve ! Mais au Parti socialiste, la parole est libre ! Moi je souhaite maintenant qu’on passe à autre chose.

Une question simple pour terminer ?

Allez-y ! Mais je me méfie de vos questions simples.

Ah, elle est toute simple, je vais la lire, je l’ai écrite pour ne pas faire d’erreur.Martine Aubry serait-elle, selon vous Benoît Hamon, une bonne candidate du Parti socialiste à la prochaine élection présidentielle ?

Elle fait partie des bons postulants à cette élection, oui.

C’est votre candidate de cœur ?

Ah moi je l’aime beaucoup, Martine Aubry ; personne ne l’ignore. Je suis le porte-parole du Parti socialiste à ses côtés. Maintenant, on a une belle bataille à mener, et elle fait partie, en tout cas, de celles et ceux qui peuvent postuler avec, je crois, beaucoup de crédibilité parce que ce qui est important dans une élection comme celle-là, c’est d’y arriver avec de la crédibilité.

La question qui est posée aux postulants, c’est : vous sentez-vous capable d’être chef de l’Etat, d’un Etat asphyxié, d’un Etat aujourd’hui confronté à des difficultés sur le plan des inégalités sociales profondes, vous sentez-vous capable de cette mission qui pour la Gauche, sera une mission considérable, éprouvante probablement mais aussi extrêmement enthousiasmante.

Martine Aubry s’en sent-elle capable ?

Ah, il faut lui poser la question.

Vous lui avez posé la question ?

Non, mais je ne peux absolument pas répondre…

Vous lui avez posé cette question ?

Non, je ne lui ai pas posé la question comme ça.

Oui, bien sûr ! Ah, ah (rire)

Non. Mais vous lui poserez la question, invitez-là ; je suis sûr qu’elle fera ça avec plaisir.

Elle vient au Grand Jury le 17 janvier, donc on lui posera la question. Mais je voulais savoir si vous en aviez parlé avec elle ? Et Dominique Strauss-Kahn, ça serait un bon candidat aussi ?

Ah, il fait partie des bons postulants également.

Lui, ce n’est pas votre candidat de cœur !

Mais moi je n’ai pas d’opposition à Dominique Strauss-Kahn ; je vous le dis. C’est un homme d’Etat que je respecte, et je ne suis pas là pour distribuer les bons et les mauvais points. Je suis porte-parole du Parti socialiste, on en est en campagne des Régionales, je ne vais pas commencer à distribuer les bons et les mauvais points entre les postulants potentiels à une campagne dont je pense qu’elle se terminera par la victoire d’un homme ou d’une femme de Gauche.

Benoît Hamon qui était d’accord avec Nicolas Sarkozy dans cette interview.

Oui, c’est rare ! Au début, en tout cas !

Au début !… Qui a répondu à vos questions simples, peut-être un petit peu moins simplement. Mais enfin, on a quand même compris l’essentiel, merci.

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Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /2010 14:02

Benoit HAMON
Affecter un petit millier de salariés supplémentaires en contrats précaires à Pôle Emploi ; et accélérer le transfert des dossiers de demandeurs d’emplois vers le secteur privé – pourtant moins efficace que le service public comme le souligne le comité chargé de son évaluation. En clair, on se planque et on externalise. Voilà la réponse de Laurent Wauquiez aux 4,31 millions demandeurs d’emploi inscrits, toutes catégories confondues, recensés en France en novembre 2009 et aux agents de Pôle Emploi, le service public chargé de les accompagner.

Car près d’un an après la fusion des services du placement et de l’indemnisation des chômeurs, l’intégration à marche forcée de l’ANPE et de l’UNEDIC au sein de Pôle Emploi se déroule toujours dans des conditions désastreuses. Le manque d’effectifs, de moyens et de formation des agents engendre aujourd’hui désarroi, colère et souffrance des deux côtés du guichet. Ce choix du Gouvernement de faire des économies sur l’accompagnement des demandeurs d’emploi a inévitablement des répercussions sur les chances de ces derniers à retrouver un emploi correspondant à leurs qualifications.

En octobre 2009, Eurostat classe la France parmi les mauvais élèves de l’Europe avec un taux de chômage de 10,1% de la population active supérieure à la moyenne européenne établie à 9,3%.

Le Royaume-Uni, le Danemark et les Pays-Bas consacrent 3 fois plus d’argent par chômeur que la France pour accompagner le retour à l’emploi. Leurs taux de chômage respectifs s’établissent en conséquence à 7,8%, 6,9% et 3,7% de leurs populations actives respectives. Investir dans le service public de l’emploi ne remplace pas une indispensable politique nationale de création d’emplois mais contribue néanmoins à doper le marché du travail, diminuer le chômage, stimuler la consommation et donc à favoriser la relance économique.

Rien de cela en France. Pire, en dépit de l’aggravation de la crise économique et des multiples signaux d’alertes envoyés par les syndicats du Pôle Emploi, la situation dégénère.

Du côté des agents, la grève très suivie du 20 octobre dernier et les mouvements sociaux ponctuels qui depuis éclatent régulièrement au niveau local sont des indicateurs indéniables de la pression psychologique croissante qui pèse sur les salariés de Pôle Emploi. Désormais, la multiplication des tentatives de suicides de salariés de l’établissement (trois en Île-de-France en novembre dernier) imputables tout ou partie, aux conditions de travail donnent un relief dramatique supplémentaire à la dégradation du climat social dans le service public de l’emploi. Avec un nombre de dossiers à traiter qui s’élève couramment à plus de 150 demandeurs d’emploi par agent, pour un objectif initial officiel compris entre 30 et 60, ils n’ont pas les moyens de mener à bien leur mission et de répondre aux demandes et besoins du public accueilli. « On est des agents d’une gare de triage » lâche une conseillère, tandis qu’un directeur régional parle d’agents « anxieux et fatigués » et exprime sa peur des dérapages.

Et que dire du quotidien des demandeurs d’emploi ! Rechercher un travail et recevoir un courrier commençant par « faisant suite à notre entretien » quand l’entretien n’a jamais eu lieu. Chercher à connaître ses droits et attendre 20 minutes au téléphone pour n’avoir au final personne au bout du fil. Être injustement radié parce que, faute d’avoir pu payer l’opérateur téléphonique, on n’a pas reçu une convocation. Attendre plusieurs mois avant de percevoir ses indemnités chômage. Ce sont autant de situations qui accroissent rapidement l’incompréhension et l’exaspération face à une administration soupçonnée d’être pressée d’évacuer les chômeurs  de ses registres non pas grâce à un retour à l’emploi mais par décision administrative et arbitraire.
Cette exaspération est attestée par la multiplication des incidents violents dans les agences du Pôle Emploi. La direction de Pôle Emploi, elle-même, admet plus de 2000 agressions dont 63 physiques en huit mois.

Et si la situation est déjà critique, le désastre à venir est prévisible : tous les économistes sérieux indiquent que le nombre de chômeurs ne cessera pas d’augmenter dans les prochains mois si le gouvernement maintient sa politique. Alors que le nombre d’inscrits à Pôle Emploi a augmenté de plus de 500 000 en un an, une augmentation du même ordre est à prévoir dans l’année 2010.

Que dire de la catastrophe sociale qui s’annonce avec l’arrivée d’un million de demandeurs d’emploi en fin de droits en 2010. Le gouvernement doit immédiatement annoncer le prolongement des droits à l’indemnisation des chômeurs menacés de basculer dans l’exclusion et le dénuement le plus complet par la perte de leurs indemnités.

L’Allemagne indemnise 1,4 fois mieux ses chômeurs que la France, la Belgique 1,7 fois mieux, le Danemark 2,6 fois mieux et les Pas Bas 2,7 fois mieux. Si la taxe sur les bonus doit donc servir à une seule et unique cause, qu’elle serve à financer la prolongation et l’augmentation des droits à l’indemnisation des chômeurs.

En France, le Président est content de lui et ses ministres le relaient sur le même registre d’autosatisfaction. Ils commentent les « chiffres du chômage » en se limitant au recensement des demandeurs de catégorie A, comme si les centaines de milliers d’autres chômeurs n’existaient pas. Un déni de réalité et un déni de souffrance sociale qui valaient bien d’être écornés. Laurent Wauquiez et Christian Charpy s’en sont émus. A dire vrai, en observant l’injustice sociale dont sont victimes les demandeurs d’emploi comme les salariés du Pôle Emploi, je ne suis pas certain d’être fâché qu’ils en fussent agacés.

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Mercredi 6 janvier 2010 3 06 /01 /2010 11:22

03 Janvier 2010 Par M. CHALLALI

Emmanuel Todd a livré au Monde une passionnante analyse de la situation engendrée par l'instauration du grand débat sur l'identité nationale.

Todd est démographe et historien et c'est un fait connaisseur de l'état psychologique, sociologique et social du pays. L'entretien qu'il a accordé au Monde devrait être lu et relu par tous les opposants à l'actuel président de la République, car il contient tous instruments d'analyse nécessaires à a construction d'une stratégie qui peut mener la gauche au pouvoir en 2012.

 

1/ le Sarkozysme et le débat sur l'identité nationale:

« Tous les sondages d'opinion le montrent : les thématiques de l'immigration, de l'islam sont en chute libre et sont passées largement derrière les inquiétudes économiques.

La réalité de la France est qu'elle est en train de réussir son processus d'intégration. Les populations d'origine musulmane de France sont globalement les plus laïcisées et les plus intégrées d'Europe, grâce à un taux élevé de mariages mixtes. Pour moi, le signe de cet apaisement est précisément l'effondrement du Front national. »

2/ le Sarkozysme et l'immigration:

« Je suis plutôt optimiste : quand on va vraiment au fond des choses et dans la durée, le tempérament égalitaire des Français fait qu'ils n'en ont rien à foutre des questions de couleur et d'origine ethnique ou religieuse ! »

3/ le Sarkozysme et les musulmans:

« Je me demande même si la stratégie de confrontation avec les pays musulmans - comme en Afghanistan ou sur l'Iran - n'est pas pour lui (NDLR: Nicolas Sarkozy) un élément du jeu intérieur. Peut-être que les relations entre les Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis, c'est déjà pour lui de la politique extérieure ? On peut se poser la question...

Si vous êtes au pouvoir et que vous n'arrivez à rien sur le plan économique, la recherche de boucs émissaires à tout prix devient comme une seconde nature. Comme un réflexe conditionné. Mais quand on est confronté à un pouvoir qui active les tensions entre les catégories de citoyens français, on est quand même forcé de penser à la recherche de boucs émissaires telle qu'elle a été pratiquée avant-guerre. »

4/ le Sarkosysme à l'épreuve de l'Histoire:

« Il ne faut pas faire de confusion, mais on est quand même contraint de faire des comparaisons avec les extrêmes droites d'avant-guerre. Il y a toutes sortes de comportements qui sont nouveaux mais qui renvoient au passé. L'Etat se mettant à ce point au service du capital, c'est le fascisme. L'anti-intellectualisme, la haine du système d'enseignement, la chasse au nombre de profs, c'est aussi dans l'histoire du fascisme. De même que la capacité à dire tout et son contraire, cette caractéristique du sarkozysme. »

5/ le Sarkozysme tel qu'en lui même:

« Je n'ose plus dire une droite de gouvernement. Ce n'est plus la droite, ce n'est pas juste la droite... Extrême droite, ultra-droite ? C'est quelque chose d'autre. Je n'ai pas de mot. Je pense de plus en plus que le sarkozysme est une pathologie sociale et relève d'une analyse durkheimienne - en termes d'anomie, de désintégration religieuse, de suicide - autant que d'une analyse marxiste - en termes de classes, avec des concepts de capital-socialisme ou d'émergence oligarchique.

Mais on est en train d'entrer dans un système social et politique nouveau, qui correspond à une dérive vers la droite du système, dont certains traits rappellent la montée au pouvoir de l'extrême droite en Europe. »

Il y aurait quinze pages de conclusions politiques (et électorales) à rédiger à partir de cette analyse. N'en retenons que la principale.

1/ La stratégie électorale de l'actuel président est basée sur des données sociales et sociologiques (et par conséquent politiques) erronées, ce qui est la cause de l'effet boomerang du débat sur l'identité nationale. L'actuel pouvoir est déconnecté de la réalité française et prépare 2012 selon les canons désormais obsolètes de 2007.

2/ La nature de ce pouvoir de « droite » est originale car d'essence purement réactionnaire. Pour la première fois depuis 1945, 2012 verra l'affrontement des républicains héritiers de 1789 (de tous horizons, de droite à gauche) et d'un pouvoir sortant d'inspiration extrême ou ultra droitière, ultime dégénérescence du gaullisme, modèle autoritaire régulièrement testé par les Français depuis 1789 (Charles X, Napoléon III, Boulanger, Pétain) et qu'ils finissent TOUJOURS par rejeter.

En 1995, Jacques Chirac s'était inspiré des analyses de Todd relatives à la fracture sociale afin de définir sa stratégie de campagne électorale présidentielle. Qui le fera en 2012?


PS: Sources Le Post

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Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /2009 09:40
En cette fin d'année et à l'approche des fêtes de Noël, nous allons prendre un peu de repos!
Mais nos camarades n'aspirent pas au repos, car après une année 2009 riche en péripéties, l'année 2010 qui s'annonce nous promet déjà de nouveaux combats, à commencer par les élections régionales des 14 et 21 mars.
Nous devons dés à présent nous mobiliser pour que ces élections donnent un signal fort aux françaises et aux français.
Face à la politique désastreuse de Nicolas Sarkozy qui enrichit chaque jour davantage les nantis et appauvrit les plus humbles avec son lot quotidien de licenciements, il est temps de montrer qu'une autre politique est possible, une politique de gauche qui redonnera de l'espoir à nos concitoyens.
Nous devons donc nous mobiliser dès à présent pour que la victoire aux élections régionales soit indéniable. Il y a quelques mois, on nous annonçait la défaite et la perte de cinq à sept régions; aujourd'hui les prévisions semblent revues à la baisse et la reconquête des deux dernières régions semble possible si nous savons rassembler toutes les forces de gauche.
Mobilisons nous camarades! 
Joyeux Noël et bonnes fêtes de fin d'année à toutes et à tous! 
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Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /2009 09:39

On connaît les sketches d’Anne Roumanoff, qui se terminent par un tonitruant : « On ne nous dit pas tout… ».
C’est exactement l’impression que je ressens en ce moment en suivant l’actualité, à travers les commentaires des médias et les déclarations des principaux responsables politiques !

Parmi bien d’autres, voici quelques exemples, dans des domaines très divers, de ce véritable « enfumage » de l’opinion publique.


- Le faux débat sur « l’identité nationale ». Certains, dont je suis, ont prévenu dés    le départ que cette initiative de N. Sarkozy, dont la maitrise d’œuvre a été confiée au ministre de l'immigration, était dangereuse. Les dérapages de nature raciste auxquels on assiste quotidiennement en sont la preuve et il ne faut pas s’en étonner, puisqu’il s’agissait, non pas d’un « débat », mais d’une opération destinée à "piquer des valeurs au Front national", selon la délicate expression d’E. Besson !


- La dramaturgie autour du sommet de Copenhague
, dont l’objet était, d’après les commentaires les moins exaltés, de "sauver la planète et l’humanité". N. Sarkozy et son super ministre Borloo, si prompts à se présenter comme les meilleurs défenseurs de l’écologie, feraient bien de s’interroger sur les raisons de l’insuffisance de production d’électricité pendant l’hiver, dans un pays qui, pendant 30 ans, a parié sur le développement du nucléaire et donc de l’électricité pour répondre au défi énergétique ! Ils devraient aussi expliquer pourquoi, alors qu'on se vante de pouvoir atteindre bientôt des chiffres élevés de production d’électricité renouvelable, on prend des décisions incompréhensibles. Témoin cet arrêté tarifaire sur le solaire photovoltaïque en préparation, qui prévoit notamment une diminution brutale de 10% du tarif au 1er janvier 2010 et une très forte limitation règlementaire pour les toitures intégrées. Juste au moment ou la filière commençait à décoller...

    Pour ceux qui s’intéressent à une expertise sérieuse et argumentée sur les questions de changement climatique et de développement mondial , voici un site très utile: http://www.global-chance.org/

- La « nouvelle stratégie » de B.Obama en Afghanistan  est présentée comme la réponse à la situation inextricable que rencontrent l’OTAN dans ce pays en guerre depuis 8 ans. Il y aurait beaucoup à dire sur le sujet. Je me contenterai d’un chiffre, qui a fait l’objet de peu de commentaires : celui du coût fantastique de l’engagement américain (désormais 100 000 soldats), qui va se monter à 100 milliards de dollars par an ! Si une part de ces sommes avait été consacrée au cours des années passées à la reconstruction du pays et à des dépenses civiles, la situation serait moins grave. Les Américains et l’OTAN pourrait aussi méditer ces autres chiffres, qui expliquent pourquoi les Talibans attirent autant de combattants : ils les payent 250 à 300 $/mois, alors que l’armée afghane ne leur donne que 120 $/mois !

- la tragi comédie autour de Johnny
. Il faut être aveugle ou naïf pour ne pas réaliser depuis le début de cette affaire qu’il s’agit d’une mascarade, dans laquelle le chanteur est l’otage (probablement consentant) d’une affaire de gros sous. Il est regrettable que trop de médias, au cours de longs reportages, commentaires et émissions se soient faits les relais de cette opération sordide, montée par des gens qui s’intéressent moins à la santé de Johnny qu’au magot de la tournée qu’ils risquent de perdre…..et qu’ils voudraient se faire rembourser par une compagnie d’assurance. Petite question: notre chanteur « national » (comme l’identité du même nom !), est-il toujours domicilié fiscalement en Suisse ? Si c’est le cas, on se demande pourquoi son ami, N. Sarkozy, ne lui a pas parlé du bouclier fiscal…

- la taxe "charmante" sur les bonus bancaires
, annoncée à grands coups de clairon par Gordon Brown et Nicolas Sarkozy, est avant tout une opération médiatique destinée à permettre au Premier Ministre britannique, mal en point dans les sondages, d’améliorer sa position à quelques encablures des élections législatives et à N. Sarkozy de montrer sa prétendue détermination à "moraliser le capitalisme". Il est étonnant que cette idée, aux effets pourtant modestes (taxe temporaire sur les bonus de 2010) et qu’Angela Merkel trouve "charmante", n’ait pas été avancée au récent sommet du G20 de Pittsburgh !

- la fable de l’hyper parlement
, colportée par M. Coppé, chef des députés UMP, depuis la dernière réforme constitutionnelle, censée donner de vastes pouvoirs au Parlement. Apparemment, les députés n’y croient pas eux-mêmes, puisqu’ils n’étaient que 12 à la fin du débat à l’Assemblée Nationale sur l’identité nationale !

                                           
    Oui, vraiment, on ne nous dit pas tout, mais, pire encore, on nous prend pour des idiots, comme le fait remarquer un de mes amis, qui m’a envoyé un message indigné, dont j’extrais cette partie :


  «Voulant défendre le lancement du débat sur l'identité nationale et le fait de demander sur ce sujet l'avis du peuple français, N. Sarkozy a déclaré : "il y a quelques années, on a eu un référendum douloureux en France, 55 % des gens ont voté non à l'Europe. Alors j'ai vu une partie des élites qui disaient "oh là là, le peuple a dit non, changez le peuple; faut plus l'interroger !" Vous avez de la fièvre, Monsieur Denisot ? Alors, faut plus prendre la température !". …..Mais comment s'appelait le Président de la République qui a décidé de casser le thermomètre, de ne plus interroger le peuple, de le nier purement et simplement, en décidant de ne pas soumettre à un nouveau référendum le traité de Lisbonne, succédané de cette fameuse Constitution européenne ? Oui, vraiment, plus c'est gros, mieux ça passe ! Du moins, le croit-il ! »

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Jeudi 17 décembre 2009 4 17 /12 /2009 09:37
Le Bulletin de Liaison Un Monde d'Avance n°30 et la lettre des Droits de l'Homme n°21 sont en ligne.

Au sommaire du BLUMA N°30
Editorial P.1
Pour une relocalisation des productions agricoles. P. 1-4
Germinal Peiro. L’heure est à la défense d’une nouvelle régulation mondiale qui doit s’appuyer sur la relocalisation des productions 
Dossier P. 3
Cinq pistes pour une amélioration du système éducatif.
Article de Joël Goyheneix. Parler de l’école est aujourd’hui une gageure. Tout le monde a une opinion sur la question...
Question à Cécile Moutte P.4
Cécile Moutte est maire adjointe de Juvisy-sur-Orge (91), chargée de la communication, de la santé et de l’insertion. Entretien sur la réforme de la santé.

Au sommaire de la Lettre des Droits de l'Homme N°21

Edito P.1
Débat sur l'Identité Nationale : La nausée. par Pouria Amirshahi 
Racisme et discriminations P.1-2 
Question à Nadia Amadache P.2
Zoom sur : "A la performance de l'entreprise, ajoutons la contrainte" par Nadia Amadache P.3
Le coin du Parlementaire : Georges Pau-Langevin. P.4
Agenda / Vie des Fédé P.4 
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